Un escargot à la coquille poilue a été découvert dans un bloc d’ambre fossile datant de 100 millions d’années (Crétacé). A quoi servaient les poils.

Un escargot préhistorique avec une coquille poilue a été trouvé dans un bloc d’ambre fossile vieux de 100 millions d’années. Le spécimen appartient à une toute nouvelle espèce – classée sous le nom scientifique de Archéocyclotus brevivillosus – et a été récupéré avant 2017 dans une mine au Myamar (ou Birmanie). Le fossile est parfaitement conservé. Il n’est pas rare que les escargots aient des poils, des crêtes et d’autres éléments décoratifs sur la coquille, comme l’expliquent les auteurs de la découverte, mais ce sont des éléments liés « à un processus complexe qui ne se produit généralement pas sans but », encore plus donc pour les animaux préhistoriques en pleine évolution.
Une équipe de recherche internationale dirigée par des scientifiques français du Muséum d’histoire naturelle et d’ethnographie de Colmar, qui a collaboré étroitement avec des collègues du Muséum d’histoire naturelle de Berne (Suisse), l’Institut de Ecologie et évolution de l’Université de Berne, de l’Institut de recherche Senckenberg (Allemagne), de l’Université Justus Liebig et d’autres instituts. Les scientifiques ont détecté les poils microscopiques par microscopie optique et tomodensitométrie (micro-CT) avec des reconstructions informatiques 3D jointes. Les poils, situés au bord de l’ouverture de la coque, ont une épaisseur de seulement 150 à 200 micromètres. D’où l’épithète du nom scientifique « brevivillosus », fusion des termes latins « brevis » (court) et « villosus » (poilu). L’escargot mesure au contraire 26,5 mm de long, 21 mm de large et 9 mm de haut, comme le rapporte un communiqué de presse du musée de Francfort.
Les poils d’escargot sont constitués de la couche protéique externe de la coquille, appelée périostracum. Ce sont des structures énergivores, il doit donc s’agir d’une adaptation qui offre un avantage évolutif. Par exemple, selon les chercheurs coordonnés par le professeur Jean-Michel Bichain, chez l’escargot préhistorique, les cheveux auraient pu empêcher la perte de liquides et donc offrir une protection contre le dessèchement. Peut-être que ces escargots mésozoïques ont commencé à coloniser de nouveaux environnements plus secs et ont donc développé des caractéristiques ad hoc.
« Les poils auraient également pu servir de camouflage ou protéger l’escargot d’une attaque directe en chassant des oiseaux ou des prédateurs du sol », a expliqué la co-auteure de l’étude, Adrienne Jochum. «Ils peuvent également avoir joué un rôle dans la régulation thermique de l’escargot en permettant à de minuscules gouttelettes d’eau d’adhérer à la coquille, agissant ainsi comme un« climatiseur ». Et enfin, on ne peut pas exclure que les cheveux aient fourni un avantage dans la sélection sexuelle », a ajouté le chercheur. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’un trait fascinant qui a évolué depuis la préhistoire dans différents groupes de gastéropodes et indépendamment.
Les scientifiques ont souligné que le fossile avait été récupéré dans la vallée de Hukawng en Birmanie / Myanmar avant 2017 ; la date est significative car après 2017 le commerce des précieux fossiles a commencé à financer les violents conflits qui ont ensanglanté le pays. En effet, de nombreux fossiles exceptionnels datant d’il y a 100 millions d’années, jusqu’au Crétacé, ont été récupérés sur son territoire. Les détails de la recherche « Archaeocyclotus brevivillosus sp. nov., un nouvel escargot terrestre cyclophoride (Gastropoda : Cyclophoroidea) de l’ambre birman du Crétacé moyen » ont été publiés dans la revue scientifique spécialisée Cretaceous Research.
