Le gouvernement français a présenté, hier mercredi, un projet de loi permettant aux adultes atteints de cancer en phase terminale ou d’une autre maladie incurable de prendre des médicaments létaux.

Après la promesse d’Emmanuel Macron et après un rapport l’année dernière indiquant que la majorité des citoyens français soutiendraient la légalisation, le gouvernement français a présenté hier un projet de loi permettant aux adultes atteints d’un cancer en phase terminale ou d’une autre maladie incurable de prendre des médicaments létaux.
Selon la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, lors d’une réunion du Conseil des ministres, les patients doivent avoir plus de 18 ans et être citoyens français ou résider en France. De plus, ils doivent faire une demande de médicaments létaux et la confirmer après une période de réflexion.

Par ailleurs, une équipe de professionnels de la santé devra confirmer que le patient remplit trois conditions:
- Il a une maladie grave et incurable;
- Il souffre de douleurs intolérables et intraitables;
- Il cherche à obtenir la médication létale de sa propre volonté.
Cependant, les personnes atteintes de maladies psychiatriques graves et de maladies neuro-dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer ne pourront pas avoir recours au médicament létal.
Si la demande de médicament létal est approuvée, un médecin remettra au patient une ordonnance, valable trois mois, pour le médicament létal. Celui-ci pourra être pris à domicile, dans une maison de retraite ou dans un centre de santé. Si le patient ne peut pas l’administrer lui-même en raison d’une limitation physique, il pourra être aidé par une personne de son choix, un médecin ou une infirmière.

Catherine Vautrin, ministre de la Santé de la France
La ministre a également révélé que le projet de loi comprendra une clause de conscience, selon laquelle un professionnel de la santé ne sera jamais obligé d’aider un patient à décider du médicament létal.
Aide à mourir : « il y a dans le texte un article sur la clause de conscience. Un médecin qui ne souhaite pas pratiquer l’aide à mourir ne sera jamais obligé ». @CaVautrin, invitée de @Caroline_Roux dans #cdanslair pic.twitter.com/RzS8ZAANfC
— C dans l’air (@Cdanslair) 10 avril 2024
Avec le débat au Parlement français comme prochaine étape pour le projet de loi, la ministre de la Santé du pays a appelé à l’écoute et à l’humilité, car il s’agit d’un sujet sensible, et elle a demandé « le respect de la liberté de conscience de chacun d’entre nous ».
Selon les informations compilées par DECO PROTeste, les pays suivants en Europe autorisent également la pratique de l’euthanasie : la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Suisse. En plus de ceux-ci, les États américains de l’Oregon, du Vermont, de la Californie et de Washington, ainsi que le Canada, l’Uruguay et la Colombie.
Morts assistées par drogue au Portugal
Au Portugal, la loi sur l’euthanasie a été adoptée en mai 2023, l’Assemblée de la République ayant confirmé le 12 mai la nouvelle version du projet de loi sur la mort assistée par les médicaments. Cependant, le pays attend toujours la réglementation de la loi. Celle-ci n’entrera en vigueur que 30 jours après sa publication.
La loi sur l’euthanasie au Portugal précise le concept de souffrance intense, de blessure définitive d’une gravité extrême et de maladie grave et incurable. De plus, la mort assistée par les médicaments ne peut être réalisée que de l’une des manières suivantes :
- Suicide médicalement assisté : lorsque le patient s’administre lui-même des médicaments létaux, bien que sous la supervision d’un médecin;
- Euthanasie : lorsque les médicaments létaux sont administrés par un médecin ou un professionnel de la santé habilité à cet effet.
Il convient de souligner que la mort assistée par les médicaments ne peut être pratiquée par euthanasie que si le suicide médicalement assisté n’est pas possible en raison de l’incapacité physique du patient.

La mort assistée médicalement est décidée par la personne elle-même, majeure, de nationalité portugaise ou résidant légalement sur le territoire national. Cette personne doit être en situation de souffrance intense, avec une blessure définitive de gravité extrême ou une maladie grave et incurable – des concepts clairement définis par la loi.
Comme dans d’autres pays où la loi est applicable, le processus d’autorisation est complexe et implique une longue procédure bureaucratique.