Les fabricants répètent depuis plus d’un an que le téléphone portable est devenu un assistant intelligent capable de tout prévoir. Mais la question persiste : l’intelligence artificielle est-elle vraiment conçue pour l’utilisateur ordinaire ?
Comme les composants matériels semblent atteindre leurs limites, les grandes marques se concentrent désormais sur les logiciels et les fonctionnalités dites intelligentes pour séduire les clients.
J’ai donc voulu tester pendant plusieurs mois toutes les fonctionnalités de la suite Galaxy AI sur mon smartphone Samsung, car elle est présentée comme la plus aboutie. Le saut technologique est bien réel, mais son utilité pratique est une tout autre histoire.

La fonction de suppression d’objets a transformé mon quotidien
Sur le papier, la proposition de Samsung avec son écosystème d’intelligence artificielle est la plus complète du marché. Elle propose de nombreuses fonctions, qui sont parfaitement intégrées à l’interface et accessibles de manière intuitive. La vitesse de traitement est d’ailleurs impressionnante, surtout comparée à des marques comme Apple.
Pourtant, l’écart est immense entre les démonstrations commerciales et l’usage réel, que ce soit au travail ou pendant les loisirs.
Pour ma part, j’ai tout essayé, souvent par curiosité plutôt que par réelle nécessité. Une seule fonction a cependant trouvé une place dans ma routine : l’outil de suppression d’objets grâce à l’IA générative.

Cette fonction résout un problème fréquent. Une personne mal placée au fond, un panneau de signalisation ou un objet disgracieux peut gâcher une photo. Le besoin est encore plus évident avec un enfant de trois ans qui ne tient pas en place.
Le geste est simple : dans la galerie, il suffit d’encercler l’élément indésirable avec le doigt. Le système l’efface alors et reconstitue l’arrière-plan de façon cohérente. Cette opération est rapide, efficace et améliore concrètement une photo en quelques secondes. C’est la seule fonction que j’utilise spontanément.
Une IA performante, mais d’une utilité limitée
La difficulté apparaît avec le reste des fonctions présentées dans les publicités.
La traduction d’appels en temps réel promet de briser les barrières linguistiques. En pratique, la latence et l’aspect mécanique des voix générées sont encore loin de la perfection. Surtout, rares sont les personnes qui auront besoin de cet outil dans leur vie quotidienne, à moins de voyager constamment à l’étranger.
Le traducteur de texte intégré connaît un sort similaire. Il fonctionne bien, mais quand on a besoin de traduire un passage sur une page web ou dans un e-mail, on pense d’abord aux outils habituels, comme un moteur de recherche, que l’on utilise depuis des années. L’intégration au clavier est réussie, mais elle ne change pas des habitudes bien ancrées.

Le résumé de notes et la transcription vocale étaient aussi présentés comme des atouts majeurs pour la productivité. En réalité, les résumés automatiques ont tendance à perdre les nuances importantes du texte original. Ils produisent des listes de points clés qui sont souvent trop génériques.
Pour un usage professionnel, où les détails sont essentiels, on ne peut pas se fier à un résumé automatique sans relire le document entier. Cette étape annule le gain de temps promis. Le constat est le même pour de nombreuses autres fonctions très pointues, certes intelligentes, mais à l’usage très spécifique.
Ce n’est pas toi, c’est moi
Cette déception ne provient pas uniquement du logiciel. Elle dépend aussi largement du profil de l’utilisateur.

Un journaliste qui doit transcrire des interviews chaque jour, un cadre qui voyage plusieurs fois par mois, ou un étudiant qui organise des masses de notes trouveront une réelle valeur dans ces outils.
Mais l’utilisateur moyen, celui qui travaille huit heures, passe deux heures dans les transports, s’occupe de ses enfants le soir, fait un peu de sport puis regarde la télévision, n’utilisera pas la moitié des options de ces suites d’intelligence artificielle.
En fin de compte, beaucoup de personnes cherchent avant tout un appareil fiable pour communiquer, consommer des médias et prendre de bonnes photos. L’intelligence artificielle actuelle reste pour elles un bonus, qu’elles ne consultent que très occasionnellement. On est attiré par la nouveauté, on teste les fonctions le premier week-end pour les montrer à ses amis, puis la routine quotidienne reprend le dessus et simplifie l’usage du téléphone.
