Xiaomi a décidé de retirer plus de 116 000 unités de son modèle électrique SU7 suite à un accident mortel, mettant en lumière des problèmes critiques liés à son logiciel d’assistance à la conduite. Cette décision pourrait influencer le marché, tout en reflétant la détermination de l’entreprise à garantir la sécurité des conducteurs.
La marque chinoise retire du marché plus de 116 000 berlines électriques en raison de défauts logiciels après un accident mortel en mars

Xiaomi entreprend la révision de plus de 116 000 unités de son sedan électrique SU7 après avoir identifié des erreurs dans le logiciel d’assistance à la conduite. Cette initiative fait suite à un accident tragique qui a eu lieu en mars, révélant des problèmes significatifs dans les véhicules produits entre février 2024 et août 2025.
La Commission nationale de régulation du marché en Chine a confirmé que le système rencontre des erreurs de reconnaissance et peut échouer dans certaines situations de conduite, comme rapporté par le South China Morning Post. Xiaomi corrigera cette situation grâce à une mise à jour OTA.
L’accident qui a causé la révision

Le problème est survenu suite à un accident en mars dans la province d’Anhui, entraînant la mort de trois individus. Le système a averti seulement deux secondes avant la collision avec une barrière à grande vitesse. Ce délai est clairement insuffisant pour permettre une réaction adéquate. Cet événement a mis en lumière la fiabilité des systèmes d’assistance L2 souvent mis en avant.
Un problème fondamental réside dans le fait que la majorité des systèmes d’assistance en Chine sont de niveau L2 ou L2+, qui, par définition, exigent que le conducteur garde les mains sur le volant en permanence. Pourtant, de nombreuses marques présentent ces technologies comme presque autonomes, créant une illusion de sécurité pour les usagers de la route.
Chen Jinzhu, PDG de la société de conseil Shanghai Mingliang Auto Service, estime que même si cette révision pourrait ralentir les ventes, elle démontre que Xiaomi prend les enjeux de sécurité au sérieux. Les actions n’ont chuté que de 0,3% à la suite de cette annonce, se clôturant à 56,70 dollars hongkongais, ce qui indique que le marché ne perçoit pas cela comme un problème majeur.
Les autorités chinoises ont renforcé les contrôles à la suite de ces incidents. En avril, le ministère de l’Industrie a commencé à surveiller de manière plus stricte les essais sur route et a interdit la publicité trompeuse concernant les véritables capacités de ces systèmes. Pékin ne permet toujours pas l’utilisation commerciale des systèmes L3, considérés comme « mains libres », tout en exigeant une supervision humaine.

Le SU7 est le premier véhicule de Xiaomi, visant directement le Tesla Model 3 de Shanghai. La société a pénétré le marché automobile il y a quatre ans et a déjà livré 305 055 unités jusqu’en juillet 2025. Ces chiffres sont respectables pour un nouvel arrivant dans un marché aussi compétitif que celui de la Chine.
De fait, le succès de Xiaomi dans le secteur automobile est indéniable. Son deuxième modèle, le SUV YU7, a reçu 200 000 réservations en trois minutes lors de l’ouverture des précommandes en juin. Ce chiffre est monté à 240 000 en 18 heures, une performance que peu de fabricants parviennent à réaliser en Chine, où vendre 10 000 unités par mois est déjà considéré comme une réussite.
Xiaomi prépare une version allongée du SU7, ajoutant 20 centimètres de longueur pour atteindre près de 5,2 mètres, ciblant le segment premium avec une recharge rapide de 800 volts, afin de rivaliser avec les berlines de luxe allemandes. La société travaille également sur son troisième modèle, le SUV YU9, un véritable mastodonte de plus de 5,3 mètres de long, pouvant accueillir sept passagers, et équipé d’un système hybride innovant promettant jusqu’à 1 500 kilomètres d’autonomie grâce à un générateur fossile auxiliaire.
Cette révision massive marque un tournant pour l’industrie chinoise de la voiture électrique. La transparence de Xiaomi en reconnaissant et en corrigeant ces défauts de manière publique pourrait établir un précédent favorable dans un secteur où la confiance des utilisateurs est cruciale pour l’acceptation des technologies d’assistance à la conduite.
