L’impact du cancer dépasse le patient : les proches aidants portent le poids des inquiétudes et du stress

Illustration de MIA, l'IA pour la détection du cancer du sein

Un récent étude révèle l’impact émotionnel du cancer, non seulement sur les patients, mais aussi sur leurs proches. Les résultats mettent en évidence les préoccupations majeures des adultes face à un diagnostic, allant de l’espoir de survie aux effets secondaires, tout en soulignant l’importance d’un support psychologique adéquat.

Le diagnostic d’un cancer constitue un tournant majeur dans la vie des individus, entraînant des effets sur la santé mentale à court et à long terme. Une nouvelle recherche met en avant l’impact émotionnel de la maladie, non seulement sur les patients, mais également sur leurs proches.

Lintelligence artificielle a detecte un cancer que les medecins nont

Une étude menée par le Centre Oncologique de l’Université d’État de l’Ohio – The James Cancer Hospital and Solove Research Institute (OSUCCC – James) auprès de 1008 adultes américains âgés de 18 ans et plus met en lumière l’impact émotionnel généralisé du cancer.

L’objectif de cette recherche était d’explorer les préoccupations des adultes lorsqu’un proche est confronté à cette maladie.

La dépression et l’anxiété peuvent avoir des conséquences significatives sur la capacité du patient à suivre son traitement et à se rétablir complètement, ce qui influence la survie à long terme.

Il n’est pas rare que les patients attendent jusqu’à un an avant de consulter un psychiatre, selon leur lieu de résidence et leur couverture d’assurance. Les personnes en traitement contre le cancer ne peuvent pas se permettre d’attendre si longtemps, rendant un accès rapide à ces soins d’une importance cruciale.

Nous œuvrons pour combler ces manques dans le système de santé afin de mieux soutenir nos patients et leurs proches.

Kevin Johns, directeur du programme d’oncologie psychosociale du OSUCCC – James, précise que certaines études indiquent que les patients atteints de cancer sont jusqu’à cinq fois plus susceptibles de souffrir de dépression que la population générale, et que près de 42% des survivantes du cancer du sein souffrent d’anxiété.

Un diagnostic de cancer modifie la vie quotidienne des patients et peut entraîner des problèmes de santé mentale à long et à court terme. En effet, la routine est profondément chamboulée, marquée par des semaines ou des mois de consultations médicales.

La survie est une préoccupation majeure après un diagnostic de cancer

La récente étude a porté sur les principales craintes des proches d’un malade et a révélé que plus des trois quarts des adultes interrogés craignent principalement la survie (76%), le déroulement des traitements (69%) et la douleur (65%) concernant un proche atteint de cancer.

Parmi une large liste de préoccupations, les suivantes se démarquent :

  • Effets secondaires (55%);
  • Stresse familial (54%);
  • Deuil (49%);
  • Médicaments (42%);
  • Stress du soignant (34%);
  • Image corporelle (11%);
  • Aucune des précédentes (2%).

Selon Kevin Johns, « la complexité des préoccupations des soignants reflète les défis uniques que nous rencontrons en tant que communauté de santé mentale lorsqu’il s’agit de soutenir nos patients durant leur traitement, ainsi que dans leur ‘nouvelle normalité’ en tant que survivants du cancer ».

Médico de família

Puisqu’il s’agit d’un véritable parcours de vie, et comme tout voyage, celui-ci peut comporter des hauts et des bas majeurs qu’il est nécessaire de surmonter, il est essentiel d’aider les individus à prospérer au-delà du diagnostic par le biais de soins de santé mentale adaptés pour garantir une qualité de vie élevée.

De plus, l’enquête a révélé trois éléments principaux :

  • Les jeunes Américains âgés de 18 à 29 ans sont plus enclins que les autres tranches d’âge à signaler le deuil (66%) comme leur préoccupation majeure quand un membre de la famille est diagnostiqué avec un cancer.
  • Les jeunes adultes sont également plus susceptibles que les personnes âgées de 65 ans et plus de déclarer que leur préoccupation principale est l’image corporelle (18%).
  • Les Américains plus âgés sont plus susceptibles que les plus jeunes d’indiquer que le déroulement du traitement (74%) et le stress du soignant (37%) sont leurs principales inquiétudes lorsqu’un proche est diagnostiqué.

Avec son expertise, Johns souligne que la santé mentale est particulièrement complexe au sein de la population des survivants de cancer, car les défis peuvent se manifester de différentes manières selon les étapes de la maladie, du diagnostic au traitement, jusqu’au suivi après la survie.

Parmi les effets secondaires du cancer qui ne sont souvent pas abordés, mais qui peuvent être très perturbants pour les patients et leurs proches, on trouve :

  • Modifications cognitives;
  • Fatigue sévère;
  • « Brouillard cérébral » dû aux effets des traitements;
  • Symptômes similaires à ceux du stress post-traumatique;
  • Hallucinations et délire hospitalier.

Selon Johns, « si les patients ou leurs soignants ne sont pas informés de la possibilité de ces symptômes, cela peut générer une anxiété et une honte inutiles, d’où l’importance de préparer les patients et leurs proches en amont sur ce qui peut survenir ».