Des recherches récentes montrent que, face à des décisions difficiles, même au sein de cultures variées, les individus préfèrent souvent s’appuyer sur leur propre jugement. Cette tendance pourrait éclairer les malentendus interculturels et souligner l’importance des réflexions personnelles dans le processus décisionnel.

Lorsqu’il s’agit de prendre des décisions complexes, comme investir des économies ou changer d’emploi, on pourrait s’attendre à ce que chacun adopte des approches différentes, écoutant son instinct, réfléchissant méthodiquement ou sollicitant l’avis d’amis et de famille. Cependant, les résultats d’une étude internationale révèlent une autre dynamique.
Dans des contextes variés, les individus de cultures différentes agissent souvent de manière similaire, se fiant à leur propre jugement plutôt que de demander conseil. Cette étude, qui a impliqué plus de 3 500 personnes dans 12 pays, met en lumière une tendance générale : peu importe leur origine, la plupart des personnes prennent leurs décisions de manière autonome.
Les chercheurs ont observé que malgré des diversités culturelles marquées, les décisions les plus complexes sont généralement prises individuellement avec des approches d’auto-suffisance, comme l’intuition ou la réflexion personnelle, souvent jugées plus sages.
Ils déclarent : Notre étude représente le plus grand essai sur les préférences en matière de méthodes décisionnelles à travers différentes cultures. Comprendre qu’au sein des sociétés interconnectées, la majorité des gens préfèrent faire leurs propres choix, indépendamment des influences extérieures, peut aider à clarifier les malentendus interculturels, illustrant que chacun d’entre nous traverse des réflexions internes similaires.
Une conformité inattendue face aux décisions difficiles
Dans le monde entier, lors de choix difficiles, les individus choisissent souvent d’agir seuls, plutôt que de solliciter l’avis d’autrui. Même dans des sociétés où les décisions sont censées être communautaires, la majorité des choix importants résultent d’une décision personnelle et autonome.
Les chercheurs soulignent : Comprendre que cela se produit également dans les sociétés interdépendantes peut aider à éclaircir les malentendus interculturels et à montrer que nous partageons tous des réflexions similaires. Sachant que la plupart d’entre nous préfère agir seul, on comprend pourquoi nous ignorons souvent de bons conseils, qu’il s’agisse de santé ou de planification financière, et ce malgré les preuves croissantes de leur efficacité.
Selon le Dr Igor Grossmann, cette prise de conscience pourrait nous aider à mieux organiser le travail d’équipe, en tenant compte de cette tendance à l’autosuffisance, permettant aux collaborateurs de réfléchir seuls avant de partager des conseils qui pourraient être rejetés.
Les résultats de l’étude remettent en question l’idée que les Occidentaux se fient davantage à eux-mêmes, tandis que d’autres cultures comptent sur les avis d’autrui. Elle montre comment l’intuition et l’autoréflexion sont les approches les plus couramment adoptées, avec des variations selon le degré de valorisation de l’indépendance ou de l’interdépendance dans une culture.
Le professeur Grossmann déclare : Le message que nous souhaitons transmettre est que nous cherchons d’abord en nous-mêmes, mais les meilleures décisions émergent lorsque nos réflexions personnelles se partagent avec autrui. La culture influence la portée de nos choix, renforçant la voix intérieure dans les sociétés très indépendantes et atténuant cette voix dans celles plus interconnectées.
