Le secret des requins du Groenland : comment ils vivent des siècles sans jamais développer de cancer

Lo squalo della Groenlandia (Somniosus microcephalus) vive molto più a lungo di altri squali, con una durata della vita stimata in circa 400 anni / Photo WIkipedia/Hemming1952

Découvrez les mystères fascinants des requins du Groenland, qui peuvent vivre plus de 400 ans. Leur longévité exceptionnelle pourrait être liée à des gènes uniques jouant un rôle clé dans le système immunitaire, offrant un aperçu des mécanismes biologiques qui pourraient antiéresser la recherche sur le vieillissement et le cancer.

Les requins du Groenland (Somniosus microcephalus) sont d’étranges créatures qui errent dans les eaux glaciales de l’Atlantique Nord et de l’Océan Arctique, vivant beaucoup plus longtemps que les autres requins. Ces animaux difficilement observables sont considérés comme les vertébrés les plus vieux de la planète, avec une espérance de vie pouvant dépasser 400 ans, mais le secret de leur longévité reste encore en partie mystérieux. Pendant longtemps, les scientifiques ont pensé que cela était dû à leur habitat froid ou à leur métabolisme lent, mais les facteurs expliquant l’extraordinaire longévité de cette espèce semblent être bien plus complexes.

Des chercheurs au Japon qui examinent l’ADN des requins du Groenland ont découvert que leur génome contient beaucoup plus de copies de trois familles de gènes spécifiques (TNF, TLR, LRRFIP) par rapport à d’autres requins ayant une vie plus courte : ces gènes pourraient aider à expliquer comment ces requins vivent pendant des siècles sans souvent développer de cancer. Leurs découvertes ont été détaillées dans une nouvelle étude publiée en préimpression sur BioRxiv.

Cette analyse génomique – indiquent les chercheurs, dirigés par Kaiqiao Yang de l’Université de Tokyo – fournit de nouvelles perspectives sur la base moléculaire de l’exceptionnelle longévité du requin du Groenland, mettant en avant des mécanismes génétiques potentiels qui pourraient orienter la recherche future”.

Pourquoi les requins du Groenland vivent-ils des siècles sans développer de cancer ?

Les requins du Groenland (Somniosus microcephalus), connus pour leur longévité remarquable, possèdent un secret génétique à l’origine de l’impressionnante durée de leur vie : ces requins ont un nombre de copies de trois familles de gènes spécifiques (TNF, TLR, LRRFIP) significativement plus élevé que d’autres espèces de requins à vie plus courte.

Ces gènes sont impliqués dans l’activation d’une voie de signalisation médiée par le facteur de transcription NF-kB, une protéine clé pour le système immunitaire, régulant de nombreux aspects de l’immunité et servant également de médiateur des réponses inflammatoires, jouant un rôle critique dans la régulation de la survie des cellules immunitaires.

Lorsque cette voie de signalisation est interrompue, les agents pathogènes et les cellules tumorales peuvent prospérer, ce qui démontre son rôle dans les mécanismes de suppression des tumeurs. “Les réponses immunitaires, l’inflammation et la formation de tumeurs influencent significativement le vieillissement et la durée de vie, l’augmentation des gènes impliqués dans l’activation de la voie de signalisation NF-κB pourrait être liée à la longévité du requin du Groenland”, expliquent les chercheurs.

Les requins du Groenland ne sont pas les seules créatures marines à avoir plus de copies de gènes impliqués dans la voie de signalisation NF-κB : le oursin rouge (Mesocentrotus franciscanus), qui peut vivre plus de 100 ans, présente également de multiples copies de gènes associés à ce chemin.

Un autre indice qui pourrait expliquer la longévité des requins du Groenland a récemment été trouvé par une autre équipe de chercheurs, qui a identifié plus de copies de 81 gènes impliqués dans la réparation de l’ADN : en particulier, les chercheurs ont découvert que les requins du Groenland possèdent une variante du gène TP53, qui aide à réparer l’ADN, le protégeant de l’accumulation de mutations potentiellement nuisibles. Ces résultats, publiés en préimpression en septembre, suggèrent que la présence de variations spécifiques dans le gène TP53 pourrait également contribuer à la longévité de l’espèce.