Qu’est-ce que le GNL qui vient des États-Unis et en quoi est-il différent du gaz que nous achetons à la Russie ?

Qu'est Ce Que Le Gnl Qui Vient Des États Unis Et En

Les États-Unis ont annoncé qu’ils aideraient l’UE à se libérer du gaz russe avec des expéditions de GNL. Voici ce que c’est et quelles sont les différences.

Un méthanier Crédit : wikipedia

Pour s’émanciper totalement ou partiellement du gaz russe, qui couvre 40 % des besoins nationaux, l’Italie devra nécessairement chercher d’autres sources d’approvisionnement énergétique. Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, le ministre des Affaires étrangères Luigi di Maio a rencontré divers partenaires internationaux pour rechercher des accords en ce sens, mais une aide importante viendra directement des États-Unis ; Le président Joe Biden a en effet annoncé qu’à partir de cette année, il enverrait 15 milliards de mètres cubes de GNL en Europe, avec l’objectif d’atteindre 50 milliards de tonnes d’ici 2030. Mais qu’est-ce que ce GNL exactement ? Et en quoi diffère-t-il du gaz que nous achetons à la Russie ?

Qu’est-ce que le GNL

Le terme GNL est l’acronyme de Liquid Natural Gas, également connu sous l’acronyme anglais LNG (Liquefied Natural Gas). Comme expliqué dans un article de l’Energy Information Administration (EIA) des États-Unis, le GNL est simplement du gaz naturel qui est refroidi jusqu’à un changement d’état, de gazeux à liquide. Le gaz naturel, extrait des réservoirs et issu de la décomposition de la matière organique, est liquéfié en le refroidissant à une température inférieure à son point d’ébullition, d’environ 162°C. La procédure implique la purification et la condensation du gaz extrait, jusqu’à obtenir une inodore et liquide incolore qui est principalement composé de méthane avec des parties mineures de butane, propane et autres.

Navire méthanier. Crédit : wikipédia

Comme indiqué par l’EIA, le gaz naturel extrait arrive par des pipelines dans des réservoirs océaniques spéciaux ou directement sur le transporteur de GNL, où le processus de liquéfaction a lieu à la pression atmosphérique ou légèrement supérieure. A bord des pétroliers, le gaz est stocké dans d’immenses réservoirs cryogéniques à double paroi, prêts à être stockés et transportés jusqu’au lieu de destination. Le GNL est normalement transféré vers des endroits non desservis par les pipelines, comme les différents pays asiatiques qui importent le composé des États-Unis. L’EIA souligne que le GNL peut également être transporté dans des conteneurs plus petits « conformes à l’Organisation internationale de normalisation (ISO) », qui peuvent être placés sur des navires et des camions. Il faut garder à l’esprit que le gaz naturel liquide occupe un volume 600 fois inférieur à celui à l’état gazeux, il améliore donc considérablement les conditions de transport et de logistique. Il convient également de rappeler que le GNL n’est pas inflammable dans les conditions dans lesquelles il est conservé à l’intérieur des réservoirs cryogéniques des méthaniers, sa sécurité est donc également très bénéfique.

Usine de regazéification offshore dans l’Adriatique. Crédit : wikipédia

Une fois livré au destinataire, le GNL est reconverti en phase gazeuse dans les usines dites industrielles de regazéification, qui peuvent être à la fois des regazéificateurs terrestres et des structures offshore, appelées Unités Flottantes de Stockage et de Regazéification ou FSRU (acronyme anglo-saxon). La procédure se déroule simplement en augmentant la température du GNL, à travers des faisceaux de tuyaux et de réservoirs qui permettent les échanges de chaleur, jusqu’à l’insertion du gaz naturel dans le réseau de distribution. La différence entre le GNL américain et le gaz naturel russe réside donc dans l’état du composé (le premier liquide, le second gazeux) et le mode de transport (respectivement tankers et gazoducs). Bien sûr, il existe également des différences de coûts, le prix du kilo de GNL, comme le note Federmetano, passant de 0,926 euros en janvier 2021 à 2,481 euros en janvier 2022. Le prix a augmenté progressivement l’année dernière, mais a connu une forte augmentation au fur et à mesure que conséquence de la guerre en Ukraine. Le prix du GNL qui arrivera des États-Unis n’a pas encore été convenu et dépendra des accords individuels.