Un nouveau traitement oral contre la chute de cheveux chez l’homme, prometteur lors d’essais cliniques avancés, pourrait bientôt offrir une alternative plus sûre aux options actuelles.
Un nouveau traitement oral contre la chute de cheveux chez les hommes se rapproche de sa commercialisation. Des résultats très positifs ont été obtenus lors de tests cliniques avancés, avec l’avantage potentiel d’une meilleure sécurité par rapport aux traitements déjà disponibles.

Le problème de l’alopécie androgénétique
L’alopécie androgénétique, communément appelée calvitie masculine, est une affection héréditaire et hormonale très fréquente, pouvant débuter dès la puberté.
Les premiers signes sont généralement un recul de la ligne frontale ou un éclaircissement visible au sommet du crâne. Avec le temps, les follicules touchés finissent par rétrécir complètement et cessent de produire des cheveux.
Face à l’ampleur de ce problème, le marché propose une multitude de solutions, sous forme de comprimés, lotions ou pommades, qui promettent (pas toujours avec succès) d’enrayer ou d’inverser ce processus.
Un comprimé dérivé d’un médicament contre l’hypertension
C’est dans ce marché déjà bien fourni qu’arrive le VDPHL01, un médicament non hormonal développé par l’entreprise bio-pharmaceutique américaine Veradermics.
Il s’agit d’un comprimé à base de minoxidil à libération prolongée, une substance qui, en réalité, n’est pas nouvelle.
Le minoxidil a été initialement créé comme traitement contre l’hypertension artérielle. Ce sont les médecins eux-mêmes qui, en suivant leurs patients, ont observé un effet secondaire particulier : une augmentation de la densité capillaire.
C’est ainsi qu’est née la version topique du minoxidil, aujourd’hui largement utilisée pour lutter contre la chute des cheveux. Plus tard sont apparues des versions orales, aujourd’hui commercialisées par des marques connues comme Hims, Rogaine ou Pfizer.
Le problème est que ces comprimés de minoxidil oral, en étant des adaptations d’un médicament conçu pour un autre usage, comportent des mises en garde sur des risques cardiovasculaires potentiels, et peuvent provoquer des vertiges, des palpitations, des œdèmes, des nausées et des vomissements.

Cherchant à résoudre ces problèmes, le VDPHL01 n’est pas simplement un autre comprimé de minoxidil, mais une formulation à libération prolongée spécialement conçue pour traiter la chute de cheveux, visant à maintenir l’efficacité tout en réduisant les effets secondaires.
🔍 Les chiffres de l’essai clinique
Les résultats de la phase 3 de l’essai clinique, randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, semblent confirmer cette promesse.
Près de 500 hommes présentant une chute de cheveux légère à modérée ont participé à l’étude, répartis en trois groupes :
- Un groupe prenant 8,5 mg de VDPHL01 une fois par jour ;
- Un autre prenant la même dose deux fois par jour ;
- Un troisième recevant uniquement un placebo.
Les premiers signes de repousse sont devenus visibles dès le deuxième mois de traitement. Après six mois, les résultats ont montré des améliorations significatives :
- Les participants prenant le traitement une fois par jour ont enregistré une augmentation moyenne de 30,3 cheveux par cm2 ;
- Le groupe avec deux prises quotidiennes a observé une hausse de 33 cheveux par cm2 ;
- Le groupe placebo n’a noté qu’une augmentation de 7,3 cheveux par cm2.
Concernant l’amélioration visible de la couverture capillaire, 79,3% des participants avec une prise quotidienne et 86% de ceux avec deux prises ont constaté des progrès, contre seulement 35,6% dans le groupe placebo.
Le pourcentage de personnes ayant atteint une couverture jugée « améliorée » ou « très améliorée » était de 48,4% et 62,9%, respectivement, face à seulement 13,4% dans le groupe placebo.
Un tournant pour la dermatologie
Pour les spécialistes impliqués dans l’étude, ces résultats représentent une étape significative. Le dermatologue Michael Gold, chercheur de l’essai, souligne qu’à ce jour, la dermatologie traitait la chute de cheveux avec un médicament « emprunté » à la cardiologie, dans une formulation jamais pensée pour cet usage et avec des dosages définis de manière peu rigoureuse.
Selon le Dr Gold, le VDPHL01 est la première formulation orale de minoxidil développée spécifiquement pour la chute de cheveux d’origine génétique, et la première à présenter des résultats positifs d’efficacité et de sécurité en phase 3.
Reid Waldman, directeur général de Veradermics, met en avant l’aspect sécurité. Selon lui, les résultats de cette phase 2/3 démontrent que la nouvelle formulation parvient à optimiser le minoxidil oral pour une repousse capillaire significative, tout en minimisant les effets secondaires et le risque cardiaque.
Pour Waldman, il s’agit d’un jalon majeur, non seulement pour l’entreprise et ses investisseurs, mais surtout pour les millions de personnes concernées par ce type de chute de cheveux.

Et pour les femmes ?
Après le succès des essais sur les hommes, Veradermics a déjà engagé l’étape suivante, en recrutant des femmes pour le premier essai clinique de phase 2/3 du médicament sur des patientes présentant une chute de cheveux d’origine génétique.
S’il est approuvé par la Food and Drug Administration (FDA), le VDPHL01 deviendrait le premier traitement oral non hormonal approuvé pour la calvitie génétique sans les risques cardiovasculaires associés aux formulations actuelles, tant chez les hommes que, potentiellement, chez les femmes.
Une avancée que nombre de dermatologues et de patients attendent depuis des décennies.