Les PFAS pourraient accélérer le vieillissement : une étude sur les substances qui dérèglent notre horloge biologique

Des niveaux plus élevés de certains PFAS sont associés à une accélération du vieillissement biologique, notamment chez les hommes de 50 à 64 ans.

Une nouvelle étude révèle des liens préoccupants entre certains PFAS et l’accélération de l’âge biologique, particulièrement chez les hommes d’âge moyen. Ces substances, présentes dans de nombreux articles du quotidien, pourraient moduler les mécanismes de vieillissement de manière significative.

Des niveaux plus élevés de certains PFAS sont associés à une accélération du vieillissement biologique, notamment chez les hommes de 50 à 64 ans.

Des niveaux plus élevés de certains PFAS sont associés à une accélération du vieillissement biologique, notamment chez les hommes de 50 à 64 ans.

De nouvelles données viennent étoffer l’hypothèse selon laquelle certaines substances chimiques ont un impact sur notre “horloge biologique”. Un récent article dans la revue scientifique Frontiers in Aging met en avant que certains PFAS – ces “substances chimiques éternelles” retrouvées dans des produits courants – pourraient occasionner une accélération du vieillissement biologique, c’est-à-dire l’âge mobile par rapport à l’âge chronologique.

Les PFAS (substances perfluoroalkyles et polyfluoroalkyles) sont utilisés depuis des décennies dans des poêles antiadhésives, des emballages alimentaires, des tissus imperméables, des mousses anti-incendie et bien d’autres produits industriels et domestiques. Leur caractéristique principale est leur exceptionnelle résistance à la dégradation : une fois dans l’environnement, ils restent présents longtemps et peuvent s’accumuler dans l’organisme. Au fil du temps, plusieurs composés de cette famille ont été liés à des problèmes de santé, incluant des troubles hormonaux, de l’infertilité, l’obésité et un risque accru de certains cancers. L’attention se porte maintenant sur un nouvel effet potentiel : leur impact sur les mécanismes biologiques liés au vieillissement.

Selon l’étude, cette association est particulièrement marquée chez les hommes d’âge moyen, suggérant que cette étape de la vie pourrait être une période de vulnérabilité accrue face aux stress environnementaux.

La problématique des PFAS n’est pas récente. L’Organisation mondiale de la santé ainsi que d’autres agences sanitaires internationales ont déjà évoqué leur persistance dans l’environnement et leurs effets potentiels à long terme sur la santé, tandis que plusieurs pays envisagent des restrictions plus strictes concernant leur utilisation.

Ce que révèle l’étude sur les PFAS et l’âge biologique

La recherche, menée par une équipe de l’Université Jiao Tong de Shanghai, a examiné les données de 326 adultes américains ayant participé au National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES) entre 1999 et 2000.

Les échantillons sanguins de chaque participant ont été analysés pour 11 PFAS différents. Deux composés en particulier – l’acide perfluorononanoïque (PFNA) et le perfluoroctanesulfonamide (PFOSA) – ont été détectés chez 95 % des personnes étudiées.

Pour estimer l’âge biologique, les chercheurs ont évalué le “méthylome”, soit l’ensemble des niveaux de méthylation de l’ADN qui régulent l’expression génique, utilisés dans les dits “horloges épigénétiques” pour mesurer le vieillissement mobile.

L’analyse a montré que des niveaux plus élevés de PFNA et PFOSA étaient associés à un âge biologique supérieur à la norme chronologique, surtout chez les hommes âgés de 50 à 64 ans. Cette association n’a pas été observée chez les femmes. D’autres PFAS couramment détectés dans le sang, tels que PFOS et PFOA, n’ont pas présenté le même lien avec l’âge biologique.

Tous les PFAS n’agissent pas de la même manière dans l’organisme”, soulignent les auteurs, avertissant que certaines alternatives plus récentes pourraient quand même comporter des risques. Les futures réglementations devraient prendre en compte des composés comme PFNA et PFOSA.

En attendant, pour réduire l’exposition, il est conseillé de prendre des mesures pratiques, telles que limiter la consommation d’aliments emballés et éviter de réchauffer au micro-ondes des contenants jetables.En regardant vers l’avenir – concluent les auteurs – il est crucial de mieux comprendre les risques cumulés de ces mélanges chimiques.