Le conseil est de signaler immédiatement à la police postale et de porter plainte, il est également important de signaler les contenus manipulés sur les plateformes.

Le visage est le vôtre, mais pas le corps. Les deepfakes créent une nouvelle frontière, celle du réel synthétique, manipulant, modifiant et déformant les corps. Les victimes sont souvent des femmes. En effet, les analyses ont révélé que 98% des vidéos fausses en ligne sont pornographiques et que 99% des victimes sont des femmes. La dernière victime en date est Rose Villain. Mais la liste est déjà trop longue. Fin janvier, les images pornos de Taylor Swift créées avec l’intelligence artificielle (IA) sont devenues virales sur les réseaux sociaux, et l’une d’entre elles a été visionnée 47 millions de fois sur X (anciennement Twitter) avant que le compte ne soit suspendu. De plus, des images pornos de Giorgia Meloni, Michelle Obama, Scarlett Johansson et Emma Watson ont été créées. Les élèves de moins de 18 ans d’une école italienne sont également devenus victimes de deepfakes, leurs camarades de classe les ayant déshabillés avec une application.
Depuis longtemps, les deepfakes résident dans les coins de l’internet, mais avec l’introduction de l’intelligence artificielle, il est devenu encore plus facile et rapide de créer des répliques numériques extrêmement réalistes. Il est donc nécessaire d’apprendre à reconnaître les images manipulées et à réagir si l’on devient victime d’un deepfake. Actuellement, il n’existe pas de cadre législatif solide et les filigranes pour marquer les contenus faussés ne sont pas à la hauteur de l’avancement de la technologie.
Que faire en cas de victime d’un deepfake
La première chose à faire est de demander la suppression des contenus. Les principales plates-formes, telles que Google et Facebook, proposent des procédures spécifiques de suppression de contenu. Ces procédures peuvent varier en termes de délais et d’exigences. En cas de deepfake pornographique ou de deepnude, l’utilisateur ayant téléchargé le matériel peut être signalé pour diffusion non autorisée de vidéos ou de photos en ligne représentant une personne. Il s’agit d’une violation de la vie privée et de l’image personnelle.
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Il est également nécessaire de documenter les abus, en collectant les preuves au cas où une action en justice serait nécessaire. Prenez donc des captures d’écran des images modifiées, des plateformes sur lesquelles elles ont été téléchargées et des demandes de suppression effectuées. Enfin, il est important de déposer immédiatement une plainte auprès de la police postale.
Comment se protéger des deepfakes
Cela peut arriver à tout le monde, les deepfakes ne sont pas un phénomène facile à endiguer, mais il existe de bonnes pratiques qui, si elles sont mises en œuvre, peuvent protéger les utilisateurs. Parmi celles-ci :
- Évitez de partager des images ou des vidéos personnelles sur les réseaux sociaux. Les personnes mal intentionnées recherchent souvent du matériel pour les deepfakes sur ces plateformes. Si vous devez partager des photos ou des vidéos, il est conseillé de définir un profil privé afin qu’elles ne soient visibles que par un groupe de personnes sélectionné.
- Renforcez la sécurité de vos comptes en ligne en utilisant des mots de passe complexes et uniques. Ainsi, il sera plus difficile pour les pirates d’accéder de manière non autorisée à vos images et vidéos personnelles.
- Évitez d’utiliser des applications ou des filtres qui utilisent votre image.
- Choisissez un bon programme antivirus pour protéger votre ordinateur contre les logiciels malveillants qui pourraient être utilisés pour accéder à vos contenus multimédias.
- Assurez-vous que les métadonnées intégrées aux fichiers indiquent les détails de la propriété, la date de création et d’autres informations pertinentes qui pourraient servir de preuve en cas de litige.
Les chiffres de la pornographie falsifiée créée avec l’IA
Actuellement, il n’existe pas de cadre législatif capable de contrôler un phénomène en croissance. Pourtant, selon un communiqué du groupe informatique Home Security Heroes, la production de deepfake pornographiques a augmenté de 464% entre 2022 et 2023. Les États-Unis ont tenté de créer une task force fédérale pour examiner la technologie des deepfakes, mais celle-ci a été bloquée. Yvette D. Clarke, une femme politique américaine, a proposé un projet de loi en 2019, puis à nouveau en 2021, et elle a déclaré au New York Times qu’elle prévoit de réintroduire le projet de loi cette année.
