
Les autorités américaines imposent des sanctions à la plus grande plateforme iranienne de cryptomonnaies, accusée de financer des activités terroristes. Le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) du département du Trésor a annoncé des mesures contre Nobitex.
Selon le Trésor américain, cette bourse a apporté un soutien conséquent au régime iranien. Elle aurait traité plus de la moitié de tous les flux d’actifs numériques entrant en Iran cette année. Elle aurait également facilité des paiements liés à des activités terroristes et permis de contourner les sanctions économiques. Ces transactions incluent des opérations reliées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), dont celles d’acteurs de rançongiciels affiliés à cette institution.
Les autorités américaines ont également identifié des portefeuilles numériques liés à ces groupes de rançongiciels.
Nobitex est aussi accusée d’avoir aidé la Banque centrale d’Iran à accéder à des centaines de millions de dollars en cryptomonnaies stables. Ces fonds ont servi à soutenir la valeur du rial iranien, qui s’effondre. La plateforme a permis à des proches du régime d’accéder à des bourses internationales d’actifs numériques et de contourner les sanctions dans plusieurs juridictions.
L’OFAC a par ailleurs désigné des personnes spécifiques, présentées comme des dirigeants et des fondateurs de Nobitex. Parmi elles figurent le président Amir Hossein Rad, le directeur général Seyed Ali Khoee, le cofondateur Seyed Mohammad Ali Aghamir Mohammad Ali, et le responsable de la blockchain Seyed Mohammad Aghamir Mohammad Ali.
Cette action s’inscrit dans la campagne « Economic Fury » du gouvernement américain. Elle vise trois autres bourses de cryptomonnaies iraniennes : Wallex, Bitpin et Ramzinex.
Des données de la société d’analyse blockchain Chainalysis révèlent que l’écosystème iranien des cryptomonnaies a reçu près de 7,8 milliards de dollars cette année. L’entreprise estime que les adresses associées au CGRI représentent plus de 50 % de la valeur reçue par l’écosystème crypto iranien au quatrième trimestre. Nobitex a traité plus de la moitié des entrées de cryptomonnaies en Iran. Wallex et Bitpin en ont respectivement comptabilisé 12 % et 10 %.

Concrètement, ces sanctions impliquent que tous les biens et actifs des entités et personnes désignées qui se trouvent sous juridiction américaine sont gelés. Les personnes et entreprises américaines ont l’interdiction de faire des affaires avec elles.
Les mesures créent également une pression internationale, car les alliés des États-Unis et les entreprises basées à l’étranger hésitent à prendre des risques et à poursuivre leurs relations avec les parties sanctionnées.
En juin dernier, le groupe de piratage pro-israélien « Predatory Sparrow » avait affirmé avoir piraté Nobitex. Il avait volé des actifs numériques d’une valeur d’environ 90 millions de dollars et avait laissé des messages à connotation politique.