Un nouveau regard sur l’impact des microplastiques pourrait bouleverser notre compréhension de la santé humaine. Un groupe de scientifiques a récemment révélé la présence de ces particules dans le cerveau, soulevant des questions préoccupantes quant à leurs effets potentiels sur notre système neurologique.
Les microplastiques ont déjà été détectés dans nos poumons et notre sang, ainsi que dans l’eau en bouteille. Une nouvelle étude suggère désormais qu’ils pourraient infiltrer le cerveau.

Une équipe internationale de chercheurs a analysé les bulbes olfactifs, qui sont des masses de tissu cérébral recevant les informations olfactives du nez, de 15 personnes décédées. Ils ont trouvé des microplastiques dans huit d’entre eux.
Les chercheurs avaient déjà découvert des microplastiques dans des caillots sanguins au niveau cérébral, mais c’est la première étude publiée à avoir détecté ce matériel dans le tissu cérébral lui-même. Une autre recherche similaire est actuellement en cours de révision par des pairs.
Bien que des microplastiques aient été décelés dans divers tissus humains, leur présence dans le cerveau humain n’avait pas été documentée, soulevant des questions importantes sur les effets neurotoxiques potentiels et sur les mécanismes par lesquels les microplastiques pourraient atteindre les tissus cérébraux.
Écrivent les chercheurs dans l’article publié, selon Science Alert.

Microphotographie de nylon trouvé dans un tissu de bulbe olfactif (Amato-Lourenço et al., JAMA Network Open, 2024)
Impact des microplastiques sur le cerveau humain encore inconnu
Les chercheurs notent que les particules et les fibres étaient les formes les plus courantes, le polypropylène étant le polymère le plus fréquemment retrouvé : c’est l’un des plastiques les plus utilisés, trouvé dans tout, des emballages aux pièces automobiles et dispositifs médicaux.
Les tailles des particles variaient entre 5,5 micromètres et 26,4 micromètres, soit pas plus d’un quart de la largeur d’un cheveu humain moyen.

Des recherches antérieures ont découvert que les particules de pollution atmosphérique empruntent la voie olfactive. Cet ultime étude suggère que les microplastiques pourraient utiliser cette même voie pour rejoindre le cerveau, à travers de petites ouvertures dans la plaque cribriforme (juste en dessous du bulbe olfactif).
L’identification des microplastiques dans le nez et désormais dans le bulbe olfactif, ainsi que les voies anatomiques vulnérables, renforce l’idée que la voie olfactive constitue un point d’entrée important pour les particules exogènes dans le cerveau.
D’après les spécialistes, le lien entre la pollution de l’air et les problèmes cognitifs est déjà bien établi. Si des microplastiques s’introduisent dans nos voies nasales, la situation pourrait s’aggraver.
Certaines maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson, semblent avoir un lien avec des anomalies nasales comme symptômes précoces.
Malgré ces risques et impacts sur la santé, la production de plastique a doublé au cours des 20 dernières années, suscitant des inquiétudes pour l’avenir de la santé humaine.
