Et si, au lieu de détruire la Station Spatiale, on la recyclait ? Cela vaut 1,5 milliard

Et si, au lieu de détruire la Station Spatiale, on la recyclait ? Cela vaut 1,5 milliard

Une nouvelle vision pour l’avenir de la Station Spatiale Internationale émerge, suggérant qu’elle puisse être recyclée en orbite au lieu d’être détruite. Que contient cette proposition et quels sont les enjeux économiques et technologiques qui en découlent ?

La Station Spatiale Internationale doit bientôt prendre sa retraite avec une désorbition prévue en 2030. Cependant, une startup américaine argue qu’il serait imprudent de la détruire, considérant plutôt sa réutilisation en tant que source de matières premières pour l’exploration spatiale future.

Une station vieillissante en difficulté

Orbital depuis 1998 et complétée en 2011, la station a vu sa date de retrait initialement prévue pour 2024 repoussée à 2030 en raison de contraintes budgétaires. Les problèmes techniques, tels que des fuites d’air et des fissures sur plusieurs modules, se sont multipliés, rendant son fonctionnement de plus en plus précaire.

La NASA a contracté SpaceX pour concevoir un vaisseau capable de faire couler la station à l’endroit désigné comme « cimetière spatial ». La question se pose : est-il judicieux de faire sombrer une structure de 450 tonnes ayant coûté près de 150 milliards de dollars ?

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À partir de 2026, la ISS sera temporairement abandonnée et subira l’effet du frottement atmosphérique jusqu’à atteindre une altitude d’environ 320 km.

Recycler la ISS comme une mine orbitale

Selon Greg Vialle, fondateur de Lunexus Space, la réponse à sa destruction est un non catégorique. La société aspire à réutiliser la station comme source de matières premières, ce qui permettrait d’éviter le gaspillage de matériaux déjà placés en orbite.

Selon lui, la ISS abrite environ 430 tonnes d’aluminium de qualité élevée, de titane et d’autres métaux de qualité spatiale. Ces matériaux ont une valeur estimée à environ 1,5 milliard de dollars, qui serait perdue si le plan actuel se poursuivait. De plus, près d’un milliard de dollars devraient être dépensés pour la désorbitation de la station.

Vialle décrit ceci comme « un plan financièrement irresponsable qui gaspille une ressource stratégique et unique ».

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La ISS figure parmi les projets scientifiques les plus coûteux jamais réalisés. Au total, le programme dépasse largement les 100 milliards de dollars, illustrant la complexité technique, logistique et humaine nécessaire à son fonctionnement.

L’économie circulaire en orbite basse

Lunexus Space s’efforce de créer une économie circulaire en orbite basse, en réutilisant les structures et débris spatiaux pour fabriquer de nouveaux composants sur place, réduisant ainsi la dépendance envers les lancements depuis la Terre.

Les chiffres ne mentent pas. Envoyer un kilogramme de matériel en orbite coûte en moyenne 3500 dollars. L’utilisation de matériaux déjà présents sur la ISS pourrait faire diminuer ces dépenses de manière significative.

Vialle estime que le processus de recyclage coûterait environ 300 millions de dollars, plus un prêt gouvernemental pour établir l’infrastructure nécessaire. Cela reste bien en deçà du coût de démantèlement de la station.

La position des États-Unis en jeu

En dehors des considérations économiques, la proposition présente un argument géopolitique fort. Vialle avance que recycler la ISS pourrait poser les bases d’une nouvelle industrie spatiale américaine, consolidant ainsi son rôle face à des concurrents comme la Chine, qui investit également dans ses propres infrastructures orbitales.

Il fait un parallèle avec des périodes décisives de l’histoire, évoquant la mobilisation industrielle des États-Unis avant la Seconde Guerre mondiale, l’avance technologique du Japon dans les années 1970, ou encore le rôle de Taïwan avec TSMC dans le secteur des semi-conducteurs.

A ses yeux, celui qui contrôlera les ressources spatiales dominera l’avenir du commerce et de la défense orbitale.

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Défis techniques et scepticisme industriel

Malgré cette ambition, le projet rencontre des résistances. La NASA a signalé qu’après avoir exploré la possibilité de réutiliser des composants de la ISS, aucune proposition concrète n’est parvenue de l’industrie.

De son côté, l’Agence Spatiale Européenne considère que la réutilisation en orbite représente “un véritable défi”, soulevant des doutes quant à la rentabilité de la capture et du traitement de matériaux dans l’espace.

Le temps n’est pas de leur côté. Avec environ quatre ans avant la désorbition prévue, la ISS approche rapidement de la fin de sa durée de vie.

Le mouvement « Recycle the ISS » prend de l’ampleur, mais la décision doit être prise rapidement, autrement la station pourrait ne pas tenir jusqu’à cette échéance.