La Terre peut naturellement rééquilibrer les températures, mais cela ne nous sauvera pas de la catastrophe climatique

La Terre Peut Naturellement Rééquilibrer Les Températures, Mais Cela Ne

Notre planète possède une « rétroaction stabilisatrice » qui nous permet de rééquilibrer les altérations climatiques, mais elle sera incapable de nous protéger de nous-mêmes.

La Terre peut naturellement reequilibrer les temperatures mais cela ne

La Terre est dotée d’un système de stabilisation naturelle capable de rééquilibrer les changements de température, cependant il ne pourra pas nous protéger des conséquences du réchauffement climatique provoqué par les émissions de CO2 (dioxyde de carbone) et autres gaz à effet de serre anthropiques. En effet, cette « rétroaction stabilisatrice » est déterminée sur une période de centaines de milliers d’années, alors que nous avons au plus quelques décennies pour éviter la catastrophe climatique. De plus, selon les prédictions des scientifiques, si nous ne faisons rien contre les émissions de carbone, toute l’humanité devra faire face à des « souffrances indicibles ». La civilisation telle que nous la connaissons aujourd’hui pourrait même disparaître d’ici trente ans.

Les scientifiques Constantin W. Arnscheidt et Daniel H. Rothman, tous deux du Centre Lorenz du Département des sciences de la Terre, ont déterminé que la Terre possède un système naturel pour stabiliser le changement climatique – mais qu’il ne pourra pas nous sauver. et Planetary du prestigieux Massachusetts Institute of Technology, mieux connu sous l’acronyme de MIT. La question de départ de cette étude est de savoir pourquoi la vie s’est toujours épanouie de manière plus variée et florissante sur notre planète, malgré des événements naturels catastrophiques – tels que des éruptions volcaniques colossales et la chute d’astéroïdes gigantesques – capables de déclencher des altérations climatiques extrêmes et d’emporter une grande partie de êtres humains vivants. Puisque ces bouleversements sont capables de déclencher des événements d’extinction de masse mais pas d’annuler le germe de la vie, la Terre doit se doter d’un système de rééquilibrage capable de rétablir des températures dans une fourchette stable et habitable.

Partant de l’analyse de données paléoclimatiques capables de mettre en évidence les variations des températures moyennes globales sur les 66 derniers millions, comme la composition chimique des carottes de glace antarctique et des fossiles, grâce à un modèle mathématique, les deux auteurs de l’étude ont pu détecter que la Terre a en fait un retour de température stabilisant, qui empêche la planète de se transformer en un enfer invivable. L’échelle de temps de centaines de milliers d’années d’une telle rétroaction coïncide avec une théorie longuement étudiée, l’altération des silicates. En termes simples, les roches silicatées s’érodent continuellement au fil du temps, mais les couches sous-jacentes continuent d’être déplacées vers l’atmosphère ; ce processus déclenche des réactions chimiques qui permettent aux minéraux de piéger le dioxyde de carbone en circulation, le bloquant dans la roche et les sédiments océaniques. Il joue donc un rôle fondamental dans le contrôle du cycle du carbone sur Terre, réussissant à maintenir les températures mondiales sous contrôle grâce à son absorption. S’il n’y avait pas eu d’érosion des silicates, la Terre serait probablement devenue inhabitable en raison des oscillations climatiques dramatiques qui se sont produites au cours des ères géologiques.

« D’une part, c’est bien parce que nous savons que le réchauffement climatique d’aujourd’hui finira par être inversé grâce à cette rétroaction stabilisatrice », a déclaré le Dr Arnscheidt dans un communiqué de presse, cependant, « il faudra des centaines de milliers d’années pour que cela se produise, ce n’est donc pas assez rapide pour résoudre nos problèmes actuels », a commenté le scientifique. En pratique, il ne pourra pas nous sauver des catastrophes imminentes de la crise climatique. L’échelle de temps des centaines de milliers d’années a été déterminée grâce à des modèles mathématiques basés sur des équations différentielles stochastiques. Curieusement, sur des échelles de temps plus longues (des millions d’années), les deux scientifiques du MIT n’ont pas détecté les effets d’une telle rétroaction stabilisatrice. Selon les auteurs de l’étude, le hasard pourrait aussi contribuer à maintenir la planète habitable pendant des centaines de millions ou de milliards d’années, étant donné qu’à de si grandes échelles les variations de température apparaissent « assez faibles au sens géologique », alors qu’à de plus petites tempêtes, la catastrophe est freinée par l’érosion des silicates. Les détails de la recherche « Présence ou absence de rétroactions stabilisatrices du système terrestre à différentes échelles de temps » ont été publiés dans la revue scientifique faisant autorité ScienceAdvances.