Nous avons réussi à réduire le trou de la couche d’ozone, pourquoi ne parvenons-nous pas à freiner la crise climatique ?

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Un récent rapport indique que le Protocole de Montréal a permis une réduction significative du trou dans la couche d’ozone. Ce succès soulève des questions sur notre capacité à faire face à d’autres enjeux environnementaux majeurs, comme les émissions de CO2, qui continuent d’augmenter malgré les efforts mondiaux.

Une nouvelle étude a révélé que le Protocole de Montréal a été efficace, entraînant un rétrécissement constant et progressif du trou dans la couche d’ozone, qui pourrait disparaître d’ici 2035. Face à la crise climatique actuelle, nous sommes face à une menace existentielle similaire, mais la dépendance aux combustibles fossiles persiste.

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Le 16 septembre 1987 reste une date marquante, reconnue comme une victoire pour la science et un exemple de coopération internationale. Ce jour-là, le Protocole de Montréal a été signé, visant à réduire de manière significative la production de chlorofluorocarbures (CFC) et autres substances similaires. Ces composés chimiques volatils, provenant de l’éthane, du méthane et du propane, avaient un impact environnemental sévère en étant utilisés dans divers produits tels que les réfrigérants, propulseurs et solvants.

Un accord international était crucial, menant à l’interdiction totale des CFC dans l’Union Européenne à partir du 1er janvier 2015, après des années de restrictions sévères. Ces gaz réagissent avec les molécules de l’ozone, causant ce qui est communément désigné comme le “trou de la couche d’ozone”. La couche d’ozone, située entre 15 et 35 kilomètres d’altitude dans la stratosphère, joue un rôle essentiel en protégeant la vie sur Terre en filtrant la majorité de la radiation ultraviolette (UV) du soleil, qui serait autrement mortelle pour les vivants. Il est important de noter qu’une étude récente a établi que deux importantes extinctions de masse (celles de l’Ordovicien il y a 445 millions d’années et du Devonien tardif il y a 372 millions d’années) auraient été causées par des supernovae dans notre galaxie, détruisant la couche d’ozone et laissant passer des radiations nocives.

Les scientifiques avaient déjà signalé il y a environ 50 ans que les CFC représentaient une menace pour la couche d’ozone. Ils ont expliqué que ces gaz d’origine humaine pouvaient atteindre la stratosphère et, par le libération de chlore, décomposer cette couche protectrice. Il a fallu une décennie pour que le problème du “trou de l’ozone” devienne une préoccupation urgente de sécurité publique. Certaines recherches ont révélé que le trou au-dessus de l’Antarctique continuait de s’agrandir chaque printemps, bien que d’autres zones se rétrécissaient. La cause était l’émission massive et continue de CFC.

Face à cette menace, les gouvernements ont décidé de signer le protocole visant à réduire drastiquement puis à interdire les composés responsables du trou de l’ozone. Les progrès réalisés sont indéniables, comme l’indique une étude récente coordonnée par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology publiée dans Nature. Près de 40 ans après la signature du protocole, l’équipe dirigée par le professeur Peidong Wang a noté une évolution des tendances saisonnières, montrant un rétrécissement permanent du trou de l’ozone, avec une fermeture potentielle au-dessus de l’Antarctique dès 2035.

Ce résultat issu du Protocole de Montréal est une avancée remarquable qui nous éloigne d’une grave menace pesant sur la vie sur Terre. Pourtant, pourquoi ne parvenons-nous pas à traiter le problème des émissions de CO2 (dioxyde de carbone) et des autres gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, qui continuent d’augmenter chaque année? En janvier 2025, les niveaux de dioxyde de carbone atteignaient 426,03 ppm (parties par million), contre 422,25 ppm en janvier de l’année précédente, malgré les promesses de réduction des émissions.

La situation empire continuellement et fait écho aux conditions ayant conduit au trou de l’ozone. Pour les scientifiques, la crise climatique reste la principale menace existentielle pour l’humanité, avec des conséquences multiples déjà visibles et à venir avec une hausse des températures supérieure à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. Parmi les impacts : l’élévation du niveau de la mer menaçant de submerger des villes côtières, sécheresses extrêmes, incendies dévastateurs, famines dues à des récoltes en déclin, perte de biodiversité (actuellement en cours de s’estinction de masse), vagues de chaleur plus fréquentes, propagation de maladies tropicales, et migrations massives causées par la recherche de ressources, entraînant des conflits globaux. Certains chercheurs prévoient d’ailleurs la fin de notre civilisation tel que nous la connaissons autour de 2050.

Face à cette catastrophe imminente, pourquoi ne réagissons-nous pas comme pour le trou de l’ozone, dont la fermeture proche est un réel exemple de collaboration mondiale? Les raisons sont diverses, notamment liées au fait que, contrairement aux CFC, « facilement » remplaçables par des alternatives sûres, les combustibles fossiles sont des piliers de l’économie mondiale. Bien que les sources d’énergie renouvelables se développent, le gaz naturel, le pétrole et le charbon restent essentiels pour la productivité. Remplacer des infrastructures entières basées sur ces énergies nécessite d’énormes investissements et du temps, des éléments que certaines entreprises ne sont pas prêtes à engager à la vitesse requise pour éviter les effets les plus dévastateurs de la crise climatique.

Les conséquences de potentiels efforts drastiques pour réduire le CO2 ne seraient pas immédiates et donc moins attrayantes pour les décideurs chargés de pousser des législations et des campagnes électorales, rendant d’autant plus complexe une situation où les intérêts économiques de grandes entreprises sont en jeu. Cependant, des avancées ont été réalisées, mais la conjoncture géopolitique internationale et l’élection de dirigeants adoptant ouvertement des politiques contre l’environnement semblent écarter la possibilité d’un nouveau protocole de Montréal dédié au climat. Le risque croissant prévu par les scientifiques ne fait qu’approcher.