Pourquoi Apple doit payer une amende de 1,8 milliard d’euros à l’Union européenne

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Depuis des années, Bruxelles mène des combats pour empêcher les géants de la tech d’exploiter leur position dominante sur le marché et de créer des « monopoles », « c’est pourquoi nous avons imposé une amende presque quatre fois supérieure à celle prévue, ceux qui abusent de leur pouvoir doivent être punis ». Margrethe Vestager est la vice-présidente de la Commission européenne, qui a infligé une amende à Apple de plus de 1,8 milliard d’euros. Environ 0,5% du chiffre d’affaires global. « Pendant une décennie, Apple a abusé de sa position dominante sur le marché de la distribution d’applications de streaming musical via l’App Store. Elle a empêché les développeurs d’informer les consommateurs des services de musique alternatifs et moins chers disponibles en dehors de l’écosystème Apple », a souligné Vestager. « C’est illégal, selon les règles antitrust de l’UE ».

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Elle a ensuite ajouté : « Il est important de montrer à tous que même une entreprise aussi importante, si elle fait quelque chose d’illégal, est sanctionnée. Nous voulons démontrer notre détermination à traiter ces cas ». Selon Max von Thun, directeur européen de l’Open Markets Institute, expert des monopoles d’entreprise, l’amende « constitue un précédent positif sur lequel l’UE ferait bien de s’appuyer pour les futures actions de lutte contre les géants de la technologie ».

Comment les consommateurs ont été lésés

Selon la Commission, Apple aurait lésé les consommateurs. « Des informations cruciales auraient été cachées de manière à ce que les utilisateurs ne puissent pas faire des choix éclairés », a expliqué Vestager. Certains consommateurs auraient pu payer plus cher car ils ne savaient pas qu’ils auraient pu économiser en s’abonnant en dehors de l’application.

« Le comportement d’Apple, qui a duré près de 10 ans, aurait pu amener de nombreux utilisateurs iOS à payer des prix considérablement plus élevés pour les abonnements de streaming musical », a déclaré la Commission européenne dans un communiqué. Selon Vestager, les consommateurs pourraient avoir payé deux ou trois euros de plus par mois pour le streaming musical.

La réponse d’Apple

Apple a déclaré : « La décision a été prise malgré l’incapacité de la Commission à trouver des preuves crédibles de préjudice pour les consommateurs et elle ignore la réalité d’un marché qui prospère, compétitif et en croissance rapide ». L’entreprise a souligné que Spotify est le principal défenseur de cette amende, et aussi le plus grand bénéficiaire. « Aujourd’hui, il détient une part de marché de 56% dans le streaming musical européen et ne paie rien à Apple pour les services qui ont contribué à faire de Spotify l’une des marques les plus reconnaissables au monde ».

« Une grande partie de leur succès est due à l’App Store, ainsi qu’à tous les outils et technologies que Spotify utilise pour créer, mettre à jour et partager son application avec les utilisateurs Apple du monde entier ». L’entreprise a ajouté qu’elle avait l’intention de faire appel. Les actions d’Apple à Wall Street ont perdu environ 3%.

Le rôle de Spotify

Spotify critique depuis longtemps l’App Store d’Apple, qui étoufferait la concurrence en facturant une commission de 30% sur les applications et les achats in-app. La société suédoise avait d’ailleurs déjà dénoncé Apple en 2019 à l’autorité de la concurrence du marché de l’UE. Spotify a commenté la décision de la Commission : « Elle envoie un message puissant : aucune entreprise, même un monopole comme Apple, ne peut exercer un pouvoir abusif pour contrôler la manière dont d’autres entreprises interagissent avec leurs clients ».

« C’est un concept de base du libre marché : les clients devraient savoir quelles options ils ont, et ce sont les clients, pas Apple, qui décident quoi acheter, où, quand et comment », a ajouté Spotify.