Un tournant majeur s’annonce dans l’univers de la recherche d’emploi. Après une fusion, CareerBuilder et Monster, deux figures emblématiques du secteur, se retrouvent en restructuration suite à une faillite. Les actifs de ces géants sont désormais mis en vente, marquant ainsi la fin d’une époque pour les plateformes traditionnelles.
La fusion de CareerBuilder et Monster, autrefois leaders du marché de l’emploi en ligne, est désormais remise en question suite à une faillite annoncée dans le Delaware cette semaine. Cet événement survient moins d’un an après leur mariage commercial, tentant de s’adapter face à des concurrents numériques plus récents.
La société basée à Chicago a conclu des accords pour céder ses principales branches d’affaires à trois acheteurs distincts. JobGet, une plateforme axée sur les emplois occasionnels et horaires, s’emparera des opérations majeures de la plateforme d’emploi qui avaient jadis fait de CareerBuilder et Monster des noms familiers tant pour les chercheurs d’emploi que pour les employeurs.
La division fournissant des logiciels de gestion des ressources humaines aux gouvernements fédéraux et étatiques, connue sous le nom de Monster Government Services, sera acquise par Valsoft Corp., une entreprise montréalais reconnue pour ses acquisitions dans le domaine des logiciels spécialisés. Military.com et Fastweb.com, deux propriétés médiatiques numériques, seront transférées à Valnet, un conglomérat canadien possédant un large éventail de marques de contenu en ligne.
Ces transactions se structurent sous forme d’offres de type stalking horse, où chaque acheteur fixe un prix minimum pour les actifs, mais les ventes restent ouvertes à des offres plus élevées, dans le cadre du processus d’enchères supervisé par le tribunal de la faillite. Ces contrats sont soumis à l’approbation du tribunal et devraient se concrétiser dans les semaines à venir.

Les dépôts de faillite indiquent que CareerBuilder et Monster affrontent des difficultés financières majeures, avec des passifs estimés entre 100 millions € et 500 millions €, alors que les actifs ne sont testée qu’entre 50 millions € et 100 millions €. Afin de maintenir ses opérations durant la restructuration, la société a sécurisé jusqu’à 20 millions € en financement de débiteur en possession auprès de BlueTorch Capital.
Le directeur général Jeff Furman a souligné un « environnement macroéconomique difficile et incertain » comme étant une des principales raisons de la faillite et de la vente, ajoutant que l’entreprise avait mené une recherche approfondie d’alternatives avant de conclure qu’une vente supervisée par un tribunal était la meilleure option pour préserver la valeur et les emplois.
Les défis rencontrés par l’entreprise reflètent des évolutions plus larges dans le secteur du recrutement en ligne, où des plateformes comme Indeed, Glassdoor, et LinkedIn ont surpassé les tableaux d’emploi traditionnels en agrégant des annonces et en utilisant les réseaux sociaux.
CareerBuilder et Monster sont actuellement détenus par la société de capital-investissement Apollo Global Management et la société de recrutement néerlandaise Randstad, qui ont créé une coentreprise pour faciliter la fusion de l’année dernière. Les entreprises AlixPartners et le cabinet d’avocats Latham & Watkins conseillent sur le processus de restructuration.
Cette faillite marque un tournant dramatique pour deux des premières marques influentes dans la recherche d’emploi sur Internet. CareerBuilder et Monster ont été des pionniers de l’affichage d’annonces d’emploi en ligne à la fin des années 1990 et au début des années 2000, mais leur domination a diminué avec l’évolution du paysage numérique. Maintenant que leurs actifs vont être dispersés entre de nouveaux propriétaires, il semble que l’ère des portails d’emploi autonomes touche à sa fin.
