Désastre environnemental à Tobago, où le renversement d’une barge a entraîné la perte de 35 000 barils de pétrole dans la mer des Caraïbes. La marée noire, comme le montrent les images satellites de Copernicus, a créé un long serpent vers l’ouest et menace également le Venezuela. Selon les dernières observations, il mesure près de 300 kilomètres.
La langue de pétrole qui s’échappe de la barge. Crédit : Copernicus
Au cours des derniers jours, une barge s’est renversée près de la magnifique côte de l’île de Tobago, dans la mer des Caraïbes, provoquant une fuite catastrophique de pétrole. L’incident, encore mystérieux à bien des égards, a immédiatement attiré l’attention du satellite Sentinel-1 de Copernicus, la mission conjointe de la Commission européenne et de l’Agence spatiale européenne (ESA). Après quelques jours d’analyse, une animation a été publiée montrant l’évolution de la tache noire, devenue une monstrueuse langue de pétrole mesurant près de 300 kilomètres. En effet, selon les données de Copernicus, mises à jour le mercredi 14 février à 23h18 heure italienne, sa longueur dépassait les 160 kilomètres. Cependant, selon l’agence de gestion des urgences de Tobago (TEMA), qui fait face à l’urgence avec l’Institut des affaires marines (IMA) et le Bureau de la préparation et de la gestion des catastrophes (ODPM), la donnée la plus récente indique une longueur de 278 kilomètres.
La nappe de pétrole s’est déplacée vers l’ouest depuis la côte de Tobago (la plus petite des deux îles de Trinité-et-Tobago) jusqu’à menacer l’île de Grenade. Le risque est qu’elle atteigne également le littoral du Venezuela. Il y a quelques jours, selon les autorités locales, la tache se déplaçait au cœur de la mer des Caraïbes à une vitesse de 14 kilomètres par heure. Jusqu’à présent, les principaux dégâts de la fuite ont été observés à Tobago, où des volontaires ont réussi à retirer de l’eau environ 2 000 barils de pétrole. Selon des responsables de Tobago cités par Reuters, le nombre de barils déversés serait de 35 000, ce qui explique l’énorme serpent noir. La situation s’améliore, mais il n’est pas exclu d’élever le niveau d’urgence national à 3, ce qui permettrait au gouvernement de Trinité-et-Tobago de demander de l’aide aux États étrangers. En raison de l’impact sur les luxuriantes plages tropicales, de nombreux complexes hôteliers et terrains de golf ont dû fermer l’accès à l’océan. Le port de Scarborough, spécialisé dans l’accueil des immenses navires de croisière remplis de touristes, a également été menacé par le pétrole et de nombreuses barrières de confinement ont été installées pour empêcher la marée noire de l’envahir.
Crédit : Copernicus
Comme indiqué, l’incident est encore entouré de mystère. La barge renversée était remorquée et, selon le gouvernement local, arborait le pavillon panaméen et se dirigeait vers la Guyane. Cependant, comme l’a précisé Reuters, « le service de surveillance TankerTrackers.com a déclaré que la combinaison barge-remorqueur avait été vue sur des photos satellites près de la raffinerie vénézuélienne de Puerto La Cruz fin janvier et se dirigeait vers Saint-Vincent-et-Grenadines quelques jours avant la fuite ». Le sort de l’équipage de la barge est également inconnu. Ce qui est certain, c’est que le navire s’est renversé devant la côte de Tobago, menaçant le tourisme mais aussi la pêche, principale source de revenus pour de nombreux habitants de l’État insulaire. Comme toujours, la faune sauvage est la plus touchée en raison de la contamination de l’environnement naturel. Le pétrole ingéré ou inhalé peut empoisonner et tuer les animaux, et il peut également imprégner les plumes des oiseaux les empêchant de voler. Bien que la situation s’améliore, selon les responsables locaux, il faudra encore des semaines pour mettre fin à l’urgence.
