Une récente étude révèle qu’un objectif quotidien de 3.600 pas peut réduire le risque d’insuffisance cardiaque de 26 % chez les femmes de plus de 60 ans, marquant une avancée significative dans la compréhension des besoins d’activité physique préventive pour cette tranche d’âge.
Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique JAMA Cardiology indique qu’en moyenne, seulement 3 600 pas par jour à un rythme normal peuvent réduire de 26 % le risque d’insuffisance cardiaque chez les femmes de plus de 60 ans, qui sont les plus touchées par cette affection.

Lorsqu’il s’agit du nombre de pas à réaliser pour rester en bonne santé, il est fréquent de penser à un minimum de 10 000 pas par jour, un objectif qui peut s’avérer difficile à atteindre, notamment pour les personnes ayant un mode de vie sédentaire ou des problèmes de santé limitant leur capacité à marcher. Toutefois, il est important de souligner que la recommandation des 10 000 pas est une directive générale qui ne prend pas en compte les différences individuelles telles que l’âge, la condition physique ou les besoins spécifiques des individus. En effet, il a été établi que, chez les femmes de plus de 60 ans, une moyenne de 3 600 pas par jour peut suffire à protéger le cœur, comme le montre une étude récente de l’Initiative pour la santé des femmes (WHI), l’une des plus vastes enquêtes jamais réalisées sur la santé féminine.
L’analyse publiée dans JAMA Cardiology souligne que chez les femmes de plus de 60 ans, atteindre environ 3 600 pas par jour est associé à une réduction de 26 % du risque d’insuffisance cardiaque, une condition développée plus fréquemment par les femmes âgées que par les hommes, souvent sous la forme d’une insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée. Dans cette condition, le cœur ne se relâche pas normalement après la contraction, ce qui nuit à sa capacité à se remplir de sang, bien que la fraction d’éjection (la quantité de sang expulsée par le cœur à chaque contraction) demeure normale.
Plus généralement, l’activité physique a démontré sa capacité à diminuer le risque d’insuffisance cardiaque, avec une réduction moyenne respectivement de 12 % et 16 % du risque de développer cette condition pour chaque 70 minutes par jour consacrées à une activité légère et pour chaque 30 minutes par jour consacrées à une activité de modérée à intense. À l’inverse, chaque heure et demie de sédentarité était associée à une augmentation de 17 % du risque d’insuffisance cardiaque.
Quand 3 600 pas par jour protègent le cœur
Pour les femmes de plus de 60 ans, une moyenne de 3 600 pas par jour à un rythme normal peut suffire à diminuer le risque d’insuffisance cardiaque.
“Atteindre cet objectif pourrait être un but raisonnable”, précisent les auteurs de la recherche, qui ont spécifiquement examiné l’activité physique et le temps de sédentarité d’environ 6 000 femmes âgées de 63 à 99 ans. Pendant une semaine, ces participantes ont porté un accéléromètre. Sur la base de ces données, et après un suivi moyen d’environ 7,5 ans, les chercheurs ont pris en compte les diagnostics d’insuffisance cardiaque.
“De plus grandes quantités d’activité quotidienne d’intensité légère et modérée, comme les tâches ménagères, marcher à un rythme normal, monter des escaliers ou jardiner, sont associées à un risque plus faible de développer une insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée, indépendamment des facteurs démographiques et cliniques liés au risque d’insuffisance cardiaqueTrois mille pas par jour correspondent à la quantité d’activité quotidienne observée chez les femmes de cette étude.”
L’analyse a révélé que le risque d’insuffisance cardiaque diminuait significativement à partir d’environ 2 500 pas par jour, et qu’en général, environ 3 600 pas par jour entraînaient une réduction du risque de 25 à 30 % d’insuffisance cardiaque, y compris l’insuffisance avec fraction d’éjection préservée.
“Nos résultats montrent qu’après 60 ans, la prévention de l’insuffisance cardiaque chez les femmes pourrait être améliorée en marchant environ 3 000 pas par jour à un rythme habituel,” a ajouté LaMonte. C’est une donnée très intéressante qui pourrait être intégrée dans les futures directives de santé publique.
