Le côté méconnu de l’infarctus chez les jeunes femmes : dans 50 % des cas, ce n’est pas dû à un blocage des artères

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Un nouvel éclairage sur les infarts chez les jeunes femmes révèle que près de la moitié d’entre eux ne sont pas dus à des obstructions artérielles, une découverte significative qui pourrait modifier les traitements actuels. Des études approfondies montrent que des facteurs divers, notamment hormonaux, jouent un rôle crucial.

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Environ la moitié des cas d’infarctus chez les jeunes femmes ne résultent pas de l’obstruction des artères, phénomène qui est, en revanche, majoritaire chez les hommes. Cette conclusion émane d’une étude significative récemment publiée dans le Journal of the American College of Cardiology. Cette statistique est capitale, car le fait de ne pas identifier les véritables causes d’un infarctus du myocarde peut conduire à des traitements inefficaces, voire nuisibles.

L’infarctus du myocarde est l’un des événements cardiovasculaires les plus courants et mortels au monde. Selon l’Istituto Superiore di Sanità (ISS), il s’agit d’une maladie grave se produisant lorsque le flux sanguin vers une partie du cœur s’interrompt soudainement, souvent à cause d’un caillot. Parmi les principaux déclencheurs de ces caillots sanguins ou thrombus, on trouve l’athérosclérose, une condition marquée par l’accumulation de graisses, de cellules inflammatoires, de calcium et d’autres éléments à l’intérieur des artères, qui deviennent rigides et moins élastiques.

Dans certaines conditions, ces plaques peuvent se rompre, engendrant des thrombus capables de bloquer le flux sanguin au cœur, déclenchant ainsi l’infarctus. Les symptômes incluent un douleur thoracique (qui peut irradier vers le cou, le dos et les bras), des sensations de serrement dans la poitrine, une faiblesse, un essoufflement, des vertiges, etc. Cela représente une urgence médicale, nécessitant une intervention rapide. L’ISS recommande, pour les individus non allergiques, de prendre une aspirine de 300 milligrammes en attendant les secours, car cela aide à fluidifier le sang.

Une équipe de recherche du Département de Médecine Cardiovasculaire de la Mayo Clinic, l’une des plus importantes organisations de santé aux États-Unis, a mis en évidence que près de 50 % des infarctus chez les jeunes femmes (et plus généralement chez les personnes de moins de 65 ans) ne sont pas causés par une obstruction des artères. Les chercheurs, dirigés par des experts, ont basé leurs conclusions sur une analyse statistique des données de plus de 4 000 événements de dommages myocardiques chez environ 2 800 patients sur une période de 15 ans, de 2003 à 2018. Dans 36 % des cas, il s’agissait de femmes. Pour 1 474 de ces événements, il a été déterminé que la cause était un infarctus du myocarde, dans 68 % des cas provoqué par des thrombus issus de plaques athérosclérotiques (athérotrombose).

En organisant les données par genre, les chercheurs ont découvert que, chez les femmes de moins de 65 ans, 53 % des cas d’infarctus du myocarde n’étaient pas dus à l’athérotrombose, mais à d’autres conditions : parmi elles, la dissection spontanée de l’artère coronaire (SCAD), les emboles et le vasospasme. La SCAD, qui consiste en l’ouverture rare d’une fissure dans l’artère coronaire, était une cause six fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Elle apparaît souvent lors de variations hormonales importantes et est davantage répandue entre 40 et 50 ans. L’anémie et les infections étaient la deuxième cause de mortalité après un infarctus, avec un taux de mortalité de 33 % cinq ans après l’événement. Seuls 3 % des infarctus enregistrés n’avaient pas de cause clairement identifiable par les médecins.

Cette recherche met en exergue les causes d’infarctus qui ont historiquement été peu reconnues, notamment chez les femmes. Un malentendu sur la cause principale d’un infarctus peut conduire à des traitements moins efficaces, voire nuisibles. La recherche souligne la nécessité de repenser notre approche face à ces cas dans cette population, notamment chez les jeunes femmes. Une prise de conscience par les médecins des conditions comme la SCAD, l’embolie et les facteurs de stress est essentielle. Les patients doivent également chercher de l’aide quand quelque chose ne va pas. Les détails de l’étude « Causes de l’infarctus du myocarde chez les jeunes patients : élévation de la troponine chez les personnes ≤65 ans dans le comté d’Olmsted » sont publiés dans le Journal of the American College of Cardiology.