La découverte surprenante des spores de mousse ayant survécu à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale ouvre des perspectives fascinantes pour l’exploration spatiale future.
La survie inattendue de spores de mousse à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale remet en question les connaissances sur la résistance de la vie terrestre et ouvre de nouvelles avenues pour les missions lunaires et martiennes.

La vie au-delà de la Terre ?
Des chercheurs ont récemment exposé des spores de mousse à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale lors de la mission Tanpopo 4, pour une période de 283 jours (environ neuf mois).
L’objectif était d’étudier si la vie terrestre pouvait résister aux conditions extrêmes de l’espace, et la survie de Physcomitrium patens indique que c’est possible.

Des spores de mousse germinés après exposition aux conditions adverses de l’espace à l’extérieur de la Station Spatiale Internationale, où ils ont survécu pendant neuf mois. Photo de Chang Hyun-Maeng et Maika Kobayashi/Université de Hokkaido
À des kilomètres de la planète, la vie peut prospérer
Le cycle de vie de la mousse comporte plusieurs phases, mais les chercheurs ont choisi des spores encore enfermés dans leurs structures de sporophyte, période durant laquelle elles présentent une plus grande résilience.
Ces spores encapsulées étaient jusqu’à 1 000 fois plus résistantes à la radiation UV que les cellules de développement du mousse lui-même.
Dans des simulations en laboratoire, les spores ont conservé un taux de germination de 80 % après 30 jours à -80 degrés Celsius, et de 36 % après 30 jours à 55 degrés Celsius.

Après neuf mois fixés à l’extérieur de la ISS, les spores de mousse ont présenté une taux de germination de 86 % (contre 97 % pour le contrôle maintenu sur Terre). Ces résultats montrent la résilience du mousse, ayant pu affronter des conditions extrêmes dans l’espace.
Les couches mobiles extérieures du sporophyte agissent comme une barrière protectrice contre la déshydratation, la radiation et les extrêmes de température.
Les mousses, considérées parmi les premières plantes terrestres, ont dû s’adapter pour quitter un environnement riche en eau et s’installer sur la terre en faisant face à un manque d’eau immédiat.
Cette adaptation témoigne de l’évolution qui a permis aux brióphytes de coloniser des environnements terrestres.
Le petit mousse qui pouvait
Après neuf mois accrochés à l’extérieur de la ISS, les spores de mousse ont montré un taux de germination de 86 %. Cela est à comparer aux 97 % des contrôles maintenus sur Terre.
Ces résultats illustrent la résilience du mousse à supporter les conditions les plus extrêmes dans l’espace.

Dépôts de ton clair près de Ganges Chasma (Mars)
Parmi tous les facteurs pouvant endommager la mousse, les chercheurs ont souligné la radiation UV comme la menace la plus importante. Étonnamment, les extrêmes de température et le vide spatial ont eu peu d’impact sur les taux de germination. Néanmoins, la radiation UV a provoqué une dégradation de 11 % par rapport aux échantillons témoins.
Tous les échantillons, qu’ils aient été exposés aux UV ou non, ont montré environ 20 % de dégradation de la chlorophylle.
Même les échantillons protégés par des filtres UV ont présenté des dégradations similaires, suggérant que la lumière visible et infrarouge intense de l’espace (non dévoilée par l’atmosphère) en est la cause.
Les conclusions soulignent la sensibilité de ces plantes aux environnements non terrestres. Par ailleurs, cette expérience constitue la première preuve scientifique de la survie des brióphytes après une exposition réelle à l’espace puis leur retour sur Terre.

L’agriculture spatiale pourrait-elle être possible ?
En se basant sur la période de neuf mois et en extrapolant, les chercheurs ont développé un modèle qui suggère que le mousse pourrait survivre environ 5 600 jours dans l’espace, bien que ce modèle présente des limitations.
Il s’appuie uniquement sur deux points de données (avant l’exposition et après neuf mois), ce qui implique la nécessité de nombreuses autres études pour obtenir une estimation précise.
Les découvertes suggèrent des implications pratiques pour de futures missions lunaires et martiennes. Les mousses sont considérées comme des espèces pionnières, participants à la formation du sol pour des formes de vie plus complexes, à l’instar du mousse de tourbe sur Terre.
Les scientifiques ont mis en avant ces brióphytes comme de bons candidats pour des systèmes de support de vie bio-régénératifs dans les stations spatiales ou les bases planétaires.

Le mousse pourrait-il produire de l’oxygène hors de la Terre ?
Les mousses présentent de nombreux avantages par rapport aux cultures traditionnelles ou aux plantes simples telles que les algues. Leur capacité à survivre et à prospérer dans des environnements à faible luminosité les rend idéales pour des stations ou colonies éloignées du soleil.
Leur capacité à produire de l’oxygène tout en fixant du dioxyde de carbone aborde simultanément deux défis environnementaux.