L’aéroport devient une part intégrante des vacances

L'aéroport devient une part intégrante des vacances

Longtemps, traverser un aéroport signifiait presser le pas. Les annonces de retard et les files d’attente à l’embarquement rebutent toujours. Les habitudes évoluent : de plus en plus de passagers s’attardent dans ces espaces et y cherchent un moment agréable.

Les systèmes de contrôle de sûreté plus fiables, l’embarquement biométrique et le dépôt automatique des bagages transforment l’expérience. Les aménagements, pensés pour les voyageurs, rendent l’attente plus supportable. Beste Ermaner, vice-présidente du pôle vente hors taxes et commerce de voyage de Philip Morris international, a constaté ce mouvement. Elle décrit le trajet comme une expérience à part entière : les parcours doivent rester fluides, adaptés et agréables du début à la fin.

Beste Ermaner, vice-présidente du pôle vente hors taxes et commerce de voyage de Philip Morris international, déclare que l’intelligence artificielle doit simplifier le voyage
Beste Ermaner, vice-présidente du pôle vente hors taxes et commerce de voyage de Philip Morris international, déclare que l’intelligence artificielle doit simplifier le voyage

Le trafic aérien mondial continue de progresser. Selon le Conseil international des aéroports Europe, le réseau aéroportuaire européen a accueilli 3,9 % de passagers en plus en juillet et 3,1 % de plus en août par rapport aux mêmes mois de l’année précédente.

Le Conseil international des aéroports table sur 10,2 milliards de mouvements de passagers en 2026, puis sur 18,8 milliards en 2045. Beste Ermaner y voit une forte chance de développement. Elle estime que l’avenir appartiendra aux organisations qui coopèrent dans tout l’écosystème et relient les moments physiques et numériques en un parcours cohérent.

Passes numériques et panneaux de départ personnalisés

Un cabinet de conseil en gestion décrit des transformations majeures dans un rapport intitulé « Le prochain état normal ». Le document prévoit la disparition des documents papier, remplacés par l’intelligence artificielle et la biométrie. Cette évolution laisserait peu d’interventions humaines aux contrôles de sûreté et à l’enregistrement des bagages.

Le rapport imagine aussi des terminaux pensés pour chaque voyageur. Les panneaux de départ et la signalétique pourraient s’adresser à chacun dans sa langue maternelle.

En coulisses, l’automatisation peut rendre le secteur aéroportuaire plus efficace. Pour Beste Ermaner, la principale possibilité de l’intelligence artificielle est de simplifier le trajet. Elle rappelle que l’analyse rapide de grandes quantités d’informations aide les entreprises à mieux décider. À l’avenir, ces outils pourraient aider les voyageurs à s’orienter dans des lieux inconnus, à trouver des informations utiles et à faire des choix judicieux selon leur position, leur destination et le temps qui reste.

Beste Ermaner précise toutefois que la technologie doit épauler le voyageur, sans le submerger. Elle insiste sur une personnalisation responsable, encadrée par des mesures de confidentialité et respectueuse du choix des consommateurs. Le jugement humain restera indispensable : l’intelligence artificielle peut repérer des tendances, mais les personnes apportent le sens des situations, l’empathie et la confiance.

Aéroports à retenir

Les aéroports ne se ressemblent pas tous. Certains sont conçus et décorés comme des centres commerciaux, des hôtels cinq étoiles ou des sites emblématiques. On trouve des microbrasseries à Munich, des rues de restauration qui évoquent la période d’Edo à l’aéroport de Tokyo-Haneda, et des forêts intérieures avec une cascade de 39,6 mètres à Singapour-Changi.

La destination gastronomique Edo Kōji à l’aéroport de Tokyo-Haneda, conçue comme une ville de la période d’Edo au 17e siècle
La destination gastronomique Edo Kōji à l’aéroport de Tokyo-Haneda, conçue comme une ville de la période d’Edo au 17e siècle

Chaque année, le Prix Versailles récompense l’architecture remarquable dans le monde, y compris celle des aéroports. La liste des lauréats de 2026 inclut le terminal 1 de l’aéroport international de San Diego, avec son mur de verre courbe de 244 mètres, et le terminal 2 de l’aéroport international Lokapriya Gopinath Bardoloi, au nord-est de l’Inde. Ce terminal reprend la forme d’une fleur d’orchidée-bambou, typique de cette région.

Beste Ermaner constate que plusieurs aéroports dépassent le rôle de point de passage. Ils réunissent restauration, art, bien-être, divertissement, accueil et commerce. Selon elle, la culture locale, l’accueil et les échanges humains créent un vrai sentiment d’appartenance à un lieu.

Les aéroports doivent répondre à des besoins variés. Certains passagers veulent traverser le plus vite possible. D’autres disposent de temps et souhaitent se détendre, découvrir le lieu ou ressentir son ambiance. Ils devront offrir deux registres : la rapidité pour les voyageurs pressés, et l’expérience pour ceux qui ont le temps de profiter.

Technologies plus fluides pour favoriser les liens humains

Le voyage entre dans une période favorable. Les aéroports se modernisent et enrichissent leur offre. Beste Ermaner souhaite des évolutions qui rendent le trajet plus agréable et préservent les échanges humains. Elle dit vouloir simplifier et humaniser le voyage. La technologie peut supprimer les frictions, réduire la complexité et libérer du temps pour profiter du trajet lui-même.

Des contrôles de sûreté plus rapides et plus efficaces libèrent du temps pour les boutiques, les repas et l’ambiance des vacances
Des contrôles de sûreté plus rapides et plus efficaces libèrent du temps pour les boutiques, les repas et l’ambiance des vacances

Elle ajoute que le futur du voyage ne doit pas reposer sur la domination de la technologie. Les souvenirs les plus forts restent humains : découvrir un lieu inattendu, connaître une autre culture ou recevoir un excellent accueil. La vraie chance consiste à trouver le bon équilibre et à préserver le plaisir de la découverte, qui rend le voyage précieux dès le départ.