Un syndicat de gendarmerie a alerté sur le comportement de certains curieux se rendant sur les sites inondés pour des selfies, perturbant les interventions des secours. Cette situation révélatrice souligne la quête d’attention sur les réseaux sociaux, même en période de catastrophe, et pose la question de la responsabilité individuelle en de telles circonstances.
Un syndicat de l’Arma dei Carabinieri a dénoncé que plusieurs militaires ont été contraints d’intervenir sur les lieux des inondations pour éloigner les curieux. Selon Sim Carabinieri, des personnes se rendaient sur les rives des rivières en crue simplement pour prendre un selfie.

Tout le monde a compris le principe. Les catastrophes naturelles sont des moments où il est plus facile de capter un peu d’attention sur les réseaux sociaux. Nous l’avons vu avec l’ouragan Milton, où certains créateurs se sont spécialement rendus dans des zones plus dangereuses pour récolter quelques « likes » supplémentaires. Et nous le constatons avec les inondations qui ont de nouveau frappé l’Émilie-Romagne, si bien que les gendarmes ont dû organiser des opérations dédiées pour éloigner les touristes des désastres.
C’est ce qu’explique dans un communiqué Sim Carabinieri, l’un des syndicats internes de l’Arma dei Carabinieri. Les paroles sont de Antonio Serpi, secrétaire général : « Il est inacceptable que nos collègues en Émilie-Romagne soient contraints de dévier leur intervention pour éloigner des personnes qui, stupidement, ce matin se sont rendues aux quais des rivières à risque d’inondation pour se prendre en selfie. »
Selon le syndicat, des interventions de ce type ont été enregistrées à Castelnuovo di Sotto, dans la province de Reggio Emilia. Cette vague d’inondations a également causé la mort d’un jeune homme de 20 ans. Il s’appelait Simone Farinelli et il est mort alors qu’il était bloqué dans sa voiture, emporté par les flots. Dans certaines zones, il s’agit de la deuxième inondation en un mois, comme l’ont rapporté à Netcost-security.fr les résidents de Pianoro.
Comment les catastrophes naturelles fonctionnent sur les réseaux sociaux
La seule réserve que nous mettons sur les informations fournies par Sim Carabinieri concerne la destination des images. Les curieux des tragédies ont toujours existé, si bien qu’en voiture, il n’est pas difficile de se retrouver coincé dans des embouteillages formés uniquement pour voir pendant un instant les accidents de la voie adjacente. Peut-être que ces photos prises par des curieux n’étaient destinées à aucune plateforme. Peut-être pas.
Ce qui est plus sûr, c’est que depuis longtemps, il existe des créateurs prêts à prendre des risques considérables pour produire du contenu. Nous l’avons vu au cours des premières phases de la pandémie de Covid-19, lorsque le youtubeur Social Boom, de son vrai nom Francesco Belardi, avait feint d’entrer dans la zone rouge de Codogno.
Nous l’avons également observé avec l’ouragan Milton, lorsque le streamer Mike Smalls Jr s’est aventuré dans les rues de Tampa, en Floride, protégé uniquement par un parapluie et un matelas gonflable. Il a diffusé pendant une heure sur la plateforme de streaming Kick. Pic d’audience : 60 000 simultanément.
