Un conducteur a réussi à annuler une amende de 200 euros pour utilisation du téléphone au volant, illustrant la nécessité de preuves tangibles face aux accusations. Bien que cela ne change pas la gravité de l’infraction, cet événement met en lumière les droits des usagers et les standards de la justice.
Il peut sembler incroyable, mais dans certaines circonstances, il est possible de contester une amende pour utilisation du mobile lors de la conduite. Cela ne signifie pas que c’est légal, car ce n’est pas le cas, mais l’administration doit fournir des preuves solides pour appuyer son accusation. C’est ce qu’a vécu un conducteur le mois dernier.
Récemment, via Infobae, on a appris qu’un tribunal à Madrid a annulé l’amende de 200 euros infligée à un conducteur imprudent surpris avec son mobile alors qu’il circulait en ville. Cela veut-il dire que les amendes ne seront plus distribuées ? Pas du tout, l’utilisation du téléphone au volant reste une infraction grave, dangereuse et irresponsable, sévèrement punie par la loi. En effet, simplement tenir un téléphone en conduisant entraîne une amende de 200 euros et la perte de 6 points de permis.
Comment l’amende a-t-elle été annulée ?
L’explication se trouve dans la décision du Juzgado de lo Contencioso-Administrativo numéro 15 de Madrid.
Tout a commencé avec une amende de 200 euros infligée par la Direction Générale de la Circulation à un citoyen pour présumée utilisation de son téléphone au volant. Selon les agents, le conducteur tenait son mobile en circulant. Après avoir payé l’amende, l’accusé a fait appel, soutenant qu’il n’avait commis aucune infraction.

Le juge a validé sa demande, notant dans son verdict du 26 mai qu’il n’existait pas de preuves concluantes que le mobile était utilisé. Le principe de présomption d’innocence a été invoqué, concluant qu’une déclaration d’agent ne suffit pas sans preuves objectives. La clé réside ici, dans le manque de preuves déterminant que l’utilisateur utilisait bien le mobile.
Mais la parole de l’autorité n’a-t-elle pas plus de poids que celle de l’infracteur ? En réalité, même si l’on pourrait le penser, ce n’est pas le cas. En France, les rapports des agents de police ont une valeur probante, mais cela ne signifie pas qu’ils sont indiscutables, et ce sont les preuves qui décident de l’issue d’une affaire.
C’est ce qui a conduit le juge à annuler l’amende pour conduite avec un mobile à cet usager et à contraindre la DGT à rembourser 60 euros en frais judiciaires.
Des précédents existent, mais avec d’autres arguments
Cela ne constitue pas un cas isolé. Comme le rapporte le Diario de Córdoba, en 2024, un autre juge a annulé une amende similaire imposée par la police locale dans la ville andalouse. Le Juzgado de lo Contencioso-Administrativo numéro 1 de Córdoba a déclaré nulle une sanction de 200 euros pour utilisation du téléphone au volant. La raison ? Le dossier de sanction était incomplet et manquait de signature valide ainsi que de preuves suffisantes, ce qui contrevenait à la sécurité juridique de la personne concernée.
Il est clair que conduire avec le mobile représente une distraction punie par la loi et qu’il est essentiel de savoir comment gérer le smartphone en voiture. Cependant, il est tout aussi crucial de respecter rigoureusement les droits du citoyen durant les sanctions, y compris l’obligation de présenter des preuves claires et d’avoir la compétence nécessaire pour prendre des décisions.
