L’envers de la garantie de sept ans : trop de mises à jour ralentissent les smartphones milieu de gamme

Les fabricants de téléphones ont célébré leur promesse de proposer jusqu’à sept ans de mises à jour logicielles, ce qui semblait marquer la fin de la obsolescence programée. Cependant, cette annonce mérite une lecture attentive.

L’extension du support pour les modèles haut de gamme ne pose pas de difficulté majeure, car leur matériel performant peut généralement tenir cette durée. Le vrai défi concerne les smartphones de milieu de gamme. Leur promesse de longévé est mise à l’épreuve par l’évolution extrêmement rapide du logiciel, qu’ils ne peuvent pas toujours suivre.

À quoi bon recevoir de nouvelles versions du système d’exploitation si le matériel de votre téléphone reste figé à son niveau de départ ?

Le matériel face au logiciel

Le principal problème aujourd’hui ne vient pas seulement de la version d’Android ou d’iOS, mais de la course effrénée de l’industrie pour intégrer l’intelligence artificielle dans tous les aspects du système.

Les dernières mises à jour ne se contentent plus d’améliorer l’interface ou la sécurité. Elles exigent désormais des ressources supplémentaires pour faire fonctionner des outils comme l’édition photo avancée, la traduction en direct ou les assistants vocaux, tous reposant sur l’IA.

Le OnePlus Nord 4 et sa boîte d'emballage

Le OnePlus Nord 4 et sa boîte d’emballage / Photo : Groupe NET.

Pour que ces fonctions s’exécutent de manière fluide, un téléphone a besoin de deux éléments que les modèles milieu de gamme d’il y a quelques années n’ont souvent pas : une très grande quantité de mémoire vive et un processeur équipé d’un moteur neuronal dédié et performant. La puissance brute ne suffit plus, il faut une capacité de traitement intelligent.

Les conséquences peuvent ne pas être immédiates, mais dans un futur proche, installer une de ces mises à jour exigeantes sur un appareil vieux de trois ou quatre ans forcera le système à solliciter des composants qui n’ont pas été conçus pour une telle charge.

Le téléphone qui ouvrait instantanément les applications et répondait avec fluidité pourrait alors ralentir considérablement. Le clavier pourrait mettre quelques secondes à apparaître quand on tape dans une barre de recherche, les transitions entre les écrans deviendraient saccadées et le multitâche se transformerait en un véritable calvaire, car l’appareil serait incapable de garder plusieurs applications ouvertes en arrière-plan.

Les téléphones dotés de 8 Go de mémoire vive ou moins pourraient se saturer en essayant d’exécuter les processus cachés de chaque nouvelle version du système, ce qui ferait chuter les performances générales.

L’utilisateur qui met à jour son téléphone pour prolonger sa durée de vie et protéger son investissement risque donc de connaître une forte déception. Il se retrouvera avec une expérience si médiocre qu’il envisagera probablement d’acheter un nouveau modèle bien plus tôt que prévu.

En fonction du matériel de votre appareil, surtout s’il s’agit d’un modèle milieu ou bas de gamme (désormais aussi concernés par ces promesses de support), les six ou sept ans de mises à jour garanties pourraient se transformer en une condamnation silencieuse pour votre téléphone.