Pour Google, la propagande d’Israël n’est pas un souci : que se passe-t-il avec les annonces ?

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Des vidéos propagandistes continuent d’apparaitre sur Google Ads, malgré de nombreuses signalements. Une campagne israélienne d’envergure cible des histoires, manipulant les perceptions sur la situation à Gaza. La question de la conformité aux politiques de Google se pose alors que des contenus trompeurs circulent librement.

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Tecnicamente, Google Ads devrait bloquer la publicité qui promeut de fausses informations. Pourtant, des images de camions chargés de nourriture à la frontière de Gaza ou d’enfants portant des cartons avec le drapeau israélien continuent d’apparaitre sur YouTube. Le gouvernement de Tel Aviv a lancé une campagne de promotions via Google Ads, suivie de près par Netcost-security.fr. Cette campagne soutient des vidéos générées par intelligence artificielle, des journaux télévisés trompeurs et manipule les résultats de recherche. Malgré les nombreuses signalements, y compris de la rédaction de Netcost-security.fr, qui dénoncent la désinformation diffusée par ces clips, la campagne ne semble rencontrer aucun obstacle. La dernière promotion remonte au début d’octobre, accusant la Flotilla d’être un bras armé de Hamas.

Google a bien reçu les signalements, comme l’indique un courriel envoyé au Washington Post par un employé de l’entreprise, resté anonyme. Il est également confirmé que Google a choisi de ne pas bloquer la campagne israélienne. D’après l’équipe Trust and Safety, responsable des politiques de contenu, « les annonces ne contreviennent pas aux règles ». Un lanceur d’alerte a précisé que les employés ont été informés que toute publicité future du gouvernement israélien sur des questions de nourriture, famine ou aide humanitaire à Gaza « ne tombe pas sous les politiques restrictives et ne constitue pas une violation« .

Une campagne promotionnelle de 45 millions de dollars pour Israël

Pour clarifier la situation, selon un communiqué de Drop Site News, à la fin juin, le gouvernement de Netanyahu a conclu un accord de 45 millions de dollars avec Google, d’une durée de six mois pour des annonces ciblées. Le but est de manipuler la narration sur la situation à Gaza. Notre analyse de Google Ads a révélé une promotion publicitaire massive. À la manœuvre se trouve l’Israeli Government Advertising Agency (IGAA), qui agit comme groupe de communication pour le gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Cette agence a diffusé de fausses informations sur l’aide humanitaire, les ONG et a accusé l’ONU de bloquer cette même aide. De plus, elle a mené des campagnes ciblées visant à discréditer ses ennemis. Cela inclut Francesca Albanese et l’UNRWA, grâce à des financements permettant de placer en tête des résultats de recherche des pages diffamatoires avec des accusations mensongères sur Albanese et l’UNRWA.

Les directives de Google Ads

Selon les directives de Google Ads, la plateforme vise à « maintenir un écosystème de publicité digitale sain, fiable et transparent pour les utilisateurs, les annonceurs et les éditeurs », comme indiqué sur leur site officiel. « Ces normes ont été conçues pour garantir une expérience positive et sûre aux utilisateurs tout en respectant les lois en vigueur. Ainsi, nos standards interdisent certains contenus nuisibles. »

Dans la section « Représentation trompeuse », Google précise : « Nous voulons que les utilisateurs fassent confiance aux annonces sur notre plateforme ; nous nous engageons à garantir qu’elles soient claires et honnêtes, fournissant les informations nécessaires pour des décisions éclairées. Aucun annonce ou lien ne doit induire les utilisateurs en erreur en omettant des informations pertinentes ou en fournissant des informations trompeuses concernant produits ou services. »

La propagande israélienne se poursuit

Google a déclaré qu’il examine constamment ses politiques publicitaires et qu’il retire régulièrement les contenus qui violent ces règles. Cependant, selon un employé de l’entreprise ayant parlé anonymement au Washington Post, l’industrie technologique a atténué le contrôle rigoureux des contenus cette année, se concentrant davantage sur des violations comme l’incitation à la violence ou la désinformation électorale et sanitaire. De plus, un autre employé, ayant également communiqué de manière anonyme à Wired US, a révélé que Google appréhende que la mise en place de normes restrictives contre la campagne médiatique d’Israël puisse mettre en péril les relations commerciales futures avec le pays.

Au-delà de ces décisions internes, cet angle pris par Google entre en conflit avec le cadre réglementaire de l’Union européenne. La Digital Services Act impose aux plateformes l’obligation de retirer rapidement des contenus relatifs à la propagande terroriste, à la désinformation ou aux fake news, avec des pénalités pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel global.