La sortie du MacBook Pro avec écran tactile PROLED marque un changement de position historique pour Apple. Ce retour sur les déclarations passées de Steve Jobs et Tim Cook met en lumière une évolution majeure, où l’écran OLED prime désormais sur la fonction tactile, autrefois décriée.
À l’occasion de l’annonce du nouveau MacBook Pro d’Apple équipé d’un écran tactile « PROLED », les passionnés ressortent d’anciennes vidéos « historiques ». Un MacBook tactile ? L’idée semble déjà avoir existé.
Ou, plus précisément, elle n’existait pas et était longtemps considérée comme impossible. Steve Jobs, figure emblématique et ancien patron d’Apple, qualifiait un ordinateur portable tactile en 2010 d’« épouvantable sur le plan ergonomique ». Il affirmait que le bras finirait par tomber après un usage prolongé.
Son successeur, l’ancien PDG Tim Cook, comparait en 2012 l’ajout d’un écran tactile à un ordinateur portable au croisement improbable d’un réfrigérateur et d’un grille-pain.
Nous sommes maintenant en 2026. Steve Jobs nous a quittés en 2011, et Tim Cook s’est retiré des opérations courantes cette année. John Ternus est le nouveau chef d’Apple. L’entreprise explore de nouvelles voies depuis un moment, comme en témoignent la récente interface tactile pour la maison HomeView ou le premier iPhone pliable, l’iPhone Duo.
Un élément attire cependant l’attention dans la communication pour le nouveau MacBook Pro avec écran PROLED : la vedette est clairement le premier écran OLED d’Apple pour un MacBook, et seulement ensuite l’écran tactile.
Apple met également l’accent dans les textes accompagnant les nouveaux MacBook Pro sur les performances du nouvel écran OLED : noirs profonds, contrastes élevés, luminosité importante, couleurs éclatantes – les caractéristiques de l’OLED. Et, accessoirement, la fonction tactile.
Pourquoi Apple a longtemps refusé les écrans tactiles sur les ordinateurs portables
Depuis le lancement de l’iPhone en 2007 et de l’iPad en 2010, Apple est devenu un géant des appareils à écran tactile. À l’époque, la vision de l’entreprise était que cette technologie devait rester sur iPhone et iPad, sans migrer vers le MacBook.
Les raisons de ce refus initial étaient multiples :
- La crainte pour macOS : Apple est l’un des rares fabricants à disposer d’un système d’exploitation propre et très apprécié, particulièrement par les créatifs. Beaucoup craignaient alors qu’Apple ne sacrifie macOS au profit d’iOS ou d’iPadOS.
- La crainte d’une autocannibalisation : Des raisons économiques ont aussi longtemps freiné Apple. L’entreprise redoutait de nuire au marché alors très rentable de l’iPad, qui connaissait un grand succès.
- La crainte pour le statut premium : Apple se positionne comme une marque haut de gamme. Le segment bas de gamme est laissé aux autres. Fait intéressant rétrospectivement, les ordinateurs portables tactiles abordaient longtemps les segments de prix inférieur et moyen, un territoire qu’Apple souhaitait éviter.
Les dernières années ont cependant démontré que les ordinateurs portables tactiles ne sont pas un produit à éviter. Ils constituent plutôt un complément agréable aux pavés tactiles et claviers, qui restent les moyens d’interaction principaux. Pouvoir occasionnellement activer une fonction, faire défiler une page ou naviguer dans une vidéo avec le doigt est pratique. Le bras ne tombe pas, Monsieur Jobs !
Apple n’a d’ailleurs plus à s’inquiéter du bas de gamme. Les nouveaux MacBook Pro 14 et 16 pouces avec écran PROLED XDR démarrent à partir de 3 299 euros (prix fabricant).
L’iPad conserve aussi sa raison d’être. Il peut toujours être utilisé avec un clavier d’accueil et un stylet, ce qui n’est pas le cas du nouveau MacBook Pro avec écran PROLED XDR.
Chez Apple, on considérait aussi autrefois le stylet comme une mauvaise idée. Les époques changent, et c’est une bonne chose.
Les nouveaux MacBook Pro avec écran PROLED XDR seront disponibles le 6 novembre 2026. La précommande ouvrira prochainement.
