ProtonMail est sous le feu des critiques après avoir fourni aux autorités l’adresse IP d’un activiste

Protonmail Est Sous Le Feu Des Critiques Après Avoir Fourni

ProtonMail, un fournisseur de messagerie qui se targue d’un cryptage de bout en bout, a été critiqué pour avoir remis l’adresse IP d’un militant français pour le climat à la police suisse. Comme la société est basée en Suisse, ProtonMail est lié par les lois du pays. Selon son propre rapport de transparence, cela inclut la journalisation des adresses IP des utilisateurs dans des « affaires criminelles extrêmes ».

Depuis un an, un groupe de particuliers occupe plusieurs immeubles d’affaires et résidences à proximité de la place Sainte Marthe à Paris. Ils souhaitent lutter contre la gentrification, la spéculation immobilière, Airbnb et les restaurants haut de gamme. Bien qu’il ait commencé comme un conflit local, il s’est rapidement transformé en une campagne symbolique. Lorsqu’ils ont commencé à occuper les locaux loués par Le Petit Cambodge, un restaurant attaqué par les attentats terroristes de Paris le 13 novembre 2015, ils ont attiré l’attention et fait la une des journaux.

Le groupe a publié le 1er septembre un article sur Paris-luttes.info, un site d’information anticapitaliste, résumant plusieurs enquêtes policières et procédures judiciaires contre certains membres du groupe. Selon leur récit, la police française a adressé une demande d’Europol à ProtonMail afin de révéler l’identité de la personne qui a créé le compte ProtonMail utilisé par le groupe pour communiquer. Divers sites Web anarchistes ont également fait circuler l’URL.

Andy Yen, le fondateur et PDG de ProtonMail, a répondu à la plainte de la police le Twitter sans révéler les faits précis de l’affaire. « Proton doit se conformer au droit suisse. Dès qu’un crime est commis, la protection de la vie privée peut être suspendue et la loi suisse nous oblige à répondre aux demandes des autorités suisses », a-t-il déclaré.

Andy Yen, notamment, tient à préciser que son cabinet n’a pas travaillé avec la police française ou Europol. Europol semble avoir servi de canal de communication entre les autorités françaises et suisses. L’affaire a finalement été reprise par les autorités suisses, qui ont envoyé une demande directe à ProtonMail. Dans son rapport de transparence, le cabinet qualifie ces demandes de « demandes étrangères approuvées par les autorités suisses ».