Une image illustre un couloir de prison
Un Canadien a été condamné à trente-trois ans de prison. Il avait reconnu sa culpabilité dans une affaire de chantage sexuel en ligne qui a visé plus de 145 enfants aux États-Unis. Les faits se sont déroulés sur huit ans et certaines victimes n’avaient que six ans.
Ramanan Pathmanathan, âgé de quarante ans, a plaidé coupable le 30 janvier dernier. Il était poursuivi pour un chef d’accusation de contrainte et de sollicitation d’un mineur, ainsi que pour un chef de production de pornographie juvénile.
En plus de sa peine d’emprisonnement, l’homme devra s’inscrire comme délinquant sexuel. Une période de liberté surveillée de dix ans a également été prononcée. Il purge déjà une peine de douze ans au Canada, où il avait plaidé coupable pour des infractions similaires en 2022.
Le chantage sexuel, ou sextorsion, est une forme de cyberchantage. Les criminels menacent leurs cibles de diffuser publiquement des images ou des vidéos explicites qu’ils ont obtenues. Ce matériel peut provenir d’une manipulation de la victime ou avoir été volé par piratage. Les auteurs exigent parfois une rançon pour ne pas divulguer le contenu.
Fréquemment, les images utilisées pour ce chantage sont fausses et ne servent qu’à faire pression. Mais dans ce cas, selon les documents judiciaires, Pathmanathan a bien enregistré ses victimes. Il utilisait de faux comptes sur Instagram et Facebook Messenger pour capturer des actes sexuels.
L’homme a contacté au moins 145 jeunes victimes entre mars 2014 et son arrestation, le 10 mars 2021. Il se faisait passer pour un adolescent du New Jersey.
Au cours de ce système de chantage, il a exigé que les victimes adoptent un comportement sexuellement explicite lors d’appels vidéo. Il les menaçait d’envoyer les enregistrements à leurs proches si elles refusaient ou bloquaient ses comptes.
Le ministère américain de la Justice a précisé les faits. Pathmanathan ordonnait aux mineurs de se comporter de manière sexuelle pendant les chats vidéo. Il leur demandait de montrer leurs parties génitales, ou d’accomplir des actes sexuels avec des chiens, des frères, des sœurs ou d’autres membres de leur famille. Dans presque tous les appels, il envoyait aux enfants des images d’adultes en train d’accomplir des actes sexuels, pour leur montrer ce qu’il fallait faire.
Pathmanathan enregistrait le comportement sexuellement explicite de ses victimes et conservait les fichiers sur son ordinateur. Certaines victimes n’avaient que six ans. Quand les mineurs refusaient de continuer ou bloquaient ses comptes sur les réseaux sociaux, il menaçait d’envoyer les images à leurs amis ou à leur famille.
En septembre 2021, le FBI avait déjà alerté sur une augmentation massive des plaintes pour chantage sexuel. L’agence recommande à toute personne qui reçoit de telles menaces de cesser immédiatement tout contact avec le criminel, de contacter les forces de l’ordre et de déposer plainte au plus vite.
