Samsung se penche sur sa division de processeurs Exynos en raison de pertes financières inquiétantes face à leur concurrent TSMC sur le marché des semiconducteurs avancés. Une récente audit vise à analyser l’efficacité et la performance de ces puces, remettant en question la confiance même de l’entreprise dans ses propres produits.
Le géant technologique sud-coréen examine son activité de puces face à des pertes de millions et un fossé grandissant avec le leader taïwanais TSMC sur le marché des semi-conducteurs avancés

Comme vous le savez probablement, Samsung développe sa propre gamme de processeurs, les Exynos. Ces processeurs sont fabriqués par Samsung Foundry, concurrent direct de TSMC, qui produit les processeurs Snapdragon de Qualcomm, largement utilisés dans de nombreux appareils Android à travers le monde.
Il a longtemps été de notoriété publique que les Exynos de Samsung n’ont jamais montré les mêmes performances ni la même efficacité énergétique que les Snapdragon de Qualcomm. Selon des informations du média coréen Chosun, cette situation a conduit l’entreprise sud-coréenne à réaliser un audit de l’ensemble de sa division de processeurs.
Un audit nécessaire qui arrive trop tard
D’après une publication du même média, Samsung Electronics a initié un audit en janvier dernier sur sa division System LSI, responsable de la conception des puces. Cet audit est effectué par le département de diagnostic de gestion, une unité créée en novembre de l’année précédente sous Samsung Global Research.
Cette initiative répond à la situation financière alarmante des divisions de semi-conducteurs non liés à la mémoire, qui enregistrent des pertes depuis plusieurs années. Selon des analystes boursiers, Samsung aurait enregistré des pertes opérationnelles comprises entre quatre et cinq billions de wons (environ entre 2,7 et 3,4 milliards d’euros).
Et les responsables de cette situation ne seraient autres que les prores processeurs de la société, qui échouent de manière évidente en termes de performance et d’efficacité énergétique par rapport à leurs concurrents, poussant de nombreux utilisateurs déçus à ne pas renouveler leur confiance envers leurs appareils, malgré la bonne réputation du fabricant.
Un exemple frappant est Google, qui, jusqu’à récemment, fabriquait ses processeurs tensor chez Samsung Foundry, mais qui, à partir de la prochaine génération de Google Pixel, produira ses nouveaux tensor G5 chez TSMC, une décision déjà confirmée. Quand un acteur majeur comme Google perd confiance en un fabricant de processeurs, c’est qu’il y a un vrai problème de fond.
La situation s’aggrave encore quand on considère que même Samsung semble ne pas avoir confiance en ses propres processeurs. Cela reflète les préoccupations croissantes au sein de l’entreprise pour regagner de la compétitivité sur un marché de plus en plus concurrentiel, où les avancées technologiques et les marges d’erreur diminuent de manière significative, influençant le succès ou l’échec des investissements colossaux.
Quoi qu’il en soit, au regard de la position actuelle de Samsung comme fabricant de puces, et des tentatives répétées d’égaler les Snapdragon sans succès, il serait surprenant que leur division de processeurs, sauf un changement véritablement majeur, réussisse à se redresser et à atteindre les objectifs de l’entreprise.
