Mustafá Suleyman, figure emblématique de l’intelligence artificielle, met en lumière les immenses possibilités et dangers inhérents à cette technologie. Selon lui, si la communauté mondiale ne collabore pas pour établir des régulations, les criminels pourraient tirer profit de ces avancées. La compréhension et la coopération sont essentielles pour encadrer son utilisation.
Le responsable de l’IA chez Microsoft et ancien fondateur de DeepMind exprime clairement l’approche que l’IA doit adopter

Mustafá Suleyman est l’une des figures de proue de l’IA moderne. Malgré sa jeunesse, il a fondé des entreprises clés dans le secteur, notamment DeepMind, qui *a ensuite été rachetée par Google pour 400 millions de livres. Avant cela, il a également créé Inflection AI et l’année dernière, il a été engagé par Microsoft pour diriger sa division IA. Son parcours lui vaut d’être reconnu comme l’un des pionniers de l’IA moderne, grâce à l’impact de ses créations sur le développement du secteur.
Escroqueries et pays en développement, une histoire ancienne
L’IA joue un rôle majeur aujourd’hui, ce qui amène fréquemment les experts à débattre de ses risques et de ses avantages. Bien que la question de l’automatisation de certains emplois préoccupe, elle semble anecdotique pour le grand public. En revanche, les escroqueries et la cybersécurité constituent un sujet d’importance croissante, l’IA étant exploitée par des acteurs malveillants pour obtenir des bénéfices, avec une augmentation significative des arnaques utilisant cette technologie. Par exemple, il est désormais possible de cloner la voix de proches pour tenter de siphonner des comptes bancaires.
Lors d’une interview pour la Banque Mondiale, Suleyman a abordé les trois préoccupations majeures du public.
Bien que de nombreuses escroqueries émergent directement du cœur de la France, d’autres sont basées dans des pays en développement tout en ayant une portée mondiale. Quand Suleyman a été questionné sur une réelle inquiétude concernant les risques que l’IA pose dans ces régions, sa réponse a été sans ambiguïté :
L’un des grands risques de l’IA est qu’elle nous permet d’obtenir tout, y compris pour les criminels. C’est un défi pour tous les pays, mais ceux en développement auront des contraintes particulières, comme l’absence de cadres réglementaires solides pour y faire face.
À ce stade, il est évident que l’IA est un outil d’une puissance considérable, tant sur le plan créatif que fonctionnel. Le problème réside dans le fait que son potentiel peut être détourné. Elle n’est pas capable de distinguer si son utilisation sera bénéfique ou nuisible ; elle se contente de fournir les résultats qui lui sont demandés. Il est vrai que les chatbots les plus connus disposent de filtres de sécurité avancés, mais si l’IA est installée sur votre ordinateur, il est possible de lui demander pratiquement n’importe quoi.
Pour Suleyman, il existe, bien entendu, une solution à ces enjeux. Elle réside dans la coopération à l’échelle mondiale, non seulement à travers l’élaboration d’un cadre réglementaire global partagé, mais également grâce à une sensibilisation collective sur les usages de l’IA et son potentiel à transformer notre monde.
