Apple vante la réussite de la reproduction lossless sur les AirPods Max, mais la vérité choque

Apple vend comme une grande victoire la lecture sans perte sur les AirPods Max, mais la réalité est très différente

Apple annonce la fonctionnalité de lecture audio sans perte sur ses AirPods Max, mais cache qu’elle réintroduit simplement une option qu’elle avait supprimée il y a six mois. Derrière cet effort marketing se cache un constat : la marque profite de son erreur pour faire payer les utilisateurs pour un service qu’ils devraient avoir sans frais.

Apple célèbre l’arrivée de l’audio sans perte sur les AirPods Max tout en omettant qu’elle réintroduit une fonctionnalité qu’elle avait supprimée il y a six mois

Apple vend comme une grande victoire la lecture sans perte sur les AirPods Max, mais la réalité est très différente
Les AirPods Max retrouvent une fonction essentielle qu’ils avaient dans leur version originale, et que la plupart des fabricants offrent aux utilisateurs de gamme haute.

Vous avez peut-être suivi que Apple a ajouté la fonction de lecture sans perte à ses derniers AirPods Max. Grâce à cela, les casques de la marque peuvent se connecter à des ordinateurs, téléphones et tablettes via un câble USB-C à USB-C, éliminant le besoin de dongles ou de DAC externes.

Cependant, Apple ne dit pas toute la vérité. Il semble que la société joue sur la mémoire limitée des utilisateurs. Alors que des médias de renom comme What Hi-Fi? célèbrent cette annonce comme une grande victoire (nous l’avons aussi couvert), il y a quelque chose qui ne va pas.

Apple et l’art du marketing : le grand mensonge de l’innovation rétroactive

Apple vend comme une grande victoire la lecture sans perte sur les AirPods Max, mais la réalité est très différente

Les EDIFIER Stax Spirit S5, avec la prise Jack permettant l’écoute sans perte, clairement visible

Apple a annoncé avec beaucoup d’enthousiasme que ses AirPods Max pourraient désormais lire de la musique sans perte. Au début, je pensais qu’il s’agissait d’une fonctionnalité sans fil, évitant ainsi la technologie XPAN de Qualcomm et le protocole UWB en développement par Samsung pour contourner les limitations du Bluetooth. Cela, en effet, aurait mérité une telle annonce.

Mais ce n’est pas le cas. L’annonce concerne l’audio câblé, une fonctionnalité déjà disponible dans la génération précédente d’AirPods Max, qui utilisait le connecteur Lightning. En septembre dernier, Apple a présenté la génération actuelle, avec un port de chargement USB-C et de nouvelles finitions de couleur, omettant de mentionner la perte de la possibilité d’écouter de la musique via un câble.

Six mois après avoir supprimé cette fonctionnalité, Apple annonce son retour triomphal comme si l’on présentait un animal rare et unique. Je vais faire une référence aux Simpson qui ne parlera peut-être qu’aux plus vieux d’entre vous, mais c’est un peu comme si on parlait de la même Stacy Malibú… avec un nouveau chapeau. En d’autres termes, on vous rend quelque chose que vous aviez déjà.

Pire encore : vous devrez débourser 40 euros supplémentaires pour récupérer une fonction qui aurait dû être incluse dans les AirPods Max dès le départ. Pourquoi ? Parce que, dans cette gamme de prix, des casques comme les Sony WH-1000XM5 ou les EDIFIER Stax Spirit S5 incluent des câbles avec deux connecteurs Jack de 3,5 mm pour pouvoir écouter de la musique sans perte via un DAC externe.

Même des casques comme les nouveaux JBL Tour One M3 sont équipés d’un DAC dédié (et ils incluent aussi un câble USB-C – Jack que vous pouvez connecter à un DAC externe), comme nous l’avons mentionné dans notre article sur le JBL Club London. Cela nous amène au point suivant…

ALAC est un format sans perte et techniquement de haute résolution, mais très limité

Apple vend comme une grande victoire la lecture sans perte sur les AirPods Max, mais la réalité est très différente

Logo ALAC et Apple Lossless

Tandis qu’Apple se réjouit de vous permettre de lire de l’audio sans perte via vos AirPods Max et Apple Music, plusieurs points doivent être clarifiés. Tout d’abord, ALAC est un format limité. ALAC (Apple Lossless Audio Codec) est le format propriétaire d’Apple pour créer des fichiers de musique digitale sans perte.

