Meta Platforms a conclu un accord avec la totalité des États et territoires américains. La société s’engage à verser jusqu’à 18 milliards de dollars pour mettre un terme aux poursuites engagées par les autorités. Celles-ci l’accusaient de causer un préjudice aux enfants par le biais de ses plateformes.
Des fournisseurs de réseaux sociaux comme le YouTube de Google, TikTok ou Snap Inc font face à des milliers d’actions en justice. Des États, des districts scolaires et des particuliers les poursuivent. Ils affirment que ces plateformes ont été conçues pour rendre les jeunes dépendants.
Les entreprises technologiques rejettent ces allégations. Elles contestent le lien entre leurs services et la dépression, l’anxiété, les problèmes d’image corporelle et la crise de santé mentale chez les jeunes. Elles soutiennent qu’elles agissent pour protéger leurs utilisateurs mineurs.
Ces firmes invoquent également l’article 230 du Communications Decency Act. Cette loi leur confère une immunité pour le contenu publié par les utilisateurs.
Pourtant, les défis juridiques s’accumulent. Ils exercent une pression croissante sur les géants des médias sociaux, alors que les législateurs étudient des protections plus strictes pour les mineurs.
Voici un état des lieux des procédures en cours devant les tribunaux américains.
Les poursuites des États
Presque tous les États de l’Union ont engagé des poursuites contre des opérateurs comme Meta ou TikTok. Ils visent l’impact supposé de ces services sur les mineurs.
Ces procédures réclament des dommages et intérêts ou des pénalités civiles. Elles demandent aussi aux tribunaux d’ordonner aux entreprises de modifier en profondeur leurs plateformes.
L’accord de Meta avec les États américains impose à l’entreprise de mettre en place des limites de temps d’utilisation par défaut chaque jour. Elle devra aussi bloquer l’accès la nuit pour les adolescents sur ses services.
Un procès fédéral en Californie, qui a débuté le 12 août, examinait les accusations de procureurs généraux de plusieurs États. Le Colorado, la Californie, le Kentucky et le New Jersey affirmaient que Meta avait délibérément rendu ses services addictifs pour les mineurs et avait trompé le public sur leur sécurité.

Le procès incluait aussi des allégations de 29 États. Elles accusaient l’entreprise de collecter et d’utiliser illégalement des données d’enfants, ce qui enfreindrait des lois fédérales.
L’accord règle aussi un procès devant un tribunal de l’État du Tennessee, à Nashville. Meta y était accusée d’avoir violé une loi locale sur la protection des consommateurs.
Une plainte distincte, déposée par le Nouveau-Mexique, accusait Meta de ne pas avoir protégé les jeunes utilisateurs contre l’exploitation sexuelle sur Instagram, Facebook et WhatsApp. L’entreprise aurait aussi induit les consommateurs en erreur sur la sécurité.
En mars, un jury a ordonné à la société de payer 375 millions de dollars de pénalités civiles. Dans une phase ultérieure de l’affaire, un juge a estimé que Meta avait créé un trouble préjudiciable à l’ordre public dans l’État en nuisant aux enfants. Il a exigé un paiement supplémentaire de 567 millions de dollars et des mesures obligatoires pour la sécurité des jeunes. Meta a annoncé son intention de faire appel.
Les poursuites des districts scolaires
Plus de 1 000 districts scolaires à travers le pays ont intenté des procès. Ils affirment que les entreprises technologiques ont délibérément conçu leurs services pour accrocher les jeunes utilisateurs. Cette addiction provoquerait anxiété, dépression et automutilation, et forcerait les systèmes scolaires à gérer les conséquences.
Les districts scolaires réclament une compensation financière pour les coûts engendrés par la gestion des effets des réseaux sociaux sur les élèves. Ils demandent aussi des fonds supplémentaires pour limiter ces effets à l’avenir.
Un petit district scolaire rural de l’est du Kentucky avait été choisi pour le premier procès de cette catégorie. L’audience de juin a été annulée après que les entreprises ont accepté des règlements. Des documents publics ont montré que le district a reçu 27 millions de dollars dans le cadre de ces accords.
Les poursuites individuelles
Plus de 3 300 plaintes, principalement déposées par des particuliers, ont été regroupées devant un tribunal de l’État de Los Angeles. Un plus petit nombre de réclamations individuelles suit son cours devant un tribunal fédéral.
Lors du premier procès examinant des préjudices individuels, une jeune femme a affirmé que sa dépendance aux réseaux sociaux avait entraîné dépression et anxiété. Cette affaire a été choisie comme premier cas test pour les procédures regroupées du tribunal de l’État.
Les équipes juridiques utilisent souvent les verdicts de ces affaires tests. Elles évaluent ainsi comment les jurés pourraient juger des plaintes similaires. Cela les aide à estimer la valeur des autres affaires et à orienter les négociations de règlement. Snap Inc et ByteDance, la maison mère de TikTok, qui étaient aussi codéfendeurs, ont réglé l’affaire avant le procès.
En mars, un jury de Los Angeles a jugé que Meta et Google avaient fait preuve de négligence. Il a ordonné à Meta de payer 4,2 millions de dollars de dommages et intérêts, et à Google 1,8 million de dollars. Les deux entreprises ont indiqué qu’elles prévoyaient de faire appel.
Un deuxième procès pour une plainte individuelle était prévu en juillet à Los Angeles. Il concernait un adolescent de Floride qui affirmait avoir commencé à utiliser les réseaux sociaux vers 8 ans et en avoir souffert d’une dépression et d’une anxiété. Le procès a été annulé après que le plaignant a trouvé un accord avec TikTok, Snap et Google. Il a retiré ses accusations contre Meta quelques jours avant la date prévue à l’audience.
Trois autres procès tests ont été sélectionnés pour se dérouler cet automne devant le tribunal de l’État de Californie. Un avocat a indiqué à NET que TikTok avait provisoirement accepté de régler ces litiges. Les plaintes des demandeurs contre Meta, Google et Snap restent en cours.