Un faisceau laser vert projeté dans le ciel nocturne intrigue les réseaux sociaux. Cette vision, aperçue dans de nombreuses villes, n’est pas un spectacle mais un instrument de mesure. Il s’agit d’un LiDAR mobile, une technologie permettant d’analyser en temps réel la concentration et la répartition des particules polluantes dans l’atmosphère.
De nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux montrent un véhicule projetant un faisceau laser vert vers le ciel pendant la nuit. Il ne s’agit ni d’un spectacle lumineux, ni d’une expérience scientifique rare. Ce phénomène s’observe dans plusieurs villes du globe. Oui, c’est lié à la pollution !

Ce dispositif a un rôle très concret : mesurer la pollution atmosphérique en direct.
Le système visible sur la vidéo est un LiDAR atmosphérique mobile. Cette technologie permet d’analyser la quantité et la distribution des particules en suspension dans l’air, à différentes altitudes.
Fonctionnement d’un LiDAR pour mesurer la pollution
LiDAR est l’acronyme de Light Detection and Ranging (Détection et télémétrie par la lumière). Son principe est comparable à celui d’un radar, mais il emploie des impulsions laser au lieu d’ondes radio.
L’appareil envoie des milliers d’impulsions de lumière laser dans l’atmosphère. Lorsque cette lumière rencontre des particules comme de la poussière, de la fumée, des aérosols ou des gouttelettes d’eau, une petite fraction est renvoyée vers le capteur.
En calculant le temps mis par le signal pour revenir et l’intensité de la réflexion, le système peut déterminer :
- L’altitude à laquelle se situent les particules ;
- La concentration de polluants dans différentes couches de l’atmosphère ;
- L’évolution de la qualité de l’air au fil du temps ;
- Le déplacement et la dispersion des masses de pollution.
Dans la vidéo, le laser est vert car il utilise généralement une longueur d’onde de 532 nanomètres, particulièrement efficace pour détecter les particules atmosphériques.
A van in China uses a green sky laser to track air pollution in real time.pic.twitter.com/4pxXlgIoEP
— Tansu Yegen (@TansuYegen) June 29, 2026
Des usages qui dépassent la mesure de la qualité de l’air
Bien qu’ils servent souvent à surveiller la pollution urbaine, ces systèmes ont de nombreuses autres applications. Les LiDAR atmosphériques aident les chercheurs et les autorités à suivre les incendies de forêt, les tempêtes de sable, les cendres volcaniques, les brouillards et même l’arrivée de poussières provenant du désert du Sahara.
On les emploie aussi dans les aéroports pour contrôler les conditions atmosphériques, lors d’études sur le climat et pour des recherches météorologiques.
Pourquoi le faisceau laser est-il visible ?
En théorie, le faisceau laser serait presque invisible. Pourtant, quand l’air contient de la poussière, de l’humidité ou d’autres particules, une partie de la lumière est diffusée dans différentes directions, ce qui rend le faisceau visible pour un observateur.
Plus l’atmosphère contient de particules, plus le laser est facile à voir.
Cette technologie présente-t-elle un danger ?
Les systèmes LiDAR conçus pour la surveillance atmosphérique respectent des normes de sécurité strictes. Même s’ils emploient des lasers puissants, leurs paramètres de fonctionnement sont contrôlés avec précision. Nombre d’entre eux intègrent des dispositifs qui coupent automatiquement l’émission si une approche d’aéronef est détectée.
Malgré ces précautions, il ne faut jamais regarder directement un faisceau laser, ni chercher à s’approcher de l’équipement pendant son fonctionnement.
Un outil indispensable pour comprendre l’air que nous respirons
Alors que les villes cherchent à réduire la pollution et à améliorer la qualité de l’air, des technologies comme le LiDAR sont devenues essentielles. En fournissant des mesures instantanées à différentes altitudes, ces équipements permettent de comprendre comment les polluants se déplacent dans l’atmosphère. Ils aident à prendre des décisions plus efficaces pour protéger la santé publique.
Le rayon vert qui semble filer vers l’espace est en réalité un outil scientifique sophistiqué. Il « lit » l’atmosphère et contribue à mieux comprendre ce que, bien qu’invisible, nous respirons quotidiennement.