Au ZooParc de Beauval, dans le centre de la France, maman Huan Huan a donné naissance à deux petits jumeaux pandas géants. Les vétérinaires ont attribué les noms provisoires de Cotton Flower et Little Snow, mais il faudra attendre 100 jours pour les définitifs, comme le veut la tradition chinoise. Pékin a récemment annoncé que l’espèce n’était plus en danger critique d’extinction dans la nature. Voici quelques belles photos des nouveaux bébés.
Mère Huan Huan avec les deux jumeaux nouveau-nés. Crédit : ZooParc de Beauval / Facebook
Dans un zoo français, deux jumelles (deux petites filles) d’un panda géant ou d’un grand panda (Ailuropoda melanoleuca) sont nées, un événement jugé « extraordinaire » par les experts. Typiquement, en effet, ces grands mammifères appartenant à la famille des ours ont un taux de natalité extrêmement faible, ce qui a contribué à la détérioration marquée de l’état de conservation au cours des dernières décennies. La femelle donne naissance dans la plupart des cas à une progéniture à la fois, mais parfois même des jumeaux peuvent naître, comme cela s’est produit au ZooParc de Beauval, situé dans le centre de la France. La grossesse de la mère, Huan Huan, un spécimen prêté par la Chine depuis 2012, a été annoncée le 21 juillet avec un tweet sur Twitter : « Huan Huan est enceinte ! Quelle merveilleuse nouvelle ! Après des semaines d’attente, un embryon a été détecté aujourd’hui grâce à une échographie ». L’embryon à l’époque mesurait environ 1,7 cm de long et 0,9 cm de large ; la présence de la petite sœur n’était pas encore connue, détectée par une échographie ultérieure.
Huan Huan (qui signifie « heureuse » en chinois) s’était accouplée plusieurs fois avec son partenaire Yuan Zi – également originaire de Chine – pendant un week-end fin mars. Comme les femelles entrent en chaleur pendant une courte période et sont fertiles pour une fenêtre encore plus petite, l’équipe de vétérinaires (dont deux spécialistes venus spécifiquement de Pékin) a également pratiqué l’insémination artificielle pour favoriser la grossesse, puis confirmée. Dans la nuit du 1er au 2 août, les eaux se sont brisées à Huan Huan, qui a accouché aux premières heures d’aujourd’hui. Les jumeaux sont « très vifs, roses et dodus », lit-on dans un communiqué du zoo français. Actuellement, les noms provisoires de « Fior di Cotone » et « Piccola Neve » ont été attribués; pour les officiels, comme le veut la tradition chinoise, il faudra attendre les 100 premiers jours de la naissance, jugés critiques. Normalement, les mères ne s’occupent que d’un seul bébé en cas de naissance de jumeaux, c’est pourquoi les vétérinaires surveilleront attentivement la situation et interviendront s’ils le jugent approprié.
Cependant, la naissance de deux petits pandas n’est pas une nouveauté absolue pour un zoo français. Huan Huan a donné naissance le 4 août 2017 à deux autres jumeaux, dont l’un est malheureusement décédé peu de temps après. Ce sont les premiers pandas à naître en terre transalpine. Le chiot survivant s’appelait Yuan Meng, ce qui signifie en italien « réalisation d’un rêve ». Des projets de conservation de ce type ont contribué à sauver cette espèce emblématique de l’extinction ; ce n’est pas un hasard s’il est devenu le symbole du WWF. La destruction systématique de son habitat naturel – les forêts du Sichuan, au centre de la Chine -, le braconnage et le faible taux de natalité ont rapproché les pandas géants de la disparition, mais grâce aux efforts de Pékin ils ont réussi à le sauver.
En fait, la Chine a récemment annoncé officiellement que le panda géant n’était plus en danger d’extinction, cinq ans après la déclaration similaire de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), principal organisme qui s’occupe de la protection des espèces menacées. Le nouveau statut de l’espèce est « vulnérable », elle n’est donc pas encore totalement hors de danger. Selon les dernières estimations, environ deux mille pandas géants vivent dans la nature, un nombre pas très élevé mais suffisant pour éviter l’extinction à court ou moyen terme. Les programmes d’élevage comme celui mis en place en France sont toujours jugés nécessaires au rétablissement complet de l’espèce, même si garder en captivité ces animaux majestueux et emblématiques reste encore une défaite et une souffrance.
