L’avion qui a chuté à Louisville a décollé malgré une défaillance : l’importance d’une prise de décision rapide

Un cadre vidéo du dramatique incident aérien à Louisville. Crédit : YouTube

Des images poignantes émergent d’un incident aérien tragique à Louisville, révélant des détails accablants sur le vol UPS 2976. L’événement, survenu peu après le décollage, a coûté la vie à de nombreuses personnes, soulevant des questions sur la sécurité des aéronefs modernes.

Un cadre vidéo du dramatique incident aérien à Louisville. Crédit : YouTube

Un cadre vidéo du dramatique incident aérien à Louisville. Crédit : YouTube

Au fil des jours, de nouvelles vidéos du tragique accident aérien à Louisville (États-Unis) continuent d’émerger. Le vol UPS 2976 s’est écrasé juste après le décollage contre des bâtiments d’une entreprise de recyclage (Kentucky Petroleum Recycling) et d’une autre spécialisée dans les pièces automobiles (Grade A Auto Parts). L’accident s’est produit précisément à 17h13 (heure locale) le 5 novembre, près de l’aéroport international de Louisville (SDF). Les images montrent clairement que l’appareil, un McDonnell Douglas MD-11 (F) transportant une cargaison vers l’aéroport international “Daniel K. Inouye” d’Honolulu (Hawaï), avait son aile gauche en flammes avant de s’élever dans les airs et de s’écraser quelques secondes plus tard. Le pilote avait décollé malgré une connaissance claire des problèmes de l’avion, en raison du dépassement de la fameuse “vitesse de non-retour”, connue techniquement sous le nom de V1 ou vitesse de décision, au-delà de laquelle il devient impossible d’arrêter un aéronef en toute sécurité sur la piste, obligeant ainsi à prendre l’air malgré tout.

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L’impact de l’aéronef a causé la mort d’au moins 14 personnes, y compris les trois pilotes à bord : le commandant Richard Wartenberg, le premier officier Lee Truitt et le capitaine Dana Diamond. D’autres victimes pourraient rester portées disparues, et certaines nécessitent une identification en raison de l’énorme boule de feu résultant de la collision, l’appareil étant chargé de carburant pour un vol prévu de 8 heures. Il n’est pas encore clair s’il transportait des substances toxiques.

Concernant la dynamique de l’incident, le MD-11, âgé de 34 ans (une durée acceptable pour les avions cargo), a perdu son moteur gauche au moment du décollage, mais il reste à déterminer si cela était dû à une défaillance structurelle ou à un événement explosif. Les débris ont touché le deuxième moteur, entraînant la catastrophe. UPS et FedEx ont immobilisé leurs MD-11 par précaution (ainsi que plusieurs autres dans leur flotte). Le lendemain, la Federal Aviation Administration (FAA) a élargi cette initiative pour tous les modèles similaires afin d’effectuer des vérifications minutieuses, dans le but d’éviter d’autres incidents semblables.

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Les vitesses de décollage d’un aéronef : V1, Vr et V2

Il est certain qu’il y a eu une alerte en cabine pendant plusieurs secondes. Cependant, le pilote, bien conscient des problèmes, a malgré cela procédé au décollage, espérant pouvoir contrôler l’appareil et le ramener en toute sécurité sur la piste. Tout est lié aux vitesses de décollage, qui ne sont pas uniques mais qui reposent sur trois phases fondamentales : V1 ou vitesse de décision; Vr ou vitesse de rotation; et V2 ou vitesse de sécurité au décollage. Le pilote cargo Joseph Diebolder, connu sur YouTube comme “Captain Joe”, a expliqué en détail les différences entre ces vitesses, indiquant pourquoi les pilotes de l’MD-11 ont été contraints à prendre l’air malgré une aile en feu et des alertes. Il est à noter, comme l’indique le site spécialisé en formation de pilotage baatraining.com, que ces vitesses “ne sont pas que des chiffres, mais le résultat de calculs précis basés sur le poids de l’appareil, la longueur de la piste, les conditions météorologiques et bien d’autres facteurs”, rendant leur compréhension essentielle pour appréhender l’équilibre délicat permettant un décollage réussi.

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La V1, explique Captain Joe (avec plus de 1,7 million de followers sur YouTube), est la vitesse de décision ; celle au-delà de laquelle le décollage ne peut plus être interrompu, même en cas de problème. Avant la V1, le pilote peut encore annuler le décollage en freinant, mais une fois cette vitesse atteinte, l’avion ne peut plus être arrêté en sécurité, et le pilote doit alors prendre l’air. Cette vitesse critique est calculée avant chaque vol et dépend de nombreux paramètres, allant du poids de l’appareil aux conditions climatiques. Le MD-11 de l’UPS avait clairement franchi la V1 et était donc contraint de décoller, en espérant que le pilote puisse le contrôler et rentrer rapidement au sol avec un atterrissage d’urgence.

La Vr, soit la vitesse de rotation, est celle à laquelle le pilote tire sur le manche et l’avant-train se décolle de la piste, quand une portance suffisante est générée pour permettre le décollage (on parle de vitesse de rotation, car l’aéronef commence à pivoter autour de son axe transversal). La V2, précise enfin le pilote allemand, est la “vitesse de sécurité au décollage”, c’est-à-dire celle minimale à laquelle l’appareil peut continuer à monter en toute sécurité même si l’un des moteurs ne fonctionne pas (il est essentiel de se rappeler que l’MD-11 en compte trois, deux sur les ailes et un à l’arrière). “C’est fondamental car cela garantit que l’appareil dispose de suffisamment de portance et de contrôle pour maintenir sa trajectoire de montée”, souligne l’expert dans la vidéo. Dans le cas de l’incident de Louisville, tous les principaux moteurs ayant été perdus, l’avion a heurté les pylônes des lignes électriques avant de s’écraser sur les bâtiments.