Une équipe de chercheurs explore la communication entre les baleines et les humains pour établir un lien qui pourrait éventuellement permettre de contacter des êtres d’autres mondes. Cette approche innovante pourrait ouvrir des voies fascinantes vers une interaction plus profonde avec notre environnement et son mystère.
Les baleines, une porte vers la communication avec des extraterrestres
Un chien aboie et un chat miaule pour se faire comprendre. Ils utilisent leurs yeux, leur corps et leurs gestes. La communication entre espèces est cruciale pour tisser des liens et assurer la survie, et certains estiment que les baleines souhaitent également interagir avec nous. Leur méthode ? Tracer de grands cercles dans l’eau pour observer nos réactions.
Les chercheurs cherchent à comprendre cette communication avec les baleines afin, un jour, de dialoguer avec des extraterrestres.
Imaginer une communication avec des êtres d’autres mondes
Depuis des décennies, la quête de contact avec des extraterrestres se poursuit. Bien que des possibilités existent, la complexité des échanges est un défi. Néanmoins, l’espoir est toujours là. En 2021, une équipe du SETI, de l’université de Californie à Davis et de la Fondation baleine de l’Alaska a lancé le projet Baleia-SETI. L’objectif est d’analyser les vocalisations des baleines à bosse pour identifier des schémas et envisager des moyens de communiquer entre espèces.
Breenda McCowan, l’une des chercheuses principales, a publié en 2023 un article détaillant un essai de contact. Elle a enregistré 20 minutes de sons sous-marins, puis les a analysés pour identifier des motifs susceptibles d’attirer les baleines. C’est ainsi qu’une femelle nommée Twain, âgée de 38 ans, s’est approchée à 100 mètres du bateau, répondant par sa propre ligne vocale.

Dans une séquence vidéo, Twain a échangé vocalement pendant 20 minutes, ajustant ses réponses en synchronisation avec les enregistrements. Cela a permis aux chercheurs de savoir quels segments de la bande sonore suscitaient le plus d’intérêt de la part de Twain, démontrant ainsi un comportement de conversation entre humains et baleine.
Une communication par cercles
Au fil des années, l’équipe a poursuivi ses échanges avec les baleines, découvrant bien plus que des simples sons. Fred Sharpe, co-auteur du premier article, mentionne que ces animaux sont extrêmement intelligents et disposent de systèmes sociaux sophistiqués, mais ils excellent également dans la création d’outils. Non pas sous la forme d’objets, mais sous la forme de vastes cercles de bulles.
Ces cercles représentent une stratégie de chasse élaborée, consistant à créer des anneaux de bulles pour piéger et capturer des poissons ainsi que du krill. Les baleines nagent en spirales montantes, libérant de l’air par leurs évents, créant ainsi des vortex visibles à la surface.
Cette approche leur permet de capturer de grandes quantités de proies sans la fatigue d’une poursuite. En effet, elles ouvrent la bouche et engloutissent une importante quantité de nourriture en une seule fois.

Cercles à partir de 12 épisodes. Images | (a) D. Knaub, (b) F. Nicklen, (c) D. Perrine, (d) W. Davis, (e) G. Flipse, (f) A. Henry, (g) M. Gaughan, (h) H. Romanchik, (i) D. Patton, (j) D. Perrine, (k) S. Istrup, (l) S. Hilbourne
Cette technique de chasse pourrait sembler être motivée par l’agressivité, mais une nouvelle découverte de l’équipe de McCowan change la donne. Dans une étude récente, les chercheurs présentent et analysent 12 épisodes distincts au cours desquels 11 baleines individuelles ont créé en tout 39 cercles avec pour objectif d’attirer notre attention.
Fred Sharpe souligne que les baleines semblent établir ces cercles dans une volonté ludique d’interagir ou simplement pour observer notre réaction. Jodi Frediani, une autre chercheuse, ajoute :
La majorité des baleines s’approchaient volontairement des bateaux et des nageurs, produisant ces cercles pendant ces moments.
Les chercheurs en viennent à la conclusion que, même si l’on pourrait penser qu’elles cherchent à se nourrir, leurs comportements n’indiquaient pas cela : durant la création du cercle, elles restaient immobiles, semblant attendre, sans comportements de chasse.

De plus, il n’y avait pas de proies à l’intérieur des cercles ni de comportements agressifs. En l’absence d’autres baleines et face à des humains, il semble évident qu’elles attendaient une réponse de notre part.
Nous croyons qu’il s’agit de la première interaction communicative entre humains et baleines à bosse dans leur propre « langage ».
Déclare Fred Sharpe. Au-delà de ce comportement fascinant, un autre chercheur, le Dr. Laurence Doyle, rappelle que l’objectif ultime est de contacter des extraterrestres.
Face aux limites technologiques actuelles, un principe fondamental dans la recherche d’intelligence extraterrestre est l’hypothèse selon laquelle ils seraient intéressés à établir un contact. Par conséquent, ils enverraient leurs signaux vers des récepteurs humains.
Affirme Sharpe.

En d’autres termes, nous serions les baleines aux yeux des extraterrestres désireux d’entrer en contact.
Cette hypothèse est clairement soutenue par le comportement observé des baleines à bosse.
Conclut Doyle. L’éventualité d’un contact avec des extraterrestres pourrait se réaliser, mais la complexité de l’univers rend cette recherche ardue. Toutefois, cette quête témoigne de notre capacité à dialoguer avec nos voisins les plus proches.