Des bouteilles d’eau placées sur les murs attirent l’attention, mais leur présence cache une légende urbaine populaire. Cette croyance, qui prétend éloigner les chats des espaces intérieurs, fascine depuis des décennies, même si elle repose sur un mythe sans fondement scientifique.

Lors de vos promenades dans un village ou ailleurs, il est courant d’apercevoir des bouteilles d’eau délicatement posées contre les walls des bâtiments. Elles sont parfois inclinées devant les portes, fenêtres et vitrines, remplies à moitié ou presque jusqu’au bord. Ce phénomène intriguant passe souvent inaperçu, mais il a un sens précis pour ceux qui les installent. Si vous demandez pourquoi, vous pourriez être surpris par la réponse : « Elles servent à empêcher les chats de faire leurs besoins ». Cette stratégie fonctionne-t-elle et a-t-elle un fondement scientifique ? Absolument pas. C’est une légende urbaine née il y a plus de 40 ans, qui s’est répandue au point qu’il est désormais possible de voir ces bouteilles partout dans le monde, y compris dans les grandes villes.
Le docteur Andrea Bonifazi, écologue marin et vulgarisateur scientifique, explique l’origine de ce mythe. Selon les personnes qui placent les bouteilles, les jeux de lumière créés par la réfraction de la lumière du soleil perturberaient les chats, tandis que d’autres pensent que leur peur de l’eau les éloigne de leur pipi incommodant. Toutefois, plonger un chat dans l’eau n’est pas la même chose que de voir des bouteilles sur un mur.
Le docteur Bonifazi révèle que cette légende a commencé en 1980, quand un jardinier néo-zélandais nommé Eion Alexander Scarrow a affirmé que les chats (et même les chiens) urinent « là où une bouteille d’eau est roulée ». Plus tard, Eion a reconnu que c’était une blague, mais l’idée s’est si fortement ancrée dans l’esprit des gens qu’elle s’est répandue rapidement. Bonifazi a plaisanté sur le fait que la fake news avait pris une ampleur considérable, notamment au Japon, où elle est appelée nekoyoke, signifiant « répulsif pour chats », le terme neko désignant chat et yoke une barrière ou quelque chose qui éloigne.
Dans son post, Bonifazi souligne que cette légende est « innocente et folklorique » mais met en lumière à quel point des rumeurs peuvent facilement se répandre, avec parfois de graves conséquences. Il fait référence à une étude de The Lancet publiée en 1998 par le docteur Andrew Wakefield, suggérant un lien entre le vaccin MMR (rougeole, oreillons, rubéole) et l’autisme. Les données étaient non seulement insuffisantes mais aussi manipulées pour des intérêts personnels. L’étude a été retirée et Wakefield radié, mais le lien entre autisme et vaccins continue d’être évoqué sans preuves scientifiques.
