Une sonde de la NASA va percuter un astéroïde : lancement de la première mission de défense planétaire

Une Sonde De La Nasa Va Percuter Un Astéroïde :

La première mission de défense planétaire de l’histoire a officiellement commencé. La NASA a lancé la sonde DART, qui s’écrasera sur un astéroïde en 2022.

Une illustration montre la sonde DART, le petit LICIACUBE italien et l’astéroïde binaire 65803 Didymos. Crédit : Crédits : NASA / Johns Hopkins, APL / Steve Gribben

À 7 h 21 aujourd’hui, mercredi 24 novembre 2021, la NASA a lancé la première mission historique de défense planétaire. Depuis le Space Launch Complex 4 de la Vandenberg Space Force Base en Californie, en effet, la mission DART (Double Asteroid Redirection Test) a été lancée, qui a l’objectif ambitieux de faire s’écraser une sonde sur un astéroïde. La pierre de l’espace dans le viseur, appelée 65803 Dimorphos et en orbite autour d’un autre astéroïde beaucoup plus gros (65803 I Didymos), n’est heureusement pas une menace pour notre planète ; la mission DART est en fait démonstrative, pour comprendre si avec un impact cinétique il est possible de détourner un de ces objets célestes de trajectoires potentiellement dangereuses. Il n’y a actuellement aucun astéroïde pointant en direction de la Terre, du moins pas parmi ceux identifiés, mais des événements catastrophiques de ce type se sont déjà produits dans le passé – comme l’impact de chicxulub qui a anéanti les dinosaures non aviaires il y a 66 millions d’années – et ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne se reproduisent.

D’ici là, l’humanité devra être prête à se défendre et c’est pourquoi la NASA a créé un département ad hoc pour la défense planétaire. La solution hollywoodienne de bombarder les menaces potentielles avec des armes nucléaires s’est révélée efficace par une étude récente, mais des corps célestes suffisamment éloignés et de la bonne taille pourraient être déviés d’une trajectoire dangereuse même avec le simple impact d’une sonde, sans utiliser d’atomes atomiques. ogives. . C’est exactement ce que DART tentera de démontrer en frappant Dimorphos, qui a un diamètre d’environ 170 mètres et orbite à une distance de 1,18 kilomètre de son compagnon. De petites déviations à des distances énormes peuvent d’ailleurs accumuler un déplacement tel qu’il évite un éventuel impact avec la Terre. Le fait que l’astéroïde à frapper soit en orbite autour d’un objet plus gros – il a un diamètre de 750 mètres – est un scénario idéal pour les scientifiques ; ils pourront en effet calculer facilement les altérations orbitales provoquées par l’impact DART. Si tout se passe comme prévu, l’orbite de Dimorphos devrait être ralentie de quelques minutes.

La sonde, comme indiqué, a été lancée avec succès ce matin (heure italienne) et séparée avec succès de la fusée SpaceX Falcon 9, dont le premier étage a atterri avec succès sur le drone flottant « Of Course I Still Love You » voyageant dans l’océan Pacifique. Le vaisseau spatial s’oriente vers le Soleil et prépare son long voyage de neuf mois pour sa passionnante « mission suicide ». La sonde atteindra Didymos à 11 millions de kilomètres de notre planète ; lorsqu’il l’a dans son « viseur », il s’écrasera à une vitesse de 6,7 kilomètres par seconde, soit 24 000 kilomètres par heure.

Nous ne resterons pas aveugles devant un spectacle aussi pionnier. Avant de se sacrifier pour la science (et l’humanité), la sonde DART va lâcher un petit satellite totalement conçu et construit en Italie, le LICIACube (Light Italian Cubesat for Imaging of Asteroids), développé en collaboration entre l’Agence spatiale italienne (ASI) et le Argotec de Turin. Le satellite, équipé d’une caméra pour enregistrer l’impact, ne pèse qu’un kilogramme et a la taille d’une boîte à chaussures. Les précieuses informations qu’elle glanera jetteront les bases de la mission HERA de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui entre 2024 et 2026 lancera une autre sonde pour étudier en profondeur les effets de l’impact cinétique, comme la taille du cratère. généré et des changements dans la relation orbitale entre les deux astéroïdes. Même si la mission échoue, il n’y a aucun risque que la déviation induite à 65803 Dimorphos génère des dangers pour la Terre. Il ne reste plus qu’à attendre l’automne de l’année prochaine, quand s’écrira l’histoire de la première mission de défense planétaire.