Un pays fait le choix d’intégrer un avatar contrôlé par l’intelligence artificielle comme ministre des appals publics, une initiative qui pourrait transformer la transparence dans la gestion des fonds. L’avatar, nommé Diella, promet d’apporter une touche moderne au gouvernement et de faciliter l’interaction avec les citoyens.

Il peut sembler surprenant, mais le nouveau gouvernement albanais, le quatrième dirigé par Edi Rama, a officialisé l’arrivée d’un ministre entièrement numérique. En termes simples, il s’agit d’un avatar géré par l’intelligence artificielle (IA). Ce personnage se nomme Diella (qui indique soleil en albanais) et est vêtue de vêtements traditionnels. Son rôle consistera à gérer les appels d’offres publics et les fonds d’État.
Pour les Albanais, cette innovation n’est pas totalement nouvelle, car l’avatar est déjà intégré à la plateforme e-Albania, qui propose des services publics numériques depuis mai 2022. Elle permet aux citoyens de demander des certificats, de gérer des documents, de soumettre des demandes, de consulter leur dossier de santé et bien plus encore. Diella assiste ainsi les usagers dans de nombreuses tâches administratives. Désormais, la technologie sous-jacente a évolué pour conférer à l’avatar un rôle public bien plus significatif.
La annonce de l’intégration de Diella a été faite par Edi Rama lors d’une conférence à l’Assemblée nationale du Parti socialiste. Ce mandat constitue le quatrième pour le premier ministre de Tirana, né en 1964. Rama a également supprimé le ministère de l’entrepreneuriat et le ministère de la jeunesse, remaniant diverses figures de son administration précédente. À l’ancienne garde et aux nouveaux venus s’ajoute désormais Diella, en tant que ministre des appels d’offres publics.
Bien que cette initiative puisse sembler étrange, elle s’avère être une démarche innovante et positive. La gestion des fonds publics est en effet un domaine délicat, souvent exposé à la corruption que pratiquent certains politiciens et fonctionnaires malhonnêtes. Selon Rama, confier cette responsabilité à une IA garantit « transparence et incorrupibilité totale« . Cela pourrait également contribuer à dissiper les préjugés et apporter un souffle nouveau au gouvernement, notamment aux yeux des jeunes.
Diella, comme mentionné lors de l’annonce, « n’aura pas de limites géographiques et pourra embaucher des talents du monde entier« . En pratique, il reste à voir comment l’IA sera mise en œuvre dans la gestion des fonds, car la programmation des avatars reste une question humaine. Ce qui est certain, c’est que les Albanais interagiront bien plus souvent avec cette figure féminine, souriante et rassurante, renforcée par la couleur de son habillement traditionnel.
Pour le moment, les caractéristiques techniques de la nouvelle ministre « robot » ne sont pas connues. Nous ignorons quel modèle de langage d’IA générative est à sa base ; elle devrait être capable d’analyser des données, de fournir des réponses pratiques et de décider comment distribuer les fonds de manière équitable grâce à des algorithmes pertinents.
Il n’est pas clair non plus si elle sera dotée de synthèse vocale, bien que cela semble probable, ni quel moteur graphique est utilisé pour ses animations. On peut imaginer que Diella sera enrichie d’une IA conversationnelle pour participer aux réunions ministérielles et autres contextes officiels, sans garantir qu’elle présente toutes les fonctionnalités avancées des assistants immersifs, comme la reconnaissance des expressions et du langage humain. Elle pourrait être un simple assistant symbolique appliqué à l’administration, mais pourrait également « prendre vie » et devenir moins impersonnelle. Il convient d’attendre son entrée en service pour découvrir comment elle se présentera aux citoyens.
