Les mineurs de moins de 16 ans seront exclus des principales plateformes de partage de contenus l’année prochaine. Le régulateur des communications britanniques a publié les méthodes jugées les plus fiables pour repérer ces profils. Des spécialistes redoutent que des jeunes trouvent des failles.

Plus de 55 millions de personnes consultent ces services au Royaume-Uni. L’interdiction doit entrer en vigueur en mars 2027. Elle privera les mineurs de l’accès aux dix plateformes les plus utilisées.
En Australie, une mesure comparable a déjà été lancée. Des jeunes ont réussi à détourner les règles et à installer des applications de partage de contenus.
La vérification de l’âge reste difficile. Beaucoup de jeunes de 16 et 17 ans ne disposent pas de carte bancaire, de permis de conduire ou de passeport. L’apparence physique ne suffit pas pour établir une certitude.
Le régulateur propose des contrôles plus stricts.
Méthodes possibles pour vérifier l’âge
Le régulateur a retenu quatre pistes considérées comme très efficaces pour la vérification de l’âge :
- comparaison avec une pièce d’identité
- contrôles bancaires
- services d’identité numérique
- estimation faciale de l’âge
Les contrôles par carte bancaire, les vérifications des opérateurs téléphoniques et l’analyse des courriels fonctionnent surtout pour les adultes de plus de 18 ans. La déclaration personnelle n’est pas classée comme très efficace, quel que soit l’âge.
Les adultes devront-ils prouver leur âge ?
De nombreux adultes devront sans doute établir qu’ils ont 16 ans ou plus. Les modalités d’application ne sont pas encore fixées. Le régulateur indique qu’un volume très élevé de comptes devra être traité par les plateformes.
Les mineurs pourront-ils contourner l’interdiction ?
Des contournements sont inévitables selon le régulateur. Il ajoute que les entreprises de médias sociaux peuvent limiter le risque par une signalisation simplifiée des comptes suspects. Elles peuvent aussi recourir à des outils qui estiment l’âge à partir du comportement en ligne.
Le régulateur note aussi que certaines technologies de reconnaissance faciale peuvent afficher une erreur de plusieurs années. Dans ce cas, une seconde vérification sera nécessaire.
La dirigeante du régulateur a estimé que l’interdiction orientera la vie numérique des jeunes et qu’elle doit être bien pensée.
Selon elle, la mesure fonctionnera si les plateformes effectuent des vérifications très efficaces. Le régulateur a détaillé les moyens possibles pour y parvenir.
Le régulateur prévoit aussi des failles chez les jeunes les plus déterminés. Il compare ce problème aux lois sur l’alcool : elles ne suppriment pas totalement la consommation chez les mineurs, mais elles réduisent les excès.
Le régulateur prépare un guide destiné aux plateformes. Ce document sera soumis à une consultation lorsque le gouvernement présentera ses projets devant le Parlement.
Pourquoi cette interdiction ?
Cette décision suit une évolution mondiale de la perception des plateformes après l’interdiction australienne de décembre dernier. L’Espagne, la Grèce, le Portugal et le Danemark ont engagé une réflexion sur l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux.
Une consultation publique, clôturée le 26 mai, a été présentée comme l’une des plus vastes conversations nationales. Plus de 116 000 réponses ont été envoyées par des parents, des jeunes et des spécialistes.
Ces réponses montrent un soutien massif à des mesures plus dures. 90 % des parents soutiennent l’interdiction. Le gouvernement affirme aussi que deux tiers des jeunes admettent que les moins de 16 ans ne doivent pas utiliser certains réseaux sociaux.
