Le programme NOM4D de DARPA entame une nouvelle phase cruciale, marquée par des démonstrations orbitales à petite échelle, visant à révolutionner la construction spatiale. En permettant l’assemblage de structures massives en orbite, il ouvre des perspectives fascinantes pour l’avenir de l’exploration et des infrastructures spatiales.
La vue d’ensemble : Le programme NOM4D fait partie d’une tendance plus large dans le développement des technologies spatiales, anticipant des avancées significatives d’ici 2030. Celles-ci comprennent des lancements orbitaux fréquents, des missions lunaires régulières, le ravitaillement des engins spatiaux robotiques en orbite, et des robots autonomes capables de construire des structures dans l’espace. Les dernières avancées du NOM4D élargiront encore davantage les possibilités pour cet avenir envisagé.
DARPA a annoncé un changement majeur dans la phase finale de son programme NOM4D, passant des tests en laboratoire à des démonstrations orbitales à petite échelle. Ce mouvement vise à évaluer de nouveaux matériaux et techniques d’assemblage dans l’espace, marquant une étape test vers le développement de structures orbitaux à grande échelle.
Lancé en 2022, le programme NOM4D cherche à surmonter un défi fondamental dans la construction spatiale : les contraintes de taille et de poids des carénages de fusée. Au lieu de s’appuyer sur des structures pré-pliées ou compactées, l’approche innovante de DARPA consiste à ranger des matériaux bruts légers dans un carénage de roquette pour un assemblage en orbite. Cela pourrait permettre la construction de structures beaucoup plus grandes et plus efficaces en masse que ce qui est actuellement faisable.
Encouragée par des progrès significatifs des équipes de recherche au cours des deux premières phases du programme, DARPA a maintenant donné son feu vert aux tests dans l’espace – un jalon clé pour matérialiser la fabrication orbitale.

Caltech s’est associé à Momentus pour démontrer sa technologie d’assemblage robotisé autonome à bord du Vigoride Orbital Services Vehicle de Momentus. Prévue pour un lancement en février 2026 sur une fusée SpaceX Falcon 9, cette expérience autonome construira un treillis circulaire de 1,4 mètre de diamètre dans l’espace. Composé de longerons en fibre composite légers, la structure simulera l’architecture d’une ouverture d’antenne – une étape cruciale vers la construction d’infrastructures spatiales à grande échelle.
Parallèlement, l’Université de l’Illinois Urbana-Champaign a développé un processus de formation composite en espace de haute précision. En partenariat avec Voyager Space, l’UIUC démontrera cette technologie sur la Station Spatiale Internationale en avril 2026. L’expérience utilisera une méthode unique de « polymérisation frontale », qui durcit les structures en fibre de carbone sans nécessiter de grandes autoclaves – une avancée qui pourrait permettre la fabrication de structures spatiales massives.
Bien qu’elle ne soit pas impliquée dans les démonstrations orbitales, l’Université de Floride contribue au programme par la recherche sur les techniques de pliage de métal par laser. En collaboration avec le Marshall Space Flight Center de la NASA, ce travail pourrait fournir des capacités de fabrication cruciales pour de futures constructions basées dans l’espace.

Le succès de ces démonstrations pourrait avoir des implications considérables tant pour les initiatives commerciales dans l’espace que pour les intérêts nationaux en matière de sécurité. Selon Andrew Detor, responsable du programme NOM4D de DARPA, ces avancées pourraient permettre la construction d’antennes RF de 100 mètres de diamètre, améliorant la sensibilisation à la situation dans l’espace cislunaire.
Au-delà des applications défensives, le programme NOM4D pourrait aider à établir un écosystème de fabrication dans l’espace, ouvrant la voie à des stations de ravitaillement orbitales, des centrales solaires spatiales et d’autres infrastructures commerciales et de sécurité nationale.
