Atlas, le cachalot à la queue mutilée par l’hélice d’un navire : les images en mouvement

Atlas, Le Cachalot à La Queue Mutilée Par L'hélice D'un

L’association Menkab, impliquée dans la recherche environnementale et la diffusion en Méditerranée depuis plus de 10 ans, a publié sur son profil Facebook des images d’Atlante, un cachalot à la nageoire caudale endommagée par le probable impact d’une hélice de navire. Les collisions sont devenues une cause majeure de décès et de blessures pour les grands mammifères marins, comme en témoigne la campagne Friend of the Sea. Atlante a été photographié par Biagio Violi dans le sanctuaire des cétacés Pelagos.

La nageoire caudale mutilée du cachalot de l’Atlas. Crédit : Biagio Violi / Menkab

Huit espèces de cétacés vivent régulièrement en mer Méditerranée, dont le cachalot (Physeter macrocéphale) – le plus grand prédateur vivant – et le rorqual commun (Balaenoptera physalus), qui en longueur est juste derrière la majestueuse baleine bleue (Balenoptera musculus). Parmi les principales menaces pesant sur ces grands mammifères marins figurent les collisions avec les bateaux, qui sont devenues une cause fréquente de décès et de blessures, ainsi que les déchets plastiques, de plus en plus présents dans les écosystèmes marins. Nous nous souvenons des événements dramatiques des deux baleines « Codamozza » et « Mezzacoda » aperçues dans le sanctuaire Pelagos, dont les nageoires caudales ont très probablement été coupées par les hélices des navires. Juste de la zone nord de la mer Ligure, qui fait partie du sanctuaire des cétacés, viennent les images d’un cachalot avec la marge de la nageoire caudale gravement altérée, dont les lésions – heureusement guéries depuis un certain temps – sont compatibles avec la impact d’une hélice.

Les photos du cachalot, appelé Atlante, ont été prises par Biagio Violi de l’équipe Menkab, qui opère en Méditerranée depuis plus de dix ans avec des objectifs de recherche environnementale et de diffusion. Le spécimen a été photographié dans le cadre du projet de recherche « CATODON », en hommage à l’ancien nom scientifique (Physeter catodon) de ce prédateur emblématique. Parmi les méthodes utilisées pour surveiller et identifier les cétacés, il y a la photographie, car grâce à elle, il est possible de trouver des cicatrices, des signes et des conformations anatomiques particulières sur les animaux qui aident les biologistes marins à différencier un spécimen d’un autre. Lorsque les cachalots doivent plonger à de grandes profondeurs pour attraper des calmars, ils soulèvent généralement la nageoire caudale; un bonheur pour les yeux pour ceux qui aiment observer les baleines mais aussi un moment fort pour ceux qui étudient les cétacés. C’est au cours de cette « manœuvre de plongée » qu’a été photographiée la nageoire caudale d’Atlas, ajoutée au catalogue Menkab qui abrite actuellement une centaine d’individus.

Comme indiqué, la marge de la nageoire caudale est fortement altérée par l’impact probable avec une hélice. Le lobe gauche était également partiellement déchiré. Heureusement, le cachalot ne semble pas subir de conséquences significatives de ce handicap important. « Ces blessures sont bien cicatrisées, signe d’une collision qui n’a pas eu lieu récemment. Malgré cette malformation, l’animal semble pouvoir chasser et effectuer ses longues migrations. L’analyse des vidéos tournées avec le drone par nos confrères d’Artescienza (Gabriele Principato et Samuele Wurtz) va nous permettre d’obtenir d’autres données importantes sur ce cachalot », a écrit l’association Menkab sur sa page Facebook.

Comme l’a souligné le projet Friend of the Sea de l’Organisation mondiale de la durabilité (WSO), les collisions entre baleines et navires – connues sous le nom de « collisions avec des baleiniers » – ont considérablement augmenté et sont devenues la principale menace pour ces animaux. En fait, on estime qu’en 2020 au moins 20 000 baleines ont été tuées par l’impact avec des navires marchands, des navires de croisière et des bateaux de pêche, quatre fois plus que ceux estimés il y a vingt ans. Selon les données publiées par l’organisation environnementale, les collisions mortelles en mer Méditerranée ont presque doublé en l’espace de 40 ans. On ne voit que la pointe de l’iceberg de ces incidents, car seule une partie des carcasses est ramenée à terre ou même retrouvée sur la quille des navires dans les ports.

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Face à cet impact dramatique, Friend of the Sea a lancé une campagne pour protéger les cétacés et en même temps récompenser les entreprises qui s’engagent à lutter contre le phénomène des collisions avec les baleiniers. Les opérateurs maritimes, les armateurs et les gouvernements sont invités à mettre en place des caméras thermiques pour la reconnaissance des cétacés ; bases de données pour signaler les observations de cétacés en ligne ; et la modification de toute route au cas où elle serait considérée comme particulièrement dangereuse pour les cétacés. De plus, ceux qui rejoignent le projet auront un logo qui certifie que la société susmentionnée s’engage à protéger les grands cétacés.