Omar Domina, jeune créateur de contenu, explore les méthodes d’investissement promues par des influenceurs. Récemment, il a testé le projet controversé de Fabrizio Corona, qui repose sur un système d’alertes financières sur Telegram. Ses résultats sont décevants, soulevant des interrogations sur la légitimité de ces offres d’investissement.
Omar Domina, 33 ans, est un petit créateur qui se consacre au trading. Sur sa chaîne YouTube, il teste les méthodes d’investissement lancées par des célébrités des réseaux sociaux. Souvent, ces projets échouent, y compris celui récemment promu par Fabrizio Corona.

Le projet d’investissement de Fabrizio Corona repose entièrement sur un système de signaux. Les utilisateurs rejoignent un groupe Telegram et activent les notifications, recevant ainsi des sugestions pour des opérations financières, souvent sur les cryptomonnaies. Les administrateurs stipulent à l’utilisateur quand ouvrir et fermer des positions. Tout cela, jusqu’à récemment, s’effectuait via une plateforme liée à une société légalement enregistrée à Anguilla, aux Caraïbes.
Le premier canal Telegram géré par Fabrizio Corona, ou plutôt par un équipe de collaborateurs, s’appelait Fabrizio Corona Project. Il comptait 35 000 abonnés. Ensuite, Telegram a apposé une étiquette rouge indiquant escroquerie. Corona a décidé d’en ouvrir un autre. Le nouveau PROJET CORONA a déjà dépassé les 3 600 abonnés.
Omar Domina, 33 ans, a tenté de suivre pendant deux semaines les conseils d’investissement de ce groupe. Omar est créateur de contenu, possède une petite chaîne YouTube de 27 000 abonnés et publie souvent des vidéos où il teste des groupes Telegram recommandant des investissements. Au cours des dernières semaines, il a essayé ceux conseillés par Fabrizio Corona. Il nous explique comment cela s’est passé.
Es-tu impliqué dans les investissements ?
Je dirais passionné de trading. Sur YouTube, j’essaie des services de trading qui fonctionnent de manière suspecte. J’aime comprendre les mécanismes derrière les schémas d’investissement.
Combien as-tu investi dans le projet Corona ?
Le minimum conseillé : 300 euros. Une fois le dépôt effectué sur la plateforme, on m’a donné un bonus équivalent, donc je suis parti de 600 euros. En deux semaines, j’ai perdu presque tout : je suis tombé à 190 euros.
Dans le groupe public, des captures d’écran de bons gains étaient envoyées, parfois des centaines d’euros par opération.
Oui, mais les opérations ne coïncidaient pas avec celles signalées dans le groupe VIP, réservé à ceux qui avaient effectué un dépôt.
Combien de personnes y avaient-elles dans ce groupe ?
Ils m’ont expulsé après deux semaines ; j’avais publié une vidéo montrant comment leur projet fonctionnait. Jusqu’au 13 février, il y avait 1 500 personnes.
Donc au moins 1 500 utilisateurs ont laissé un dépôt de 300 euros pour entrer dans ce projet.
Nous ne connaissons pas les chiffres complets. Il faut aussi comprendre combien d’argent les personnes ont versé avec le temps : on nous disait que ceux qui tentaient de retirer étaient exclus du groupe.
Quelles opérations étaient signalées ?
Principalement des cryptomonnaies. Ils expliquaient les paramètres à définir pour l’opération. Bien sûr, ils précisaient que les opérations étaient à notre risque.
As-tu jamais trouvé un groupe Telegram de ce type qui fonctionne ?
Non, jamais. Certains réussissent à faire durer le jeu plus longtemps, en proposant des investissements modestes. On perd un peu, on gagne de temps en temps, mais à la fin, on est toujours perdant.
Avais-tu déjà utilisé la plateforme de trading recommandée ?
Jamais vue. Je te dirai, elle pourrait aussi avoir été créée spécialement pour ce projet.
Qui étaient les autres utilisateurs du groupe ?
Je ne sais pas, mais après que j’ai commencé à parler du projet et de ce qui m’est arrivé, j’ai reçu plusieurs témoignages. Je pensais que les victimes étaient principalement des jeunes inexpérimentés, mais il y a aussi des adultes qui ont fait confiance à Corona. Les pertes dont on m’a parlé vont de 300 à 1 500 euros.
