Des astronomes à la recherche d’extraterrestres trouvent une nouvelle méthode pour déterminer quand ils pourraient nous contacter

Des astronomes à la recherche d'extraterrestres trouvent une nouvelle méthode pour déterminer quand ils pourraient nous contacter

Des astronomes cherchent la vie extraterrestre avec une méthode nouvelle. Ils veulent prévoir le moment où une civilisation lointaine pourrait envoyer un message à la Terre.

L’étude repose sur la théorie des jeux. Elle vise à prédire non seulement la direction d’où viendraient des signaux, mais aussi le moment de leur émission.

Le travail est dirigé par des scientifiques de l’Institut de recherche sur l’intelligence extraterrestre, un organisme sans but lucratif qui traque des traces de vie extraterrestre.

Pointer un télescope vers une zone précise ne suffit pas. Les scientifiques doivent aussi écouter à la bonne heure, sous peine de manquer un message.

Le raisonnement emprunte une idée appelée point de Schelling. Cette notion décrit un choix que deux parties feraient de manière indépendante, sans pouvoir se concerter.

Deux personnes se sont donné rendez-vous dans une grande ville, mais elles n’ont aucun moyen de communiquer. Elles pourraient choisir la gare centrale à midi, car chacune penserait à ce lieu.

Les chercheurs veulent retrouver un repère analogue dans le ciel. Ils se concentrent sur le point antisolaire, une région de la voûte céleste qu’un autre monde pourrait sélectionner seul.

Leur première campagne n’a encore capté aucun signal d’une intelligence extraterrestre. Elle constitue néanmoins une avancée: elle représente la première recherche ciblée sur cette région, et l’ouverture d’une nouvelle piste pour la chasse à la vie lointaine.

Pour localiser la zone, les astronomes ont réutilisé une méthode déjà employée pour découvrir des planètes éloignées. Quand un monde occulte son étoile, la lumière de celle-ci s’atténue brièvement. Ce passage planétaire confirme l’existence de la planète, puis aide à établir son orbite et sa position autour de l’étoile.

Pour une civilisation extérieure qui observerait la Terre de la même manière, notre planète se tiendrait entre elle et le Soleil. Vue depuis la Terre, la cible serait donc située dans la direction opposée au Soleil, soit le point antisolaire.

Dans cette configuration, nous et un éventuel émetteur étranger pourrions désigner la même région du ciel, sans échange préalable. Cette symétrie pourrait servir à caler une communication future.

Les scientifiques précisent qu’aucune donnée ne prouve qu’une civilisation extraterrestre aurait choisi ce repère, ni qu’elle l’emploie déjà. La démarche ouvre néanmoins une autre manière de penser l’exploration du ciel.

Le problème ne se limite pas à choisir une cible, a déclaré une coauteure de l’étude, chercheuse de l’institut. Il faut déterminer où et quand une autre civilisation pourrait transmettre. Le point antisolaire invite à raisonner du côté de l’émetteur, pas seulement du récepteur.

Les recherches classiques visent souvent une étoile prometteuse ou son système planétaire. Le nouveau projet suit une autre voie: il ne fixe pas un objet précis, mais exploite un alignement susceptible d’être identifié par des mondes très éloignés.

Les travaux sont menés avec le réseau d’antennes de l’institut, installé dans un observatoire radio du nord de la Californie. Les équipes prévoient de deux à trois nuits d’observation chaque semaine, ce qui couvrira les zones principales de l’orbite terrestre en quatre ans.

Le volume de données sera énorme, et la sélection des signaux utiles exigera un outil automatique. Ce dispositif recherchera des traces technologiques, signe possible d’une activité technique extraterrestre. Il écartera aussi les parasites radio produits par nos propres télécommunications.

Préalablement à la campagne de grande ampleur, l’équipe a réalisé trois nuits pilotes à l’été 2023. En dix-sept heures d’observation, elle a récolté 32 téraoctets de données et relevé environ 1,9 million de détections. Toutes ont pu être attribuées à des perturbations humaines.

Ce résultat, sans signal utile, a fourni des enseignements précieux. Il a aidé à mieux filtrer les perturbations et à préciser la recherche dans des directions ciblées. Il a permis de calculer la distance atteignable: avec un émetteur de puissance comparable à celle du grand radar terrestre désormais déclassé, nous pourrions recevoir un message à plus de 124 années-lumière.

L’étude paraît dans le Journal astronomique sous le titre Grande campagne de recherche de traces technologiques au point antisolaire avec le réseau d’antennes de l’institut : conception et résultats préliminaires.