Des fouilles récentes en Ouzbékistan révèlent que des bijoux datés de plus de 2000 ans ont été fabriqués avec des techniques de perçage avancées, auparavant jugées impossibles pour l’époque. Cette découverte remet en question nos connaissances sur les capacités technologiques des civilisations anciennes.
Des archéologues ont identifié en Ouzbékistan un ensemble de bijoux vieux de plus de 2 000 ans, marqués par des perforations réalisées avec des outils d’une dureté remarquable. Cette découverte remet en question les idées reçues sur le développement technologique dans l’Antiquité et indique que cette pratique était potentiellement courante, contrairement à ce que l’on croyait jusqu’à présent.
Les recherches ont été menées dans le cimetière de Rabat, un site funéraire actif entre le IIe siècle avant J.-C. et le Ier siècle après J.-C., qui était lié à la culture Yuezhi.
Dans l’étude de 51 perles en cornaline, agate et grenat, des traces de perforations effectuées avec des outils en diamant ont été constatées, un fait étonnant pour cette époque.
Les chercheurs ont utilisé la microscopie électronique pour examiner les orifices des pièces, détectant une méthode de perçage en deux étapes. Dans la première étape, une perceuse dotée d’un seul diamant à son extrémité a été utilisée pour commencer le trou; lors de la seconde étape, un outil avec deux diamants en position symétrique a permis de finaliser le travail avec une plus grande précision.
Une technique de perçage encore utilisée aujourd’hui
Ce procédé ressemble à celui observé sur des perles en Tanzanie, bien que celles-ci aient été élaborées plusieurs siècles plus tard.
Cette découverte laisse entendre que l’usage des outils en diamant ne se limitait pas à la vallée de l’Indus, où des techniques similaires avaient déjà été documentées durant l’âge du bronze.
Les différences notées dans la technique de perçage par rapport à celles de la vallée de l’Indus suggèrent que ces bijoux pourraient avoir été produits localement plutôt qu’importés d’Inde ou du Pakistan, comme on le pensait autrefois. Toutefois, jusqu’à présent, aucune atelier ou outil confirmant cette hypothèse n’a été trouvé dans la région.
Le rapport, publié dans la revue Archaeological and Anthropological Sciences (DOI:10.1017/S0261340900013345), soulève de nouvelles questions sur la sophistication technologique dans l’Antiquité et l’éventuelle existence de réseaux de connaissances plus étendus que ce que l’on pensait.
Il est certain que cette technique a perduré jusqu’à notre époque.
