Andrea Moccia présente « Pausa Libro », un ouvrage conçu pour être lu à tout moment. Composé de chapitres courts, il vise à partager des connaissances dans un monde où l’information se consomme rapidement. Ce livre s’annonce comme une pause intellectuelle accessible à tous, quel que soit l’âge.

« Je réfléchis à un livre à lire partout, même aux toilettes, et le voilà ! » Andrea Moccia ouvre et ferme le livre. La couverture jaune Geopop arbore l’icône d’un téléphone barré. « Pausa Libro » est composé de chapitres courts, conçus pour être lus lors des moments de passage, que nous remplissons aujourd’hui en scrollant sur nos téléphones. « Regarde, ouvre, lis et referme, en deux pages, j’en sais un peu plus ». C’est le format Geopop en version papier, un moyen de diffuser des connaissances, surtout maintenant où tout est instantané et l’illusion de la connaissance règne.
« Pausa Libro » fait partie d’un projet plus vaste visant à s’éloigner du format reel ou vidéo qui a marqué Geopop ces dernières années. « Il y a quelques mois, nous avons sorti notre documentaire Vulc au cinéma, puis le livre, et actuellement, un nouveau projet est en cours. Je n’en ai pas encore parlé ». Face à ma question, Moccia sourit, « d’accord, le prochain but est un spectacle théâtral, pour combiner art et science, le modèle Geopop, mais en allant plus loin ».
Lecture en petites doses, fusion de réseaux sociaux et découvertes
La structure du livre est pensée pour une lecture aléatoire, similaire à celle des réseaux sociaux : chaque contenu tient sur deux pages. « Ce sont des petites doses de savoir à lire à tout moment », explique Moccia. « C’est une invitation à faire des pauses livres au milieu de toutes les pauses téléphone que nous avons ».
Le but est de rendre le livre accessible à tous, sans cible spécifique : « On peut le lire de sept à cent ans, car la culture est le plaisir d’apprendre. Cela n’a pas d’âge. Si je dis que les cartons à œufs isolent le bruit, cela peut intéresser un enfant de dix ans tout autant qu’un oncle de soixante-dix ». Le livre se positionne ainsi comme une pause intellectuelle, un moment de découverte à intégrer dans le quotidien : au lit avant de s’endormir, dans le métro, au café, et même aux toilettes.
Le livre comme antidote aux réseaux sociaux
Malgré l’approche sociale de Geopop, « Pausa Libro » invite à se déconnecter : « De temps en temps, parmi toutes nos pauses téléphone, faisons une pause livre pour se réhabituer. Si tu lis un livre, il s’imprime dans ta mémoire d’une telle manière qu’il peut rester des années, voire pour toujours. Que reste-t-il des réseaux sociaux ? Après deux jours, tu as tout oublié ».
Cette décision met en lumière le désir de retrouver un équilibre entre l’immédiateté des réseaux et la profondeur de la lecture : « Je ne souhaite pas faire de morale, cela serait absurde, car je vis de la vulgarisation sur le web. Cependant, il est important de rappeler la valeur de la lecture, même pour quelques minutes par jour ».
Contre l’immédiateté : la valeur de l’approfondissement
Défilement infini, informations éphémères, mais pour Moccia, comprendre réellement nécessite temps, profondeur et curiosité. « Nous pensons atteindre la connaissance en 30 secondes. Non. La connaissance est très lointaine, comprendre en profondeur ce qui reste exige du temps et de l’immersion ». À une époque dominée par l’intelligence artificielle et la rapidité de l’information, le risque est la superficialité : « Avec l’IA, tu as une réponse immédiate et souvent tu l’acceptes sans réfléchir. C’est dangereux. ».
Néanmoins, l’IA peut devenir un outil utile si utilisée avec discernement. Moccia raconte comment il utilise ChatGPT et Gemini lors de la phase créative : « Je parle à mon enregistreur vocal, je lui dis plein de choses, et il les met sous forme ordonnée. Ensuite, je réorganise dans ma tête, je compare avec le document, mais j’ai l’impression de garder le contrôle total et je fais tout en des temps bien plus courts ».
Quel avenir pour Geopop ?
Depuis 2018, Geopop a évolué tout en maintenant l’esprit de vulgarisation. Les vidéos ont été progressivement enrichies avec des animations 3D, de la musique originale et l’utilisation de l’intelligence artificielle pour accélérer et optimiser la production. De plus, en 2025, le documentaire Vulc a été présenté au cinéma, grâce au support de la communauté des mécènes.
Moccia nous a également annoncé un nouveau projet théâtral. Un « spectacle scientifique », intégrant une voix off sur scène, des visuels sur écran géant et de la musique originale : « Nous avons plusieurs premières dates entre mars et avril », confirme-t-il.
En se projetant vers l’avenir, Moccia évoque les ambitions à long terme de Geopop : « Dans dix ans, j’aimerais aller au-delà du web et du théâtre. J’ai une petite, mais immense ambition : le cinéma. Et puis, sortir d’Italie, peut-être avec un Geopop international à la manière de National Geographic. Peut-être est-ce trop ? Il est bon de toujours avoir de grandes ambitions. »
