Israël investit massivement pour influencer l’opinion publique mondiale à travers des campagnes de désinformation ciblées, utilisant des plateformes numériques pour promouvoir une narrative favorable et discréditer ses critiques, tout en manipulant les faits concernant la situation à Gaza.

L’opinion publique à l’égard d’Israël constitue un défi majeur. C’est ce qui justifie les 45 millions de dollars investis auprès de Google. Selon un communiqué de Drop Site News, à la fin juin, le gouvernement de Netanyahu a conclu un accord de six mois portant sur la promotion d’annonces ciblées et la manipulation de la narration concernant Gaza. Cette démarche s’inscrit dans une campagne systématique suivie par Netcost-security.fr depuis plusieurs mois. Israël utilise des outils de communication commerciale pour sa propagande.
Une analyse des données Google Ads met en évidence une vaste campagne publicitaire. Israël sponsorise des dizaines d’annonces qui ont atteint des milliers de vues. Des fausses nouvelles concernant l’aide humanitaire, le recours à des influenceurs pour contester le blocage de l’aide et la manipulation des résultats de recherche sur Google pour discréditer l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, ainsi que Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, sont à l’ordre du jour.
“Hasbara” : la propagande israélienne sur Google, X et YouTube
Le contrat a été signé avec YouTube et la plateforme Google Display & Video 360. La campagne, désignée sous le terme « hasbara », vise à promouvoir l’image d’Israël à l’international, à justifier ses actions militaires et diplomatiques tout en contrant les critiques. Ce terme est souvent traduit en journalisme et en milieu académique comme « relations publiques » ou « propagande ».
En plus de l’accord semestriel de 45 millions de dollars avec Google, des documents révèlent que le gouvernement israélien a également investi environ 3 millions de dollars dans une campagne publicitaire sur X. À cela s’ajoute un montant d’environ 2,1 millions de dollars pour la plateforme franco-israélienne Outbrain/Teads. Les rapports indiquent que le gouvernement israélien s’investit dans la communication numérique pour façonner la perception internationale de la crise. Une analyse d’août par l’organisation de vérification des faits arabe Misbar a qualifié ces campagnes de “grande opération de propagande israélienne,” visant à justifier les actions militaires comme essentielles à la sécuirité nationale et celle des pays occidentaux.
Israeli Government Advertising Agency : le moteur de la désinformation
Derrière cette stratégie se trouve la Israeli Government Advertising Agency (IGAA), qui agit en tant que groupe de communication pour le gouvernement de Benjamin Netanyahu. L’agence a promu sur des plateformes comme Instagram, Facebook, TikTok et YouTube, des faux reportages signalant des attaques de Hamas, des distributions d’aide qui n’ont jamais eu lieu et d’autres fausses nouvelles concernant le conflit. Israël a aussi accusé l’ONU d’entraver l’aide humanitaire à Gaza. Ces vidéos ont été intégrées dans des publicités réalisées par des influenceurs et créateurs de contenu italiens, comme Adrian Rednic, alias Caleel.
Par ailleurs, l’agence a mis en œuvre des campagnes ciblées pour discréditer ses adversaires. Cela a été observé avec Francesca Albanese et l’UNRWA, où des pages contenant des informations dénigrantes ont été promues dans les résultats de recherche Google grâce à un investissement financier significatif. L’accord de 45 millions de dollars n’est qu’un élément d’une campagne médiatique agressive qui utilise des outils de communication commerciaux pour influencer l’opinion publique.
