Des chercheurs clarifient que les affirmations sur le lien entre le paracétamol pendant la grossesse et l’autisme ne reposent sur aucune preuve scientifique solide. Cette analyse souligne l’importance de se fier à des études rigoureuses plutôt qu’à des opinions pouvant engendrer des inquiétudes inutiles parmi les futures mamans.

Le pharmacologue Gianluca Trifirò de l’Université de Vérone clarifie que les preuves scientifiques ne démontrent aucun lien entre l’utilisation de paracétamol pendant la grossesse et le développement de l’autisme chez les enfants.
“Les affirmations de Donald Trump et Robert Kennedy Jr. ne sont pas soutenues par des preuves scientifiques reliant l’utilisation de paracétamol pendant la grossesse à l’autisme”, affirme le professeur Gianluca Trifirò, pharmacologue clinique et coordinateur du groupe de travail de pharmacovigilance de la Société Italienne de Pharmacologie (SIF), qui a expliqué pourquoi il ne partage pas les propos tenus par le Président des États-Unis pendant les funérailles de l’activiste Charlie Kirk.
“En disant avoir trouvé une explication à l’autisme, le président Trump désigne l’un des médicaments les plus utilisés et sûrs au monde, le paracétamol, commercialisé sous le nom de Tylenol aux États-Unis. Pourtant, la réalité est différente : globalement, les études scientifiques ne suggèrent pas une augmentation du risque d’autisme chez les enfants nés de mères ayant pris ce médicament pendant leur grossesse.”
En l’absence de preuves, pourquoi accuser le paracétamol ?
En général, les politiques ne devraient pas faire d’affirmations publiques sur la sécurité des médicaments, laissant cette responsabilité aux agences de régulation et aux experts, considérant l’énorme impact médiatique de telles déclarations.
Le président Trump et le secrétaire à la Santé Kennedy Jr. font référence à des études qui sembleraient indiquer des “associations fortes” entre l’utilisation de paracétamol pendant la grossesse et l’autisme, mais ces études concernent généralement un nombre limité de patients et, surtout, sont de mauvaise qualité.
Dans l’évaluation de la sécurité d’un médicament, ce qui compte, c’est l’ensemble des preuves, surtout celles issues d’études rigoureuses : ici, cette preuve montre l’absence d’association entre l’utilisation de paracétamol pendant la grossesse et l’autisme, comme l’affirment les principales sociétés scientifiques.
À quelles études précises fait-on référence ?
Nous ne pouvons ignorer l’une des plus grandes études épidémiologiques sur les médicaments, menée par des chercheurs du Karolinska Institutet à Stockholm en collaboration avec la Drexel University de Philadelphie : cette étude a examiné l’association entre l’utilisation de paracétamol pendant la grossesse et le risque d’autisme, de trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et de handicap intellectuel chez les enfants, en évaluant les données cliniques de près de 2,5 millions d’enfants nés en Suède entre 1995 et 2019, à partir des registres prénataux et des prescriptions de médicaments.
L’étude n’a trouvé aucun risque accru d’autisme chez les enfants nés de mères ayant pris du paracétamol pendant leur grossesse, prenant en compte de nombreux facteurs confondants, c’est-à-dire tous ces éléments pouvant fausser les résultats, grâce à une comparaison avec les frères et sœurs non exposés au paracétamol in utero.
De plus, une revue réalisée en 2019 par le Comité d’Évaluation des Risques en Pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) concernant les effets du paracétamol sur le développement neuro-évolutif des enfants dont les mères avaient pris du paracétamol pendant la grossesse a conclu que les preuves disponibles ne justifient pas de modifications des recommandations actuelles concernant son utilisation pendant cette période.
Le paracétamol est-il sûr pendant la grossesse ?
Oui, l’utilisation de paracétamol durant la grossesse est safe : il doit être pris en cas de fièvre, surtout si elle est très élevée, car la fièvre chez les femmes enceintes peut être dangereuse pour le fœtus. Toutefois, il est recommandé d’utiliser les doses les plus faibles et pour la durée la plus courte possible, toujours selon les recommandations du médecin traitant.
Quelle est la position officielle des autorités de régulation et de santé publique concernant le paracétamol ?
Les autorités sanitaires de plusieurs pays, y compris l’AIFA en Italie, affirment que le paracétamol est le médicament de première choix pendant la grossesse et l’allaitement lorsqu’un traitement médicamenteux est nécessaire pour la fièvre et la douleur.
Quel conseil donneriez-vous aux femmes enceintes qui lisent des nouvelles alarmantes sur le paracétamol et l’autisme ?
De toujours consulter leur médecin traitant pour toute incertitude et d’éviter l’automédication.