Ce format est en concurrence directe avec le FLAC (Free Lossless Audio Codec), qui offre une meilleure compression tout en conservant la même qualité (ce qui se traduit par des fichiers plus petits) et des temps de transfert plus rapides. De plus, ALAC est limité à des taux de transfert maximaux de 48 kHz et à des profondeurs de 24 bits, contre 384 kHz et 32 bits pour le FLAC.

Évidemment, FLAC est beaucoup plus apprécié par le public audiophile en raison des possibilités qu’il offre. Et, bien qu’Apple doive vendre son écosystème (et Apple Music fait partie de celui-ci) à tout prix, des plateformes comme Tidal ou Qobuz sont de bien meilleures options si vous cherchez à écouter de la musique en haute résolution et sans perte, précisément parce qu’elles misent sur le FLAC comme format.

Il faut également tenir compte du DAC de l’iPhone. Je l’ai déjà expliqué à plusieurs reprises, mais je vais le répéter : un DAC est une puce qui convertit le signal numérique de la plateforme à partir de laquelle vous écoutez de la musique (des uns et des zéros) en signal analogique, reproduit par les casques (impulsions électriques). Bien qu’Apple Music promette de lire des fichiers avec des taux de transfert allant jusqu’à 192 kHz, le DAC de l’iPhone tout rééchantillonne à 48 kHz, rendant ainsi ces belles promesses vaines.

Alors, peut-on lire de la musique sans perte sur votre iPhone à une qualité supérieure à celle imposée par Apple ? Oui, avec un DAC externe. Le marché est rempli de ces dispositifs ; il n’est pas nécessaire de dépenser une fortune pour en avoir un que vous pouvez facilement connecter au port USB-C de votre iPhone (malheureusement, cela ne fonctionne qu’avec les iPhones les plus récents) et qui vous offre un audio Hi-Res authentique.

Par exemple, j’ai un Linsoul Kiwi Ears Allegro Mini, qui, pour moins de 30 euros, offre un résultat très satisfaisant et est une excellente option à glisser dans votre poche. Ce petit DAC peut fournir des fréquences d’échantillonnage allant jusqu’à 384 kHz et des profondeurs jusqu’à 32 bits, sans peine, et avec de bons casques comme ceux mentionnés précédemment (accompagnés de Tidal, Qobuz ou d’une bibliothèque de fichiers FLAC), il dépasse largement les limitations d’Apple.

Une correction d’une erreur que les utilisateurs vont payer

Apple vend comme une grande victoire la lecture sans perte sur les AirPods Max, mais la réalité est très différente

Au final, tout cela n’est qu’une grande manœuvre publicitaire d’Apple

Ce que vous devriez vraiment vous demander en tant qu’utilisateur et auditeur, c’est : « Que fait Apple, me vend-elle une amélioration ou cherche-t-elle à me faire payer une erreur de sa part ? » Supprimer la possibilité d’écouter de la musique via un câble sur le modèle USB-C semble, à première vue, plus être une erreur stratégique face aux plaintes des utilisateurs, qu’autre chose. Le problème est qu’à Cupertino, ils veulent que les utilisateurs paient le prix fort, littéralement.

La stratégie de profiter d’une erreur pour la vendre comme un pas vers la liberté n’est pas nouvelle à Cupertino. Ils n’ont pas passé des années à marteler le slogan Think Different pour rien. Ils l’ont encore fait, en présentant comme innovation ce qui est en réalité une restitution d’un droit fondamental des utilisateurs, que de nombreux fabricants incluent par défaut dans leur gamme haute.

Il est important de rappeler que la version originale des AirPods Max avec connecteur Lightning permettait déjà l’écoute via câble depuis son lancement en 2020, donc, pour éviter des répétitions, une fois de plus pour ceux qui n’entendent pas : Apple n’innove pas ; elle vend comme une nouveauté une fonctionnalité qu’elle a retirée sans explication aux utilisateurs.

Lorsque une marque vous renvoie quelque chose que vous aviez déjà, enrobé dans le meilleur marketing du monde, comme si elle vous offrait un cadeau, il est peut-être temps de remettre en question qui est au service de qui dans votre relation avec elle. Peut-être qu’Apple ne voit plus ses utilisateurs comme des clients potentiels, et peut-être que la relation avec ses plus fervents supporters est bien plus toxique que nous l’imaginions.